Accompagner son enfant dans l’apprentissage de la propreté
Pour chaque parent, le moment de l’apprentissage de la propreté de son enfant est source de nombreuses interrogations : Comment savoir si mon enfant est prêt ? Comment l’aider dans l’apprentissage de la propreté ? "Passer de la couche au pot" doit se faire naturellement, en suivant le rythme de votre enfant, avec patience et douceur !
Comment apprendre à votre enfant à rester sec sans le bousculer ?
Un enfant est propre quand il peut retenir volontairement son urine et qu’il parvient à contrôler suffisamment sa vessie pour faire pipi au moment et à l’endroit convenus par les parents, la gardienne ou le personnel de la crèche.
L’enfant devient propre entre 2 et 5 ans. Le plus souvent, les enfants deviennent propres pendant la journée. La maturation du muscle sphinctérien commandant la fonction urinaire se fait naturellement : l’enfant et les parents ont très peu d’influence sur ce phénomène. Par contre, le développement psychologique de l’enfant et l’éducation donnée par les parents peuvent jouer un rôle dans l’apprentissage de la propreté. Ce qui est important c’est que l’apprentissage se passe en douceur et que l’évolution vers la propreté se déroule en suivant le rythme de l’enfant et en s’appuyant sur sa motivation.
Quand faut-il mettre l’enfant sur le pot ?
Quand il le demande ou quand il va chercher lui-même son petit pot, quand il en manifeste spontanément le besoin, en se trémoussant par exemple.
Le WC n’est pas vraiment adapté aux besoins de l’enfant : il est trop haut, son ouverture est trop large, la chasse d’eau fait beaucoup de bruit, ce qui peut être effrayant pour un enfant.
L’enfant doit pouvoir s’assoir facilement et avoir les pieds posés au sol. Pour son confort, on peut soit prévoir un petit pot, soit adapter une lunette plus petite sur un WC normal et prévoir aussi un repose-pied. La meilleure façon d’éveiller l’intérêt de l’enfant est de placer un petit pot à côté du grand. Quand vous allez vous-même à la toilette, proposez à l’enfant de vous accompagner. Répondez sans fausse pudeur à ses questions concernant ses besoins. Si ça ne l’intéresse pas, attendez un mois pour l’essai suivant. Il finira bien par vous imiter.
Comment un enfant doit-il faire pipi ?
L’enfant doit apprendre à aller aux toilettes calmement, décontracté. Une évacuation normale n’est possible que par le relâchement du sphincter et du muscle du bas du bassin, suivi de la contraction du muscle de la vessie.
En aucun cas, il ne faut demander à l’enfant de "pousser". Quand il fait des efforts, il agit sur les muscles abdominaux pour évacuer l’urine. Le sphincter ne s’ouvre pas ou pas assez et le muscle de la vessie n’aide pas. Les jeunes enfants ne savent pas faire la différence entre la contraction des muscles abdominaux et celle des muscles du bas du bassin, de sorte que ces derniers se contractent au lieu de se relâcher. C’est une façon tout à fait incorrecte d’uriner. Une vessie mal vidée, contenant encore un peu d’urine, s’infectera plus facilement.
Encouragez votre enfant, même en l’absence de résultats. Votre enfant trouvera cela valorisant et positif, il essayera de recommencer. Il ne faut pas le forcer, le punir ou le critiquer.
La nuit au sec
L’enfant reste sec la nuit quand il ne se mouille plus pendant la journée depuis plusieurs mois et quand sa vessie est assez grande pour contenir la quantité d’urine qu’il produit en une nuit. C’est le cas entre 2 et 5 ans. Si un enfant passe toutes ses nuits sans accident pendant trois mois, il se lèvera de lui-même si nécessaire. La couche de nuit peut être abandonnée si elle est sèche le matin au moins 3 jours sur 7. Les parents évitent ainsi une stimulation trop grande chez leur enfant et les échecs qui l’accompagnent. Si l’enfant n’est pas sec pendant 2 à 3 semaines après l’abandon de la couche de nuit, inutile de persévérer. On lui remet tranquillement une couche et on patiente quelques mois.
Et les selles ?
