Mieux connaître son dos
Le dos, on n’y pense pas jusqu’au jour où il se rappelle à nous, douloureusement, par un lumbago, des élancements dans l’épaule, une nuque qui se bloque… Les maux de dos sont fréquents : la lombalgie par exemple touche 50% des plus de 50 ans. Toutes catégories d’âge confondues, nous sommes finalement peu nombreux à échapper à ce qu’on appelle le mal du siècle.
Le dos correspond à une partie invisible du corps qui ne se fait connaître que par la douleur. On n’en meurt pas, mais la souffrance peut fragiliser le corps entier. Les maux de dos, en dehors de toute maladie, sont le plus souvent liés à un mode de vie trop sédentaire, à des positions inadéquates et surtout à la position assise prolongée : en voiture, devant la télévision, à table, au travail... En outre, le dos est un terrain de choix pour l’extériorisation du stress et de la fatigue. Dire qu’on en a “ plein le dos ” exprime clairement la saturation de l’organisme. Pour certains spécialistes, la plupart des tensions engendrées par le stress se traduisent par des douleurs dans le dos. En effet, on sait que le stress stimule exagérément le système nerveux et provoque des contractions musculaires répétées. A la longue, si le stress n’est pas “ géré ”, le dos se raidit, se durcit et devient douloureux au niveau de la nuque, des épaules, du bassin. Rien d’étonnant donc à ce que de nombreuses douleurs apparaissent en période de fatigue ou d’énervement. De même, de tout petits chocsrépétés tout au long d’une vie se répercutent également sur la colonne, comme le simple fait de marcher avec des talons, de conduire un véhicule, ou plus spectaculairement d’utiliser un marteau piqueur. Enfin, nous faisons parfois de “ faux mouvements ” en portant une charge lourde, en réalisant un geste trop brusque ou même tout simplement en s’asseyant dans la voiture, ce qui peut entraîner le déboîtement d’une vertèbre.
Une architecture complexe
Pour comprendre et combattre ces douleurs, il convient de mieux connaître l’architecture complexe du dos dans l’espoir de moins le maltraiter. En effet, la colonne vertébrale constitue la partie centrale du squelette. Elle soutient la tête, sert d’ancrage aux muscles et aux côtes, permet la station debout, absorbe les chocs et protège la moelle épinière qui assure la transmission nerveuse entre le cerveau et le reste du corps. Elle se compose de 33 vertèbres, dont 24 sont mobiles : en haut 7 cervicales, au milieu 12 dorsales, en bas 5 lombaires et se termine par le sacrum et l’os coccygien qui forment un ensemble soudé. Entre les vertèbres mobiles se trouve un disque intervertébral, sorte de coussinet cartilagineux, qui sert d’amortisseur. Pendant la journée, sous l’effet de la pesanteur, le disque se vide progressivement de l’eau qu’il contient, un peu comme une éponge que l’on presse doucement. La nuit, lors d’un repos allongé, le noyau du disque absorbe l’eau. Ce phénomène explique qu’après une nuit de sommeil dans une bonne position et dans un bon lit, le corps peut afficher au réveil jusqu’à 2 cm de plus par rapport au soir précédent. Cependant avec l’âge, cet effet d’éponge s’affaiblit : les disques intervertébraux perdent leur élasticité, le noyau gélatineux du disque se dessèche peu à peu et ne fait plus son travail de répartition des pressions. De ce fait, les vertèbres se rapprochent les unes des autres (pincement). Finalement la colonne se tasse. Voilà pourquoi les personnes âgées “rapetissent”.
La colonne présente aussi des courbures faites pour compenser les contraintes créées par la position debout. Ces courbures jouent le rôle de ressort permettant de supporter la pesanteur et les chocs. En outre, 244 muscles, répartis de part et d’autre de la colonne, assurent la stabilité du tronc et contrôlent la posture du corps. Il n’est donc pas étonnant que cette structure, lorsqu’elle est fortement sollicitée et surtout malmenée jour après jour, soit l’objet de défaillances.
