Déborder la navigation
Nationale Chercher et choisir une région
Vous êtes ici: Votre santé -  Santé mentale -  Schizophrénie -  Des traitements

Des traitements

La maladie mentale s’installe progressivement et finit par envahir la vie de la personne. Des signes avant-coureurs avant la crise psychotique proprement dite se caractérisent par un repli social, des troubles du sommeil, de la méfiance, des idées bizarres, de l’agressivité, une perte d’hygiène… Quand l’entourage constate la persistance de ces symptômes chez un proche, il est important de s’en inquiéter et de consulter un médecin. “Un diagnostic précoce permet de commencer tôt le traitement et d’améliorer ainsi les perspectives à long terme”, explique le Dr B. Gillain, psychiatre. "Mais ce diagnostic n’est pas toujours facile à poser car il faut du temps pour voir comment évolue la maladie. Un autre problème qui surgit bien souvent est le déni de la maladie et le refus de la personne de se soigner. Faire accepter la maladie par le patient et par son entourage est primordial pour la réussite du traitement", ajoute-t-il.

Le but du traitement médicamenteux par les antipsychotiques ou neuroleptiques est de diminuer ou faire disparaître les symptômes négatifs et positifs. Le but est de juguler la crise mais aussi de la prévenir. Les antipsychotiques modernes sont plus efficaces qu’il y a dix ans et leurs effets secondaires sont plus rares et moins graves mais ils existent toujours (selon les cas et le type de médicament prescrit: perturbation de l’activité sexuelle, prise de poids, problèmes de cœur...). 
D’autres types de médicaments peuvent être associés à ce traitement de base: antidépresseurs, stabilisateurs d’humeur, calmants, correcteurs… La prise à long terme (souvent à vie) d’une médication est bien sûr contraignante mais elle reste le garant de la stabilisation, d’une meilleure adaptation sociale et donc d’une vie plus épanouie. 70% des rechutes psychotiques sont provoquées par l’arrêt impulsif de la médication. 

L’aide de la famille et des amis est primordiale dans la réduction des symptômes et le maintien de la stabilisation. Des études montrent en effet que le taux de rechute des patients vivant dans un environnement familial plus soutenant et moins angoissé est moins élevé que celui des patients vivant dans un environnement familial plus hostile, plus critique et/ou surimpliqué. Il est dès lors indispensable de donner aux proches le maximum d’informations sur la maladie et les attitudes à adopter afin que le climat émotionnel à domicile soit favorable. Mais comprendre et entourer la personne ne signifie pas la décharger de toutes ses obligations ou la couver. Cela ne signifie pas non plus s’isoler et rompre avec le réseau social habituel. 

Participer à des groupes de paroles et d’entraide avec d’autres familles vivant le même problème ou participer à des sessions de psycho-éducation à la maladie et au traitement peuvent également être très bénéfique (1).

Si le soutien de la famille et des amis est indispensable, celui de l’environnement social l’est aussi. A l’heure actuelle, la maladie mentale reste très fort stigmatisée (2) et les personnes qui en sont atteintes, victimes d’exclusion sociale et professionnelle. Or, la plupart d’entre elles sont capables de vivre dans la société et d’y jouer un rôle. Encore faut-il accepter leur “différence” et leur permettre de vivre avec leur fragilité…

Le dernier axe du traitement n’est pas le moins important. Il s’agit du suivi psychothérapeutique individuel  qui donne l’occasion à la personne de trouver un espace où elle peut, sans contrainte, verbaliser ses émotions, son vécu, accepter la maladie, la connaître. L’objectif est de l’aider à affronter les difficultés quotidiennes, de diminuer le stress et ainsi prévenir les rechutes.

Grâce à cette action conjuguée, la majorité des personnes ayant connu une crise psychotique se stabilise et reprend une vie pratiquement normale lorsque le traitement est bien suivi. Si celui-ci est arrêté, il faudra généralement repasser par une hospitalisation et par une dose plus importante de médicaments avant d’arriver à la stabilisation. Il faut savoir que chaque rechute crée un stress accru, une rupture de l’équilibre déjà précaire et altère le pronostic final de la maladie…

 

(1)L’asbl Similes donne des conseils et propose des informations d’ordre juridique et social. Elle organise des soirées d’informations et/ou de formations sur les maladies mentales, les traitements… et des soirées de discussions où amis et parents peuvent partager leurs doutes et interrogations. Il existe 11 sections à Bruxelles et en Wallonie. 
Renseignements: Fédération Similes Francophone - Rue Ducale, 81 - 1000 Bruxelles. Tél.: 02 511 19 08, fax: 02 503 47 15, e-mail: similesfrancophone@wanadoo.be 

(2) On dit notamment des personnes atteintes de schizophrénie qu’elles sont dangereuses. En réalité, elles sont surtout dangereuses pour elles-mêmes. 10 à 15 % finissent par se suicider.


Retour