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Les personnes âgées résident de plus en plus longtemps en maisons de repos


Selon une enquête menée par la Mutualité chrétienne (MC), le nombre de personnes âgées qui résident plus de cinq ans en maison de repos a presque doublé entre 2000 en 2010. Plus d'infos avec la MC.

Bruxelles, le 26 juillet 2013. Selon une enquête menée par la Mutualité chrétienne (MC), le nombre de personnes âgées qui résident plus de cinq ans en maison de repos a presque doublé entre 2000 en 2010. Ce chiffre continuera à augmenter avec la multiplication des plus de 80 ans. La MC plaide pour un renforcement de l’aide et des soins à domicile et de nouveaux investissements dans les maisons de repos. Cette compétence vient d’être transférée aux communautés dans le cadre de la dernière réforme de l’Etat.

En 2010, plus de 14.000 membres de la MC sont décédés en maisons de repos. Parmi eux, 20% y résidaient depuis plus de 5 ans. En 2000, ils n’étaient que 12%. Cette augmentation s’observe sur l’ensemble du territoire belge. Elle se marque particulièrement à Bruxelles où 23,5% des habitants résidaient en 2010 depuis plus de cinq ans en maison de repos pour 22,7% en Wallonie et 19% en Flandre.

Surtout des personnes à faible dépendance

L’âge moyen d’entrée en maison de repos est de 82 ans. D’après plusieurs études récentes, l’espérance de vie « en bonne santé » n’augmente plus depuis 2010. Le nombre d’années de vie en incapacité (dépendance) a donc tendance à croître. L’augmentation de l’espérance de vie ne suffit pas à expliquer l’allongement des séjours en maisons de repos. D’autres facteurs de société jouent un rôle, en particulier dans les grandes villes : habitat et environnement inadaptés, accès insuffisant à l’aide et aux soins à domicile, isolement social et donc moins de solidarité ou de proximité.

Tout ceci a pour conséquence qu’un nombre important de personnes faiblement dépendantes (catégorie O dans l’échelle de Katz, soit des personnes indépendantes physiquement et psychiquement, voir annexe) entrent en maisons de repos alors que ces places devraient être prioritairement réservées aux personnes âgées dépendantes. En 2010, près d’un résident sur quatre en maison de repos à Bruxelles fait partie de la catégorie O, soit 25% des résidents. En Wallonie, ce pourcentage est de 16%. En Flandre, il tombe à 12%.

Cette entrée prématurée en maison de repos allonge la durée moyenne des séjours en maisons de repos. C’est ainsi qu’en 2010, un résident sur trois (33,2%), entré en maison de repos en bonne santé, est décédé après un séjour de longue durée (5 ans). En 2000, ce pourcentage était seulement de 18,6% (voir graphiques en annexe).

Investir dans l’aide et les soins à domicile ainsi que dans les maisons de repos

Pour Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne (MC), il faut d’abord faire en sorte que les gens puissent rester le plus longtemps possible chez eux, dans un environnement convivial qui leur est familier. « Avec ses centres de coordination de l’aide et des soins à domicile (ASD), ses travailleurs bénévoles mais aussi son soutien à de nombreux services de proximité, la Mutualité chrétienne œuvre depuis de longues années déjà au renforcement des liens et au maintien à domicile. » Mais l’accessibilité financière de ces services doit encore être améliorée.

Pour la MC, « il faut aussi mener des politiques pour réduire le nombre de personnes faiblement dépendantes qui entrent en maisons de repos et occupent ainsi des places qui devraient être prioritairement réservées à des personnes dépendantes ». Le nombre de personnes soignées en institutions reste trop important, en particulier en Wallonie et à Bruxelles (voir carte en annexe). Au cours des dix dernières années, le nombre de membres MC de plus de 80 ans qui sont entrés en maisons de repos a augmenté de 23% alors que le nombre de places n’a augmenté que de 6,8%. Enfin, la facture pour un séjour en maison de repos reste en moyenne supérieure à la pension.

L’accessibilité des maisons de repos est une préoccupation mais aussi l’offre, trop réduite : « Les budgets pour les maisons de repos ont augmenté au cours des 30 dernières années mais le secteur reste sous-financé par rapport aux besoins. Ce problème sera encore plus aigu à l’avenir lorsque les babyboomers atteindront les 80 ans », confirme Jean Hermesse.

Annexe

Plus d'infos

Marie Strowel, responsable Communication et Marketing, marie.strowel[at]mc.be, 0474 92 01 40.

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