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Qu'est-ce que l'obésité ?

Les Belges sont nombreux à connaître un problème de surpoids, les prévisions annoncent que très bientôt, un Belge sur deux sera en surpoids (1). Pire : 10 à 15 % des enfants sont concernés, promettant de devenir des adultes trop gros.

Le message pour lutter contre l’obésité est simple, mais pas très facile à faire passer : de 7 à 77 ans, il est indispensable de manger mieux et de bouger davantage. Le meilleur moyen de ne pas être un adulte obèse est d’adopter de bonnes habitudes alimentaires dès le plus jeune âge. Un message qui remet en question la manière de vivre de notre époque, à l’heure des fast-foods, plateaux-télé, jeux vidéo ou encore des 
sodas-chips en guise de collations… Le jeu en vaut la chandelle, car l’obésité est à l’origine de bien des maladies, dont certaines peuvent être mortelles. Un message catastrophiste ? Non, réaliste, car les spécialistes s’accordent : “une épidémie se dessine : il y a de plus en plus d’obèses et il y en aura encore davantage si la vapeur n’est pas renversée en termes de style de vie et d’éducation”, d’après le Dr Maximilien Kutnowski, interniste à l’Hôpital Brugmann et administrateur de la BASO, une association de médecins spécialistes qui lutte pour une meilleure prise en charge des personnes obèses.

Des risques importants pour la santé

Dans les pays occidentaux, le diabète de type 2 touche de plus en plus de jeunes de moins de 20 ans. Ceci est directement lié à l’augmentation du nombre de personnes obèses qui le sont à des stades de plus en plus graves. Car dans 80 % des cas, ce diabète atteint des personnes qui présentent une obésité sévère de longue durée, généralement acquise dès l’adolescence. Aussi, il est indispensable de commencer à sensibiliser les jeunes, moment clé où les habitudes alimentaires s’installent : "la période pubertaire s’accompagne souvent d’une aggravation de l’excès de masse grasse surtout chez les garçons et d’une tendance à localiser au niveau abdominal. Cette localisation est depuis longtemps reconnue comme un facteur de risque de diabète de type 2, en plus de l’ancienneté de l’obésité et de son importance", explique le Dr Danielle Rocour, Chef de service adjoint de Pédiatrie et endocrinologie au CHR de la Citadelle à Liège. La première réponse à apporter au diabète est une alimentation saine et un amaigrissement. "La perte de poids ne doit pas être très élevée pour que le risque de diabète diminue : 4 kg semblent être le point de départ d’une amélioration nette, et ce quel que soit le poids de départ. Néanmoins, pour une diminution importante du risque de développer un diabète de type 2, il faut perdre au minimum 5 à 10 % de son poids", explique le Professeur Luc Van Gaal, Directeur du service de Diabétologie et des Maladies métaboliques l’Université d’Anvers.

Le coeur en prend un coup !

En termes de risques cardiovasculaires, des études ont démontré que le risque de maladies cardiovasculaires augmente avec le poids, chez l'homme comme chez la femme, indépendamment de l'âge, du tabagisme ou d'autres facteurs de risque. Chez les perso‡nes obèses, le risque de mourir d'une maladie coronarienne serait même doublé par rapport aux minces. Raison pour laquelle l'obésité 
devrait être considérée, avec le tabagisme, l'hypercholestérolémie, l'hypertension et le style de vie sédentaire, comme un des principaux facteurs modifiables à l'origine des maladies coronariennes.

Les accidents vasculaires cérébraux sont également plus fréquents chez les personnes en surpoids ou obèses. Il est par ailleurs conseillé à tous les hypertendus avec une surcharge pondérale de perdre du poids pour parvenir à une normalisation de la tension artérielle.

