Qu'est-ce que l'intolérance au gluten ?
Le gluten est une protéine que l’on retrouve dans certaines céréales : blé, seigle, orge et dans une moindre mesure l’avoine. La maladie cœliaque se traduit donc par une intolérance à cette protéine lorsque l’on mange un aliment qui en contient et peut se manifester à n’importe quel âge, et pas uniquement chez les nourrissons. Une personne diagnostiquée comme atteinte de cœliaquie sur cinq a plus de 60 ans !
Cette maladie est héréditaire, donc inscrite dans nos gènes : 95% des malades sont porteurs d’un gène spécifique qui donne au système immunitaire l’ordre de combattre le gluten. Et ce, contrairement aux personnes qui ne présentent pas cette intolérance et chez lesquelles le système immunitaire considère le gluten comme une protéine ne présentant aucun danger. Néanmoins, des études ont démontré que ce facteur héréditaire n’explique pas tout. Chez des “vrais” jumeaux, donc au bagage génétique identique, lorsque l’un des deux est atteint de cœliaquie, l’autre ne l’est que dans 3 cas sur 4 ! Des chercheurs ont tenté d’expliquer cette différence de réaction du système immunitaire par des facteurs environnementaux, comme l’exposition à un virus, mais cette théorie n’est pas confirmée.
Quand l'organisme se trompe...
Confronté à cette protéine, le système immunitaire de l’organisme des personnes sensibles va produire des anticorps pour la détruire, la considérant comme une menace, alors que ce n’est pas le cas. Cette réponse immunitaire erronée va alors provoquer une inflammation de la paroi intestinale, qui peut, elle-même, engendrer les symptômes comme des douleurs, des diarrhées, etc. Certains ne présenteront aucun symptôme. D’autres ne ressentiront qu’une sorte d’inconfort intestinal ; mais chez d’autres encore, l’inflammation peut provoquer des lésions importantes de cette paroi intestinale. Par ailleurs, on constate que chez les personnes atteintes de la maladie cœliaque, les villosités de la membrane de leur intestin, de petites protubérances qui forment comme des “doigts”, sont atrophiées. Or, ces villosités sont indispensables à l’intestin pour capter les nutriments contenus dans notre alimentation, comme le calcium, le fer et autres vitamines, et en faire bénéficier le reste de l’organisme. Résultat : ces patients absorbent moins de ces nutriments pourtant essentiels et peuvent être victimes de carences. Il n’est pas rare en effet de trouver, chez ces personnes, une anémie ou de l’ostéoporose.
1 Belge sur 300 ?
Si 20 à 30% de la population est porteuse du gène en cause, tous ne souffriront pas de cette maladie. On estime que 30.000 Belges sont atteints de maladie cœliaque – sur base des estimations en Europe, mais force est de constater qu’ils sont nettement moins nombreux à être traités. Au point que certains spécialistes considèrent qu’il s’agit là d’une maladie négligée, sous-traitée. Mais si les malades consultent si peu, c’est généralement parce que soit ils ne présentent pas de symptômes, soit ils ne les ont pas reconnus. Les signes de cœliaque peuvent en effet être discrets, allant d’un inconfort intestinal à des plaintes plus importantes et qui peuvent être contradictoires. Ainsi, les adultes et les grands enfants peuvent aussi bien se plaindre de diarrhées que de constipation… On peut aussi retrouver un état de fatigue chronique ou des troubles digestifs assez variés… Il relève donc du rôle du médecin d’identifier la cœliaquie. Pour la détecter, il peut procéder à une prise de sang qui mettra en évidence la présence des anticorps spécifiques. Pour confirmer son diagnostic, le médecin peut par ailleurs faire réaliser une biopsie (un prélèvement pour analyse) réalisée au niveau du duodénum par endoscopie.
Complications rares
Il est bien utile de connaître sa maladie pour prendre au plus vite les précautions qui s’imposent. Ne serait-ce que pour supprimer tous ces désagréments, douleurs et inconforts causés par la maladie. Par ailleurs, même si cette maladie est le plus souvent plus inconfortable que dangereuse, elle peut, dans quelques cas, se compliquer. De plus, on l’a vu, la malabsorption de nutriments essentiels peut être à l’origine d’une anémie, ce manque de fer causant un grand état de fatigue, ou d’ostéoporose, par manque de calcium et de vitamine D. Chez les enfants, la maladie cœliaque peut entraîner un retard de croissance, donc une petite taille à l’âge adulte. Raison pour laquelle il est encore plus important chez les enfants, à l’ossature en pleine construction, de la détecter tôt.
Un régime adapté
C’est clair, en l’absence de traitement, la seule recommandation aux personnes atteintes de la maladie cœliaque est d’éviter les aliments contenant du gluten. C’est pourquoi il est essentiel de consulter un diététicien et de respecter ses recommandations. En effet, certains malades improvisent leur régime alimentaire et bannissent des produits pourtant sans effet négatif et dont l’éviction peut causer des carences plus ou moins importantes. On a ainsi vu certains d’entre eux supprimer les produits laitiers ; or, le calcium, par exemple, qu’ils contiennent, même peu absorbé, est essentiel. La consigne sera donc de bien s’informer sur la maladie auprès de son médecin, sur l’alimentation auprès de son diététicien, et de respecter les conseils diététiques. Hélas, à vie, tant qu’aucun traitement n’est à l’ordre du jour. Mais les connaissances évoluent et l’espoir peut toujours être de mise.

