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Davantage de consultations moins onéreuses grâce à une identification proactive des ayants droit


Toute personne ayant droit à l’intervention majorée paie moins cher chez le médecin, le pharmacien ou à l’hôpital. Ainsi, les patients bénéficiaires ne paient que 1 euro de ticket modérateur chez leur généraliste (avec dossier médical global) au lieu de 4. Ils ont également droit au régime du tiers payant. En outre, ils peuvent prétendre à d’autres avantages tels que des réductions dans les transports en commun et un tarif réduit pour la téléphonie.

Les personnes qui perçoivent une indemnité spécifique, comme le revenu d'insertion, la garantie de revenus personnes âgées ou l’allocation d’intégration, ont également droit à l’intervention majorée. Pour elles, la mutualité applique automatiquement ce régime.

Le régime de l’intervention majorée peut également être accordé sur base du revenu familial. Mais jusqu’il y a deux ans, les mutualités n’avaient aucun accès à ces données. Et malgré les efforts de la MC pour identifier les familles se trouvant sous le seuil de revenus, nombre d’entre elles passaient entre les mailles du filet.

Depuis août 2015 toutefois, les mutualités reçoivent un signal du fisc quand des membres se trouvent sous le plafond de revenus qui donne droit à l’intervention majorée. Ils reçoivent alors une invitation à réaliser une enquête de revenus. En deux ans, la MC a ainsi contacté 149.000 membres. Parmi eux, 22.200 (15 %) ont sollicité avec succès l’intervention majorée. La MC a fait analyser ses résultats par des chercheurs de l’Université d’Anvers.

« Au sein du groupe des personnes à faibles revenus, le contact ciblé a fait tripler le nombre de bénéficiaires de l’intervention majorée. » expliquent Tim Goedemé et Raf Van Gestel de l’Université d’Anvers. « Sans cette démarche proactive, seuls 5 % d’entre eux auraient bénéficié de l’intervention majorée. Grâce à l’action de la MC, cette part est passée à 15 %. »

Le fait que moins de bénéficiaires passent entre les mailles du filet est une évolution positive. « Nous touchons des personnes à faibles revenus qui payaient jusqu'ici trop cher leurs soins de santé », explique Jean Hermesse, secrétaire général de la MC. « Pour elles, le coût est souvent un obstacle pour aller consulter le médecin ou le dentiste. L’intervention majorée représente donc une différence essentielle. »

Mais la MC sait aussi qu’il reste du pain sur la planche. Malgré les appels répétés, des membres ne demandent toujours pas d’enquête de revenus. « Certains d’entre eux savent qu’ils n’entreront pas en considération parce qu’ils possèdent, par exemple, des biens immobiliers. » poursuit Jean Hermesse. « Il existe aussi des membres qui pourraient bénéficier de l’intervention majorée et qui pensent, à tort, que cela ne vaut pas la peine de la demander. Il est également possible que nos informations ne les touchent pas suffisamment. Il faudra poursuivre les efforts pour identifier chaque bénéficiaire. »

La MC plaide donc pour la poursuite de cette identification proactive. Pour ce faire, les informations du fisc ne suffiront pas. Jean Hermesse : « D’autres organisations peuvent également jouer un rôle. Les CPAS ou les hôpitaux peuvent, par exemple, attirer l’attention des gens sur l’existence de l'intervention majorée. Nous sommes également favorables à l’octroi semi-automatique du droit à l’intervention majorée, sans que les gens ne le demandent. Mais pour cela, nous avons besoin de données suffisantes. »

« Le contact proactif ciblé des bénéficiaires potentiels est une stratégie prometteuse, qui peut s’avérer efficace sur d’autres terrains également. » confirment les scientifiques de l’Université d’Anvers. « Une étude plus poussée est en cours pour encore améliorer l’efficacité de cette action. Nous allons également analyser l’impact de l’octroi de l’intervention majorée sur la consommation des soins de santé. »

Annexe

Pour plus d'informations

Jean-François Bodarwé – Responsable presse – jean-francois.bodarwe@mc.be – 0476 40 32 77