AccueilInfos et actualitésCommuniqués de presseCommuniqués de presse (2013)

Les personnes précarisées recourent moins aux soins de santé


Les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) consultent deux fois moins souvent le dentiste pour un contrôle préventif que le reste de la population. Selon une étude réalisée par la Mutualité chrétienne (MC), les personnes précarisées se rendent également moins souvent chez le généraliste mais davantage aux urgences. « Cette situation est très dommageable pour les patients et remet à nouveau en question l’accessibilité financière de notre système. C’est pourquoi nous souhaitons intensifier notre lutte contre les inégalités sociales en matière de soins de santé, et ce dans l’intérêt de tous », déclare Jean Hermesse, secrétaire général de la MC.

Bruxelles, le 05 septembre 2013. Les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) consultent deux fois moins souvent le dentiste pour un contrôle préventif que le reste de la population. Selon une étude réalisée par la Mutualité chrétienne (MC), les personnes précarisées se rendent également moins souvent chez le généraliste mais davantage aux urgences. « Cette situation est très dommageable pour les patients et remet à nouveau en question l’accessibilité financière de notre système. C’est pourquoi nous souhaitons intensifier notre lutte contre les inégalités sociales en matière de soins de santé, et ce dans l’intérêt de tous », déclare Jean Hermesse, secrétaire général de la MC.

En 2010 et 2011, seuls 20% des bénéficiaires du RIS (et les membres de leurs familles) se sont rendus chez le dentiste pour un examen buccal préventif, contre 39% pour le reste de la population (voir annexe, p. 7, tableau 2). L’enquête ainsi que des échanges avec le public cible, avec des médecins et des travailleurs sociaux permettent de dégager un certain nombre de causes qui peuvent expliquer cette moindre consommation des soins de santé par les personnes à faibles revenus.

Le coût de la consultation et des soins éventuels (par exemple les frais d’un appareil d’orthodontie) joue certainement un rôle. Certaines mesures visent pourtant à limiter le coût des soins dentaires, notamment la gratuité des soins dentaires pour tous jusqu’à 18 ans ou encore le remboursement total de certains soins buccaux pour les personnes qui bénéficient de l’intervention majorée. Le manque d’information est un autre élément d’explication. Les personnes en situation de précarité disent souvent ne pas connaître ces mesures leur permettant de limiter les coûts. Enfin, les personnes précarisées reportent leurs soins jusqu’à ce qu’une solution d’urgence s’impose.

Moins chez le généraliste, plus aux urgences

Les personnes précarisées se rendent également moins chez le généraliste (voir annexe, p. 5, tableau 1). En 2011, 63% des bénéficiaires du RIS ont consulté au moins une fois un généraliste, contre 72% pour le reste de la population. Différentes études attestent pourtant que les personnes en situation de précarité sont en moins bonne santé. A nouveau, les facteurs précités expliquent ce phénomène : la crainte du coût de la consultation et du traitement (médicaments, consultation chez un spécialiste…) ainsi que le manque d’informations. Il faut toutefois noter le succès des maisons médicales : grâce à leur plus grande accessibilité (gratuité, proximité, actions d’informations), elles parviennent à toucher 12% des bénéficiaires du RIS.

Les bénéficiaires du RIS se rendent aussi plus souvent aux urgences que les autres (respectivement 24% contre 15%). Ces soins, pourtant plus coûteux, semblent leur inspirer davantage confiance. Aller aux urgences paraît plus simple que trouver un médecin de garde. Enfin, ne pas devoir régler immédiatement la facture constitue un autre incitant (voir annexe, pp. 8-9 pour les motivations à se rendre aux urgences).

Un moindre recours aux soins de santé

Pour Jean Hermesse, secrétaire général de la MC, les résultats de cette étude sont inquiétants : « Nous ne pouvons accepter cette moindre consommation de soins de santé par les personnes à faibles revenus. Comme tout citoyen belge, ces personnes devraient pouvoir se rendre chez le généraliste ou le dentiste lorsque cela s’avère nécessaire. Et donc également à titre préventif ».

C’est l’accessibilité financière de notre système qui est ici en question. « Mieux vaut pourtant prévenir que guérir. Pour le patient tout d’abord mais aussi en raison de l’impact financier de la prévention. En reportant leurs soins de santé, les personnes précarisées risquent de devoir supporter des soins plus intensifs et donc plus chers. De plus, les services d’urgence représentent une alternative plus coûteuse pour des soins qui pourraient dans certains cas être pris en charge par le généraliste ou le service de garde, poursuit Jean Hermesse. Pour chaque euro investi dans la prévention et l’information, nous économisons deux euros pour les traitements. » Une utilisation plus efficace des soins de santé permettrait donc de libérer des moyens au bénéfice de tous.

La MC identifie trois pistes prioritaires pour réduire les inégalités sociales dans la consommation des soins de santé :

  • Renforcer l’importance de la première ligne (généraliste) et de la prévention (soins dentaires), avec une information claire et transparente sur le coût des consultations et des traitements et une sensibilisation accrue aux avantages santé et financiers de disposer d’un dossier médical global (DMG). L’enseignement devrait porter une attention particulière à la prévention.
  • Automatiser les droits pour les personnes appartenant à certaines catégories sociales, notamment avec l’application systématique du tiers payant social (le patient paie uniquement le ticket modérateur) et la détection pro-active par les mutualités des personnes ayant droit au statut Omnio via l’envoi d’un signal automatique par l’administration fiscale.
  • Organiser une meilleure coordination entre les médecins de garde et les services d’urgence hospitaliers afin de parvenir à une utilisation optimisée des services d'urgence.

Lire l'étude complète (PDF)

Plus d’infos

Marie Strowel, responsable Communication et Marketing, marie.strowel[at]mc.be, 0474 92 01 40.

Téléchargement