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639 € de suppléments d'honoraires pour une journée d’hôpital


Pour une intervention chirurgicale en hôpital de jour (une opération des varices ou de la cataracte, par exemple), le patient qui opte pour une chambre individuelle paie en moyenne 639 € de suppléments d'honoraires. C’est 10% de plus que l’an dernier. C’est l'un des enseignements de la 13e édition du baromètre hospitalier de la Mutualité chrétienne (MC).

Pour réaliser son baromètre hospitalier, la MC a analysé environ 1,4 million de factures d’hospitalisations de ses membres en 2016. Premier constat : la différence de prix entre une admission en chambre double ou commune et une admission en chambre individuelle ne cesse d'augmenter. « Nous nous faisons de sérieux soucis à propos de l’évolution des suppléments d'honoraires. » déclare Jean Hermesse, secrétaire général de la MC. 

Pour une intervention chirurgicale en hôpital de jour, le patient paie en moyenne 115 € de sa poche s’il opte pour une chambre double ou commune. Pour la même intervention en chambre individuelle, la facture grimpe jusqu’à 813 € en moyenne. C’est 7 fois plus.

« Ce coût élevé est dû principalement par le montant des suppléments d'honoraires réclamés par les médecins. » poursuit Jean Hermesse. « En chambre double ou commune en hôpital de jour, ils sont interdits depuis la mi-2015. Mais ils sont encore autorisés en chambre individuelle. Et année après année, nous les voyons augmenter. »

Ainsi, dans la facture de 813 €, 639 € constituent des suppléments d'honoraires, le solde étant composé de supplément de chambre et de frais de matériel. C’est une hausse de près de 10% en un an. 4/5e des frais à charge du patient en chambre individuelle se composent de suppléments d'honoraires.

Mais pour les hospitalisations classiques (avec nuitée), où l’interdiction de suppléments d'honoraires en chambre double ou commune s’applique depuis longtemps, les suppléments d'honoraires en chambre individuelle continuent également à augmenter. En 2016, ils ont à nouveau progressé de 2% alors que la durée moyenne d’hospitalisation a reculé. Pour une hospitalisation classique en chambre individuelle, la facture moyenne s’est élevée à 1.496 €, contre 277 € en chambre double ou commune, soit 5 fois plus.

« Il n’est plus justifié de payer davantage en chambre individuelle pour des soins identiques. » martèle Jean Hermesse. « Nous estimons d’ailleurs qu’il n’est plus de notre époque que le patient doive choisir entre une chambre individuelle et une chambre double ou commune. Une enquête auprès de 50.000 de nos membres a révélé qu’environ ¾ d’entre eux préfèrent séjourner une chambre individuelle. En tant que mutualité santé, nous pensons que la chambre individuelle à l’hôpital doit devenir la norme car elle est préférable pour la santé (moins de risques de contagion, meilleur repos…). Cependant, ce n’est envisageable à terme que si les suppléments d'honoraires sont interdits. Nous ne voulons pas de soins de santé à deux vitesses, avec des chambres individuelles qui ne sont accessibles qu’à ceux qui peuvent se le permettre financièrement. »

Comme cela ne peut se faire du jour au lendemain, la MC plaide pour déjà franchir les premières étapes. « Pour une hospitalisation classique, un patient sur cent  reçoit une facture qui dépasse les 6.750 €. » poursuit Jean Hermesse. « Pour éviter de telles mauvaises surprises, tous les patients doivent recevoir une estimation des coûts avant leur admission. Mais c’est encore loin d’être le cas. Il avait pourtant été convenu que les prestataires de soins s’engageraient à le faire. »

Parallèlement, il faut une interdiction des suppléments d'honoraires sur les prestations techniques. « Pour l’imagerie médicale ou la biologie clinique, il n’est pas justifié que les patients se voient facturer des suppléments d'honoraires. Pourtant, leur volume augmente chaque année. »

La MC s’inquiète aussi du nouveau modèle de financement de ce que l'on appelle "les soins à faible variabilité". A partir de septembre 2018, pour de nombreuses interventions courantes (une opération de l’appendice, une prothèse du genou), un montant total forfaitaire sera attribué aux hôpitaux. « En soi, nous sommes favorables à cette mesure. Mais nous craignons qu'elle ne pousse les hôpitaux et les médecins à compenser leur éventuel manque à gagner en augmentant les suppléments, c’est-à-dire en faisant payer le patient.  Les mutualités ont explicitement demandé à la ministre fédérale de la Santé de bloquer les suppléments d’honoraires mais à ce jour aucune mesure n’est prévue pour protéger les patients.

Un nouveau modèle de financement ne peut fonctionner que si tous les partenaires veulent mener un débat de fond sur les suppléments d'honoraires, estime la mutualité santé. « Pour définir un nouveau modèle, il est indispensable que prestataires de soins et hôpitaux jouent cartes sur table. Les suppléments d'honoraires sont partagés entre les prestataires qui les facturent et les hôpitaux. Actuellement, nous n’avons aucune vue sur le mode de répartition pratiqué. Sans transparence, il n’y a pas de solution. Notre position est claire. À terme, les suppléments d'honoraires doivent disparaître,» conclut Jean Hermesse.

Annexe : étude complète

Pour plus d'informations

  • Joëlle Delvaux, pôle presse MC, 0473 52 77 37
  • Jean-François Bodarwé, responsable presse MC, 0476 40 32 77

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