Enfin, d’autres risques sont à mettre au compte du surpoids ou de l’obésité : maladies gastro-intestinales, pierres à la vésicule biliaire, varices, apnées du sommeil avec ou sans ronflement, troubles hormonaux, arthrose, voire une baisse de la fertilité. De même, certains cancers, comme celui de l’endomètre et du sein, sont clairement plus fréquents chez les femmes en surpoids après la ménopause ; dans d’autres cancers, comme ceux du côlon, du rectum, de la prostate, le lien n’est pas encore indéniablement prouvé mais il est fortement soupçonné.

Pour mieux mesurer l’ampleur des dégâts occasionnés par l’obésité, Marie-Josée Mozin, du Club Européen des Diététiciens de l’Enfance synthétise : "sachant que 2/3 des décès aux USA sont attribués aux maladies cardiovasculaires et au cancer et que l’alimentation est incriminée dans 1/3 de ces décès, on ne peut que mesurer l’importance, pour les populations à risque, d’une modification radicale des habitudes alimentaires". En effet, si le poids diminue, les risques sont généralement réversibles. 

L’obésité chez l’adolescent, voire de l’enfant, devrait donc être considérée comme une priorité de santé publique, notamment en tentant d’agir sur leur mode de vie et d’alimentation. "Les pédiatres doivent s’intéresser à l’augmentation du diabète chez les jeunes et jouer un rôle préventif", insiste le Dr Rocour. 

L'obésité est une maladie

Par ailleurs, ceux qui souffrent déjà d’obésité sont aujourd’hui reconnus comme malades. En effet, depuis un certain temps, des médecins se sont intéressés à l’obésité, s’interrogeant sur les causes des nombreux échecs des initiatives pour maigrir. Aujourd’hui, les mécanismes de l’obésité se dévoilent et celle-ci est de mieux en mieux connue. Ces médecins ont dès lors mis de côté la ritournelle : “s’ils sont gros, c’est leur faute, ils n’ont qu’à manger moins” et ont étudié ce qu’ils considèrent désormais comme une vraie maladie à diverses facettes : neurologique, biochimique, génétique, psychologique et diététique. De nouvelles initiatives sont dès lors prises par ces médecins qui ont cessé de culpabiliser les obèses, contrairement à certains qui continuent à les traiter comme des personnes sans volonté quand ils ne les jettent pas tout bonnement hors de leur cabinet en prétendant qu’ils “n’ont qu’à” se prendre en charge. Ainsi peut-on saluer dans notre pays les cliniques “du juste poids” ou les consultations pluridisciplinaires organisées par les spécialistes de la BASO qui s’organisent, prenant en considération toute l’histoire du patient : son bagage génétique, son mode de vie, ses habitudes alimentaires, ses freins psychologiques, a motivation à maigrir, ses risques de santé (2).

En fonction de ce profil individuel, le médecin pourra conseiller son patient dans une prise en charge globale, en fonction de ses besoins : exercice physique, régime avec l’aide d’un nutritionniste, suivi psychologique, voire prescription de médicaments dans les cas graves d’obésité ou d’intervention chirurgicale dans les cas extrêmes d’obésité morbide.

 

(1) On réalise le classement des obésités en fonction de l'indice de masse corporelle (IMC). Un indice qui se calcule de la façon suivante: le poids en kg divisé par la taille (en mètre) au carré. A partir de cet indice, on définit les classifications suivantes pour les adultes: au-dessous de 18, poids très insuffisant ; de 20 à 25, échelle de poids idéal; de 25 à 30, surpoids; au-dessus de 30, obésité (modérée jusqu'à 35, sévère, entre 35 et 40 et très sévère au-delà de 40). A partir d'un IMC de 25, la morbidité et la mortalité s'élèvent proportionnellement. Les principales pathologies liées à l'excès de poids sont l'hypertension, le diabète, l'hypercholestérolémie et l'arthrose.
(2) Le mieux est de s'adresser à son médecin traitant qui pourra le ce cas échéant orienter vers la personne vers un centre pluridisciplinaire.


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