Le dépistage du cancer de la prostate
Faut-il encore dépister le cancer de la prostate en 2011 ?
Le dépistage organisé du cancer de la prostate ne se justifie pas car des taux élevés de PSA ne prouvent pas l’existence d’un cancer et, inversement, des taux bas de PSA n'est pas une garantie qu’il n’y ait pas de cancer. Un dépistage organisé risquerait d’entraîner des traitements inutiles ou trop lourds. Le diagnostic précoce est basé sur la combinaison de deux examens : le toucher rectal et le dosage sanguin du PSA. Contrairement à d’autres cancers, le cancer de la prostate a généralement une progression très lente, comme l'explique Professeur Tombal : « La nécessité d’un diagnostic précoce dépend donc avant tout de l’âge du patient. Dans tous les cas, réaliser un diagnostic précoce du cancer de la prostate est une décision qui doit être prise de commun accord entre médecin et patient, après que celui-ci ait été informé en détails des avantages et inconvénients du dépistage ». Avantage du dépistage : diagnostiquer de manière précoce certains cancers agressifs qui pourront être traités de manière définitive. Or, si on attend l’apparition des symptômes pour poser un diagnostic, le cancer se trouve déjà à un stade avancé. Inconvénients du dépistage : celui-ci peut aussi mettre en évidence des cancers très peu agressifs, qui ne mettront jamais en danger la vie du patient. L'inconvénient est donc le stress lié à l’attente des résultats et parfois la mise en place d’un traitement qui n’est pas toujours nécessaire et qui peut engendrer des effets secondaires importants tels qu'impuissance ou incontinence.
Comment le dépister ?
Ce marqueur sanguin est utilisé dans le suivi du cancer de la prostate. Ce test peut également être envisagé dans le cadre d’un diagnostic précoce mais à la demande du patient et après que ce dernier ait été correctement informé de ses avantages et inconvénients.
Les hommes dont le test affiche un résultat de PSA anormal sont habituellement envoyés chez un urologue pour des examens complémentaires, dont une biopsie de la prostate. La biopsie de la prostate (prélèvement de cellules prostatiques) est le seul examen diagnostique qui puisse confirmer la présence de cellules cancéreuses dans la prostate et surtout en définir l’agressivité. Seuls les cancers à haut risque devront être traités. Ces traitements (opération ou radiothérapie) peuvent engendrer des effets secondaires importants tels qu’impuissance ou incontinence. En cas de cancers de la prostate à faible risque, un simple suivi suffira. Le test PSA est alors l’outil de suivi indiqué.
Quelques chiffres
Encourager un ami à subir un dépistage du cancer de la prostate, cela équivaut à : Donc, pour chaque 1000 amis à qui vous prodiguerez ce conseil, sachez que : En conclusion : Ne faites pas de vos meilleurs amis des patients … et laissez à son médecin généraliste ou spécialiste le soin d’adopter une approche responsable du dépistage de la prostate, ce qui signifie l’informer de l’ensemble de ses avantages et inconvénients, ne pas le lui imposer sans ces renseignements primordiaux. Le médecin pourra expliquer au mieux pourquoi il n’est généralement pas utile de se lancer directement dans la bagarre et être par là trop interventionniste.
Le cancer de la prostate

