Apnées du sommeil, somnolence du jour…
Les apnées du sommeil consistent en arrêts de la respiration pendant que l’on dort. Elles sont moins anodines qu'on ne pourrait le croire…
Les personnes qui souffrent d’apnées du sommeil subissent ce que l’on appelle un trouble ventilatoire du sommeil. Alors qu’elles dorment, leur respiration est empêchée et s’arrête, parfois jusqu'à deux minutes !, généralement à cause d’une obstruction des voies respiratoires. Résultat, la personne qui en souffre se réveille durant quelques instants, ce qui peut conduire à un mauvais sommeil et à des somnolences le jour. Malheureusement, souvent confondu avec les ronflements, ce trouble n'est pas toujours traité rapidement.
Qui est concerné ?
Les apnées du sommeil prend une ampleur variable au cours de la vie. Elles touchent environ un enfant de moins de 9 ans sur 3, diminue chez les jeunes adultes (moins de 5% des 20 à 29 ans) pour ré-augmenter avec l’âge : environ 23% des quadragénaires sont touchés et 40% des sexagénaires...". Si les femmes sont moins touchées que les hommes, c’est grâce à certaines hormones : avant la ménopause, elles sont protégées par le taux de progestérone. Celui-ci chutant à la ménopause, les ronflements et les apnées, plutôt rares avant, accablent les femmes après cette phase de la vie.
Les enfants aussi...
Les enfants qui présentent des apnées du sommeil respirent surtout par la bouche en dormant. Et si, de surcroît, ils ronflent, le problème est plus sérieux. Les apnées sont problématiques si les parents constatent que leur enfant est constamment fatigué et a des problèmes d’attention. C’est à ce moment qu’il faut consulter un médecin pour comprendre ce qui se passe. Des examens peuvent être préconisés; ils vont se dérouler dans un laboratoire du sommeil, des structures qui se développent avec l’augmentation de notre connaissance des mécanismes du sommeil.
Problème pour le dormeur… et son conjoint !
"Les apnées du sommeil deviennent surtout problématiques après 45 ans. Elles risquent très fort de se traduire par des ronflements sonores et gênants pour l’entourage, de la somnolence diurne excessive, une augmentation du besoin d’aller uriner la nuit et par une sensation de bouche sèche au lever", affirme le Pr Poirrier, chef de service du Centre d’étude des troubles de l’éveil et du sommeil du CHU Sart-Tilman à Liège.
Des traitements existent
Heureusement, des traitements très efficaces existent. Le médecin procède d’abord à un examen clinique et, selon la gravité du syndrome, demande éventuellement des tests de dépistage à domicile ou un examen polysomnographique du sommeil à l’hôpital. Chez les enfantssouffrant d’apnées et/ou de ronflement problématiques, la solution consiste essentiellement à remettre en place la mandibule par un appareil à porter en bouche, et à pratiquer des traitements orthodontiques. Chez les adultes, la situation requiert parfois de la chirurgie ORL ou maxillo-faciale, mais surtout des moyens d’assistance ventilatoire à domicile. Il s’agit de petits appareils à poser sur la table de nuit, qui captent l’air ambiant et sont reliés par un tuyau à un masque que doit porter le dormeur. Ce masque nasal fournit au dormeur l’air aspiré mais sous un plus haut débit et sous une pression supérieure à la pression atmosphérique, pour faciliter sa respiration. Ce système ne guérit pas les apnées, mais les empêchent de se produire." Dans certains cas, il peut aussi être possible de sectionner un os à la base de la langue et d’ajouter, entre ces deux extrémités séparées, un implant en titane, pour l’allonger. La gorge est ainsi élargie, ce qui supprime l’obstruction, donc les apnées. Cette technique en est à un stade expérimental, et un recul est encore nécessaire pour en évaluer l’efficacité à plus long terme. Mais si les résultats obtenus sont concluants, elle pourrait constituer une bonne alternative à la chirurgie classique plus invalidante et nécessitant une hospitalisation plus longue. Elle pourrait aussi être proposée à ceux qui ne supportent pas les masques à porter la nuit. Les apnées du sommeil sont donc un trouble à ne pas sous-estimer, et comme le veut la formule : "Parlez-en à votre médecin !"
