Prévenir les caries dentaires
Les messages classiques de prévention des caries sont bien connus du public mais encore trop peu entrés dans les habitudes. Pourtant, les caries chez les enfants ne sont pas à sous-estimer, pouvant être à l'origine de problèmes plus graves à long terme.
La bouche est un endroit où prolifèrent de nombreuses bactéries amenées par l'alimentation ou les objets portés en bouche. Ces bactéries attaquent les surfaces dentaires et favorisent ainsi les caries dentaires, une maladie infectieuse. Néanmoins, I'écosystème buccal dispose d'un moyen de défense très efficace contre la carie : la salive, qui reminéralise l'émail après des attaques acides provenant de l'alimentation, essentiellement.
Chez le très jeune enfant, l'émail des dents de lait est plus fragile, moins épais, plus poreux, ce qui le rend plus susceptible de développer des caries. Certes, les porosités diminuent grâce à une reminéralisation de surface, entretenue notamment par la salive. Cependant, les dents de lait restent fragiles notamment parce que leur forme, très bombée au niveau des molaires, favorise la plaque dentaire. De plus, lorsque la carie est installée, la dent est plus vite détruite, sa surface étant moins grande.
Une dent de lait cariée, ce n'est pas anodin, c'est néfaste pour la dentition définitive comme l'explique Radda Dukaj, consultante au service de Stomatologie au CHU Ambroise Paré de Mons et au CHU Tivoli de La Louvière: "L'extraction prématurée d'une dent de lait risque de provoquer un mauvais positionnement de la dent définitive avec une molaire qui se couche littéralement, vu que l'os est encore très souple. Résultat : la dent antagoniste, c'est-à-dire celle contre laquelle la dent couchée doit cogner lorsque l'on claque des dents, manque de vis-à-vis et risque de se déchausser". De plus, des dents de lait en bonne santé sont importantes pour le développement du langage et jouent un rôle important sur les fonctions masticatoire et digestive car des aliments bien mastiqués seront mieux digérés.
Une bonne hygiène dentaire
Il est possible d'éviter les caries, évidemment. Mais cela demande un minimum de discipline. Ainsi, le brossage régulier des dents (au minimum matin et soir) devra faire l'objet d'un apprentissage précoce par les parents (dès l'apparition de la première dent de lait). Radda Dukaj recommande "une brosse à dent souple et un dentifrice adapté à l'âge et à l'état buccal général. Le dentiste sera donc de bon conseil".
Par ailleurs, l'hygiène alimentaire doit aussi être adaptée, avec une consommation limitée de sucreries ou de boissons sucrées. "Hélas, la mode des biberons au cola ou à des sirops très sucrés, de grenadine par exemple, est revenue. Certains parents trempent même la tétine dans le miel avant de dormir. La bouche de l'enfant baigne alors dans un environnement propice aux caries", déplore Radda Dukaj.
Mais plus que la quantité de sucre, c'est la fréquence qui est néfaste pour les dents. En effet, si du sucre est consommé régulièrement dans la journée, une hyperacidité constante de la bouche va régner, favorisant la multiplication des bactéries cariogènes qui vont décalcifier l'émail. Ceci est aussi valable pour les biberons nocturnes, vu que la production de salive est très diminuée durant la nuit. Par contre, lorsque la consommation de sucres est limitée par exemple en guise de dessert, la salive a le temps de réparer les petits dégâts que ces bactéries occasionnent, aidée par le brossage et le dentifrice.
Le cas du fluor
L'administration automatique de fluor a fait l'objet d'une controverse importante due au risque élevé de toxicité en cas de trop grandes quantités ingérées. Pourtant, le fluor est utile car il renforce l'émail des dents de lait et des dents définitives. Mais cette administration doit être adaptée aux besoins individuels. En réalité, il faudrait un bilan personnalisé des apports en fluor par l'alimentation, le type d'eau utilisée pour le biberon ou encore le dentifrice, par exemple. La posologie varie aussi selon l'évolution du poids de l'enfant.
Carine Maillard - Article paru dans le journal En Marche du 20 février 2002
Bien sûr, la visite fréquente, au moins une fois par an, chez le dentiste permettra de détecter les anomalies pouvant mener à une fragilisation des dents.
