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Journal de classe des gouvernements

C'est la rentrée sur les bancs de l'école. C'est aussi la rentrée dans les cénacles politiques. À nos différents ministres, à leurs cabinets et aux administrations qui les entourent nous voulons rappeler quelques devoirs. Des travaux qu'ils ont à reprendre rapidement, pour garantir au présent un système de soins de santé efficace et de qualité, pour permettre aussi un avenir plus radieux.

La fin d'année scolaire fut bien chahutée. Le "débranchement de prise", comme les médias tendent à le nommer, du Président du CDH a entraîné une crise politique côté francophone et une suspension des chantiers en cours. Certains dossiers régionaux sont pourtant urgents. En effet, le délai pour que soit assurée par les Régions la gestion pleine et entière des compétences transférées en santé approche dangereusement : le 1er janvier 2019 ! Il importe de finaliser les cadres légaux qui assureront la continuité des droits des personnes. Au niveau du Fédéral, avant de prendre la route des vacances, le gouvernement avait annoncé qu'il n'y aurait pas de nouvelles mesures d'économies dans le secteur de la santé. Mais le budget 2018 nécessitera quand même quelques efforts, en particulier dans le secteur des médicaments.

Pour réussir l'année, il faut travailler ces devoirs dès le premier jour de la rentrée.

Coup d'oeil sur quelques matières …

Autour d'une assurance autonomie pour les francophones, les travaux déjà réalisés sont conséquents. Leurs perspectives : permettre entre autres l’accompagnement à domicile le plus longtemps possible. L'enjeu est de taille. Car le vieillissement attendu de la population et l'augmentation du nombre de malades chroniques constituent un vrai défi pour notre société. Il y a lieu de se remettre à la tâche rapidement.

Par ailleurs, l’accessibilité à un médecin généraliste s'avère de plus en plus problématique tant dans certaines zones rurales que dans certains quartiers urbains. Élargir le nombre d'étudiants en médecine ne suffira pas. Il faut leur rendre le choix de la médecine générale plus attractif, favoriser les pratiques de groupes et pourquoi pas explorer des dispositifs innovants comme le recours à des assistants médicaux ou la téléconsultation. Surtout, il est temps d'empoigner la question, et ne pas se rejeter la balle entre ministres.

Sans oublier de soutenir la profession. Chez le généraliste, l'attestation de soins papier va disparaître. Les développements informatiques sont prêts, en ce sens. Mais l'on sait la difficulté de certains prestataires de passer à ce système e-Attest. Pour les pouvoirs publics, le job ne s'arrête pas à fournir l'application et à laisser les soignants se débrouiller. Ils doivent proposer un accompagnement réaliste.

Sans oublier non plus tellement d'autres matières : comme la mise en oeuvre des remboursements en psychothérapie annoncée rapidement par la Ministre fédérale de la Santé, l'aboutissement de la restructuration en réseaux de l'offre hospitalière, la maîtrise des coûts des médicaments, etc.

… et des attitudes à développer

La coordination politique. Dans le contexte institutionnel complexe de notre pays, les accords de coopération entre entités sont vitaux. Sans eux, l'illisibilité de nos institutions s'accroit. Et surtout, la différence de traitements selon le territoire augmente entre les individus. Pour éviter que l'inégalité ne frappe les plus proches voisins, que les déménagements au sein de nos frontières ne relèvent du cauchemar, il y a lieu que les politiques se concertent, de manière structurelle.

Il faut de la coordination entre entités, mais également entre les différentes politiques. La santé n'est pas qu'une question médicale, on le sait. Elle n'est de ce fait pas uniquement du ressort des ministres en charge de cette matière. Certes, ils sont déjà nombreux à gérer cette compétence. Mais il leur faut absolument collaborer avec leurs collègues — en charge de l'enseignement, du logement, de la mobilité… — pour agir sur l'ensemble des déterminants de la santé et promouvoir celle-ci de manière efficace.

La vision à long terme. Les mutualités ont proposé en juin 2016, une note commune de vision 2030. Elles invitent tous les acteurs de soins à réfléchir avec l’intérêt général comme guide. Sans cela, il n'est pas possible de dégager les moyens nécessaires pour lancer de nouveaux projets attendus de longue date. Sans débat de ce type, les décisions ont des accents trop précipités, peu durables.

Une urgence : boucler le budget 2018

Malgré ce budget raisonnable pour 2018, les projections des dépenses annoncent un dépassement de 290 millions. Pour combler ce déficit, tous les secteurs des soins doivent accepter quelques mesures d'économies et, en particulier le secteur des médicaments. Ensemble avec toutes les mutualités, les acteurs de soins seront donc invités à prendre leur responsabilité, pour viser l'équilibre en 2018, sans toucher au patient. Un budget concerté et accepté avec les acteurs de soins est essentiel pour garantir ainsi la sécurité tarifaire pour les patients, en 2018.

La réussite des soins de santé en Belgique a une clé : la concertation avec l'implication et la prise de responsabilité par les pres tataires de soins et les mutualités. Aux autorités politiques de s'appuyer sur cet atout… mais le temps presse. Au travail !

Jean Hermesse, secrétaire général