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Faible progression du dossier médical global en Wallonie et à Bruxelles


En Fédération Wallonie-Bruxelles, seulement 4 membres de la Mutualité chrétienne (MC) sur 10 bénéficiaient, fin 2012, d’un dossier médical global (DMG). Une proportion faible alors qu’on sait que le DMG contribue à améliorer la prise en charge du patient. En outre, la MC constate un ralentissement dans la progression du nombre de bénéficiaires du DMG. Elle appelle donc médecins et patients à aborder la question du DMG de manière plus systématique. La MC plaide pour une plus grande uniformisation et informatisation du contenu des DMG.

Bruxelles, le 29 novembre 2013. En Fédération Wallonie-Bruxelles, seulement 4 membres de la Mutualité chrétienne (MC) sur 10 bénéficiaient, fin 2012, d’un dossier médical global (DMG). Une proportion faible alors qu’on sait que le DMG contribue à améliorer la prise en charge du patient. En outre, la MC constate un ralentissement dans la progression du nombre de bénéficiaires du DMG. Elle appelle donc médecins et patients à aborder la question du DMG de manière plus systématique. La MC plaide pour une plus grande uniformisation et informatisation du contenu des DMG.

A l’analyse des chiffres 2012, la MC constate qu’en Wallonie, seulement 42,9 % de ses membres disposaient d’un DMG. A Bruxelles, ils n’étaient que 39 %. Des pourcentages jugés trop faibles, en dessous de la moyenne nationale, qui atteint les 63 %. « Parce qu’il centralise toutes les données médicales du patient, le DMG permet un meilleur accompagnement et une meilleure concertation entre médecins. Il évite par exemple de dupliquer des examens. C’est donc un pas en avant dans l’amélioration de la qualité des soins. Il est dommage de constater qu’il n’est pas plus populaire. », déclare Jean Hermesse, secrétaire général de la MC.

D’autant qu’avoir un DMG permet au patient de bénéficier d’une réduction de 30 % du ticket modérateur lors d’une visite ou d’une consultation auprès de son médecin. La différence peut rapidement devenir appréciable si les consultations sont fréquentes. En outre, les mutualités assortissent certains avantages ou remboursements complémentaires à la détention d’un DMG. « C’est donc dans l’intérêt du patient d’autant qu’il ne lui en coûte rien. Les 29,57 euros d’ouverture ou de prolongation du DMG sont entièrement remboursés par sa mutualité. », ajoute Jean Hermesse.

Des causes encore mal identifiées

Le manque de popularité du DMG reste difficile à expliquer. Une enquête de l’Inami concernant l’impact de mesures récentes sur la pratique des médecins généralistes (auprès de 4 000 patients et 403 médecins généralistes dans l’ensemble du pays) apporte néanmoins quelques éclaircissements. 69 % des patients détenteurs d’un DMG, interrogés en Wallonie, signalent que leur dossier a été ouvert à l’initiative d’un médecin généraliste (la moyenne nationale est de 79 %). Et 25 % des généralistes wallons interrogés signalent qu’ils ont déjà été confrontés, de « quelques fois » à « très fréquemment », à un refus du DMG par leur patient.

Peur d’un contrôle accru sur les prestations ? Impression d’être lié à vie à un médecin précis à cause du DMG ? Tant dans le chef des praticiens que des patients, les motifs de la réticence au DMG restent flous. « Ces résultats prouvent qu’une information correcte des patients et des médecins est primordiale. De notre côté, nous renforçons la sensibilisation de nos membres en faveur du DMG. Quant aux médecins, ils doivent être plus proactifs dans leur approche du DMG, d’autant qu’ils sont rétribués pour le travail que cela représente. 29,57 euros par an et par dossier, quand vous en avez 200 à gérer, cela représente une rétribution non négligeable », poursuit Jean Hermesse.

Progression en baisse et répartition marquée par l’âge et le sexe

Autre constat qui préoccupe la MC : la baisse de la progression du nombre de bénéficiaires d’un DMG (tableau 1 en annexe). Entre 2011 et 2012, le nombre de DMG a progressé de 4,3 % en Wallonie. A Bruxelles, on frôle les 5 %. « Mais en 2011 par rapport à 2010, nous enregistrions une progression de 13,65 % en Wallonie et de 11,4 % à Bruxelles. Ce ralentissement dans la progression nous inquiète », précise Jean Hermesse.

De l’analyse des chiffres de la MC, il ressort aussi que le DMG rencontre le plus de succès dans la tranche des 45-75 ans (graphique 1 en annexe). Une répartition qui est à mettre en parallèle avec les effets du vieillissement et l’apparition de pathologies chroniques puisqu’on trouve, dans cette tranche d’âge, une population plus largement sensible et sensibilisée aux avantages du DMG. D’autant que le DMG est la condition de base pour bénéficier du DMG+, qui couvre des interventions de médecine préventive (cancers, dépressions, maladies cardio-vasculaires, diabètes…), chez les personnes de 45 à 75 ans. Enfin, les femmes sont les plus nombreuses à bénéficier d’un DMG.

Uniformisation et informatisation

La MC demande une amélioration du DMG en tant qu’outil de suivi et d’échanges entre prestataires de soins. En effet, la mise en forme des données du DMG n’est pas standardisée, ce qui peut poser problème pour leur exploitation rapide. Par ailleurs, le « support » du DMG n’est pas clairement défini. Certains médecins disposent dès lors de DMG en version papier. « On imagine aisément les problèmes de transmission de contenus que ceci suppose à l’ère numérique. Or, il faut savoir que les médecins peuvent bénéficier d’une prime d’informatisation de 800 euros par an de la part de l’Inami. Nous proposons donc de réfléchir à une uniformisation des données du DMG pour en faciliter l’exploitation et nous proposons l’informatisation complète du DMG à un horizon de deux à trois ans. », conclut Jean Hermesse.

Plus d'infos

Jean-François Bodarwé, relation presse, jean-francois.bodarwe[at]mc.be, 0476 40 32 77.

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