Comme pour le pipi, c’est d’abord une question de maturation neurologique. Lorsque l’enfant acquiert le maîtrise du sphincter anal, au cours de la seconde année de sa vie, il a la possibilité de devenir propre, s’il le décide lui-même. Inutile donc de le forcer… Dix conseils pour un entraînement à la propreté
1. Ne pas commencer trop tôt l’éducation à la propreté.
Un enfant est prêt pour cela lorsque sa vessie a acquis la maturité suffisante: concrètement, quand sa couche-culotte est encore sèche après 1h30 à 2 heures.
2. Pour bien uriner, la vessie doit être pleine. Si ce n’est pas le cas, l’enfant aura tendance à pousser (et à prendre une mauvaise habitude).
3. Laisser à l’enfant le temps d’uriner. Inutile de le presser.
4. Une position stable et confortable. Pour permettre à l’enfant de se décontracter, ses pieds doivent toucher le sol. Il est également possible d’adapter le wc grâce à un repose-pied et une lunette plus petite.
5. Assis jambes écartées. Cela vaut aussi bien pour les petits garçons que pour les petites filles. On peut proposer aux petits garçons de faire pipi debout à partir de trois ans.
6. Des vêtements faciles. Les enfants doivent pouvoir enlever facilement leurs vêtements et baisser leur pantalon jusqu’aux chevilles pour pouvoir bien écarter les jambes.
7. Adapter l’apprentissage aux circonstances. A la maison, le petit endroit doit être agréable et tranquille, sans plus. S’il est trop aseptisé et désodorisé, l’enfant pourrait répugner à faire ses besoins ailleurs, comme à l’école par exemple. Si on utilise un petit pot, il doit être placé à un endroit discret.
8. Boire suffisamment. Beaucoup d’enfants ne boivent pas assez pendant la journée et attendent le goûter pour se désaltérer. Idéalement, l’enfant devrait boire dès le petit-déjeuner jusqu’au repas du soir. Une boisson sur trois peut être un produit lacté, les deux autres de l’eau ou un jus de fruit. Café, thé et soda sont à éviter parce qu’ils excitent la vessie.
9. Eliminer régulièrement. Proposez à l’enfant d’ "aller au petit coin" après avoir bu. Il prendra ainsi l’habitude d’aller aux toilettes à heures fixes, 4 ou 5 fois par jour.
10. Pas d’apprentissage. Les enfants deviennent continents pendant la journée vers deux ans et demi. Souvent, ils mouillent encore leur culotte quand ils commencent à fréquenter l’école maternelle. Mieux vaut en discuter avec la gardienne ou l’institutrice maternelle et voir à partir de quand on pourra y envoyer l’enfant. La vue des compagnons allant à la toilette peut être un facteur motivant.
Bon à savoir
Jusqu’à l’âge de 5 à 6 ans, le pipi au lit est normal. Si un enfant de moins de 12 ans demande pour aller aux toilettes pendant la classe, il ne faut pas le lui refuser. Il peut tout simplement en avoir besoin à ce moment-là (ce qui est bien son droit !), ou ne pas aimer y aller pendant la récréation. A moins qu’il ne souffre d’un dérangement urinaire, auquel cas il faut en parler au médecin traitant. Il est inutile de comparer les enfants. Chacun est différent ( y compris dans une même famille) et possède un rythme d’apprentissage qui lui est personnel. Il y a parfois un problème psychologique à l’origine du pipi au lit. Il ne sert à rien de gronder l’enfant ou de chercher à le culpabiliser. Il est probable qu’il s’agisse d’un pur phénomène organique : la maturation des fonctions permettant un contrôle est plus lente que la normale. Au fil du temps, d’autres raisons peuvent s’ajouter : l’enfant ne comprend pas ce qu’on lui veut, il n’arrive pas à satisfaire ses parents, il déprime, se sent inférieur et devient anxieux. Parfois, l’enfant trouve des bénéfices secondaires à son incontinence : il reste le bébé de maman, il prolonge le plaisir du change, il fait comme le petit frère…Ces facteurs psychologiques et familiaux peuvent à leur tour influencer le facteur organique. Certains signaux justifient la consultation d’un médecin :

