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Les patients trop peu informés du coût d'une hospitalisation


En Belgique, à peine plus d'un hôpital sur trois propose sur son site Internet un module permettant au patient d'estimer le coût de son séjour. Être informé des conséquences financières d’un traitement est pourtant l'un des droits du patient. A l'occasion de la Journée européenne des droits des patients - le 18 avril, la Mutualité chrétienne (MC) a épluché les sites Internet des hôpitaux. Avec Altéo, elle est aussi partie à la rencontre de patients pour recueillir leurs témoignages. "Les patients ont du mal à s’y retrouver dans la multitude d’informations", souligne Jean Hermesse, secrétaire général de la MC.

Sites Internet des hôpitaux

Commençons par la bonne nouvelle. Les sites Internet des hôpitaux se sont améliorés par rapport à une étude similaire réalisée par la MC il y a cinq ans (l'analyse actuelle a été réalisée entre octobre 2017 et janvier 2018). Pratiquement tous (97 %) fournissent des informations sur la facture d’hôpital. Près de 4 sites sur 5 abordent également la question des suppléments de chambre et d’honoraires. 9 sur 10 énumèrent les droits des patients, 8 sur 10 publient la déclaration d’admission, ce document que le patient doit compléter et signer au plus tard au moment de son admission.

"Il y a de bons élèves parmi les hôpitaux, commente Jean Hermesse. Certains s’efforcent d’informer au mieux les patients. Une information souvent cruciale. Ainsi, la différence de prix entre une admission en chambre individuelle et une admission en chambre double ou commune peut rapidement atteindre des sommets pour le patient. Le dernier baromètre hospitalier de la MC révèle que, pour une hospitalisation classique (avec nuitée), séjourner en chambre individuelle peut coûter près de 5,5 fois plus cher en raison des suppléments de chambre et d'honoraires portés en compte".

Mais les sites Internet des hôpitaux manquent souvent à leur devoir en matière d’estimation des coûts. Sur les 99 sites passés à la loupe, 35 disposent d'un module permettant aux patients de réaliser une estimation des coûts de leur séjour. Les hôpitaux flamands ont particulièrement bien progressé à cet égard ces dernières années. À noter que même si les établissements hospitaliers ne disposent pas d'un module sur Internet, il est néanmoins possible de leur demander une estimation des coûts de son hospitalisation. Pour le patient, entreprendre une telle démarche n'est cependant pas toujours aisé à réaliser.

"Il y a donc encore du pain sur la planche pour améliorer la transparence financière. L’estimation des coûts est un instrument particulièrement utile pour permettre au patient de prendre des décisions en toute connaissance de cause", ajoute Jean Hermesse, faisant référence en particulier au choix du type de chambre.

Estimation des coûts

D’ici le début de l’année prochaine, les hôpitaux devraient proposer aux patients une estimation des coûts pour les traitements les plus courants. C’est du moins ce que prévoit l’accord médicomutualiste. Les bonnes pratiques de certains hôpitaux prouvent que c’est tout à fait réalisable. Prenons l'exemple de la Clinique Saint-Pierre à Ottignies. Son module en ligne (sur www.cspo.be) permet d'estimer le coût d'admissions les plus courantes. Il distingue bien, dans le coût global, ce qui est pris en charge par l'assurance soins de santé obligatoire (et donc directement payé par la mutualité à l'hôpital) de ce qui est à charge du patient.

"Nous avons la volonté absolue de parvenir, en concertation avec les représentants des hôpitaux et des médecins, à un modèle standard compréhensible pour le patient", précise Jean Hermesse.

Transparence financière

Car c’est également là que le bât blesse. Le patient est souvent noyé dans la masse d’informations disponibles à plusieurs endroits. Des nombreuses rencontres collectives de patients, organisées par Altéo et Samana (mouvement équivalent en Flandre) aux quatre coins du pays, il ressort que les informations sont trop morcelées et que celles mises en ligne s’avèrent insuffisantes. Les patients regrettent d'être obligés de réclamer eux-mêmes certains renseignements qui leur manquent. Néanmoins, ils attachent énormément d’importance au contact personnel en vue d’être correctement informés.

"Nous sommes conscients du fait qu'en matière de transparence financière, la responsabilité est partagée, poursuit Jean Hermesse. Les hôpitaux mais également les médecins et les mutualités ont ici un rôle à jouer. En plus de l’instauration systématique d’une estimation des coûts, nous plaidons pour la mise en place d’un point de contact clair et accessible au sein de l’hôpital, auquel les patients peuvent s’adresser pour toutes leurs questions d’ordre financier. De même, il est important d’élaborer des trajets d’information pour le patient : à quel moment communiquer quels types d'informations ? Le patient est, en l’occurrence, un partenaire actif. Il ne doit jamais hésiter à demander des informations. Cela reste encore et toujours le conseil de base. C’est son droit en tant que patient d’être correctement informé", conclut Jean Hermesse.

Pour plus d'informations

Joëlle Delvaux, pôle presse MC

Téléphone : 0473 52 77 37

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