Jusqu’à 300 kg de pression !
Qu’on le veuille ou non, notre dos travaille constamment, nuit et jour, 24 heures sur 24 ! En effet, le disque intervertébral subit un poids de 25kg en position couchée, de 50kg en position debout, de 140kg en position assise et de 300kg quand la position est penchée vers l’avant à 90°! Voilà de quoi faire réfléchir le sportif qui ramasse son ballon mais aussi la ménagère qui soulève un gros seau d’eau le dos rond. Pour résister à de telles pressions, il faut une colonne vertébrale solide et par conséquent une bonne musculature de soutien (abdominaux, dos, jambes). Or, la plupart de nos contemporains ont une musculature insuffisante. Avis aux accros du sofa, point de salut sans un minimum d’activité physique régulière ! D’ailleurs, à l’heure actuelle, les spécialistes vont jusqu’à préconiser de ne pas attendre d’avoir mal au dos pour s’en préoccuper. Ils considèrent qu’un bon dos est un capital à protéger en adoptant quelques conseils d’hygiène de vie, de bons gestes et surtout une bonne pratique sportive. Il vaut donc mieux prévenir que guérir !
Quels sports ?
Ce n’est pas parce qu’on est sujet au mal de dos qu’il faut arrêter tout sport. Au contraire, en dehors des périodes douloureuses, la pratique régulière d’une activité physique est recommandée. Parmi les sports adéquats, la marche est sans doute le meilleur exercice. En revanche, il est préférable de renoncer au jogging en raison des chocs répétés qu’il inflige aux vertèbres lombaires. Le stretching ou le yoga adapté à vos possibilités sont également bénéfiques. Quant à la natation, il vaut mieux se faire conseiller (la brasse par exemple ne convient pas à tout le monde). Le cyclisme est une bonne option, à condition de choisir un vélo adapté à sa taille, avec un guidon plat plutôt que de course mais pas réglé trop bas, et d’éviter les terrains trop accidentés. Il convient de limiter les sports qui demandent des efforts asymétriques (tennis, golf) ou qui s’accompagnent de chocs et de chutes (judo, équitation). Vous êtes passionné de tennis ? Il peut être pratiqué mais à petites doses et de préférence sur terre battue, surface qui amortit mieux les chocs, néanmoins les smashes et les services peuvent toujours s’avérer traîtres. En bref, pour chaque discipline sportive, il est impératif de rester prudent, de s’échauffer correctement, de ne pas pratiquer trop intensément et de s’étirer avant et après l’effort. Cette dernière habitude vous permettra de conserver une bonne amplitude de mouvements et donc une bonne souplesse.
Un bon lit
Selon la qualité du lit, les heures de sommeil peuvent améliorer ou aggraver l’état de votre dos. Il est par exemple grand temps de changer votre literie si elle présente des zones affaissées, si vous vous y enfoncez ou si vous avez l’impression d’être plus raide qu’une planche. Un bon matelas doit épouser les courbures naturelles du corps, ni trop ni trop peu. Quant à l’oreiller il ne doit pas non plus “ casser ” votre nuque. Au réveil, les raideurs systématiques peuvent être un bon indice de la qualité de votre literie. De nombreux ouvrages conseillent de dormir sur le dos ou sur le côté en plaçant éventuellement un petit coussin entre les genoux.
Quand consulter le médecin ?
Le médecin est le meilleur conseiller en cas de mal de dos surtout si ce dernier s’accompagne d’autres symptômes comme de la fièvre, des vomissements, des élancements dans la fesse, le bras, la jambe, des pertes de sensibilité, etc. Dans de nombreuses situations, les douleurs du dos sont bénignes et de courte durée. Les radiographies ne sont utiles que si le problème persiste ou en cas de signes de gravité.
