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La Belgique est prête pour la Santé Positive


Être en bonne santé c’est bien plus qu’une absence de maladie. De plus en plus de personnes en sont convaincues, comme le révèle une grande enquête de la Mutualité Chrétienne (MC) auprès de plus de 8.600 membres. Pour la plupart, la qualité de vie, les contacts sociaux, s’en sortir financièrement, l’acceptation de soi et le sens de la vie influencent aussi la santé. « Nous devons absolument envisager la santé d’une façon plus positive », affirme Jean Hermesse, Secrétaire général de la MC.

« Un état de bien-être complet, sur le plan physique, psychique et social physique ». Telle est la définition de la santé utilisée par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1948. « Une définition complètement dépassée », estime la doctoresse et scientifique néerlandaise Machteld Huber. Celle-ci a développé un nouveau concept, qui rencontre un énorme succès aux Pays-Bas, basé sur une vision plus large, plus dynamique et plus engageante : dans l’optique de la Santé Positive, la santé est la capacité à relever soi-même tous les défis physiques, émotionnels et sociaux de la vie. Cette nouvelle définition englobe toutes les dimensions de la vie (6) : les fonctions physiques, le bien-être mental, le sens (de la vie), la participation sociale, la qualité de vie et le fonctionnement au quotidien. Chaque dimension renvoie à 7 questions soit 42 aspects qui ont une influence sur la vie et donc sur la santé. La MC a demandé à ses membres dans quelle mesure, selon eux, ces aspects sont liés à la santé. Leur verdict ? Bon nombre d’entre eux estiment que la majorité des aspects sont en corrélation avec la santé.

Sans surprise, les répondants réfèrent en premier lieu aux fonctions physiques. 97 % des répondants considèrent que des items comme se sentir en bonne santé, être en forme, le sommeil, la nutrition ou la condition physique sont associés à la santé. Mais les autres dimensions obtiennent également une corrélation élevée avec la santé. Ainsi, 93 % des répondants sont convaincus que la qualité de vie (apprécier la vie, être heureux, se sentir bien dans sa peau…) exerce une influence sur la santé. Quant au fonctionnement quotidien (s’occuper de soi, gérer son temps, gérer son argent…), le taux de corrélation atteint 89 %. Il s'élève à 88 % pour le bien-être mental (mémoriser, se concentrer, s’accepter, gérer les changements…). De plus, 86 % des répondants estiment qu'accorder du sens (le sentiment d’utilité, vouloir atteindre des idéaux, la gratitude…) impacte leur santé. La participation sociale (contacts sociaux, faire des choses agréables ensemble, être impliqué…) ferme la marche avec quand même 82 %.

« De nos jours, notre approche des soins de santé part encore trop souvent du principe qu’être en bonne santé se résume à ne pas être malade », explique Jean Hermesse. « En tant que patients, nous n’agissons que si nous nous sentons mal. Et les médecins répondent le plus souvent à nos plaintes physiques et mentales en nous prescrivant des traitements. Or, nos membres signalent clairement que la santé représente bien plus que d’être en forme physiquement. La qualité de vie fait partie intégrante de la santé. »

Rien d’étonnant donc à ce que des items tels qu’être heureux, se sentir bien dans sa peau ou être en équilibre soient évoqués par quasiment tous les répondants. Même les aspects recevant les « moins bons scores » (intérêt pour la société, gestion de son argent) sont encore associés à la santé par respectivement 74 et 78 % des personnes interrogées.

Les résultats de l'enquête montrent toutefois que certains aspects comptent davantage pour certains groupes que d’autres. Ainsi, les jeunes attachent plus d’importance aux plaintes et douleurs, au sommeil et à la nutrition, tandis que les plus âgés font des liens plus forts entre la santé et la capacité de mémorisation et de concentration. Les personnes moins qualifiées relèvent plus de liens entre la santé et le fait de s’en sortir financièrement ou encore la gratitude. Les femmes l'associent davantage que les hommes à la gestion du temps et aux contacts sociaux. Le « sentiment d’utilité » et « la communication ou facilité à communiquer » apparaissent plus importants pour les personnes sans activité professionnelle (pensionnés, chômeurs, malades).

« Ces différences montrent clairement qu’il n’existe pas de réponse unanime à la question de savoir comment mener une vie en bonne santé », poursuit Jean Hermesse. « Et c’est précisément la philosophie qui sous-tend la définition de Santé Positive. Les gens reprennent le contrôle de leur santé et déterminent quels aspects sont importants pour eux. La santé n’est plus un objectif, mais un moyen pour mener une vie de qualité. La Santé Positive veut renforcer la résilience des individus, pour qu’ils puissent s’adapter à la situation, quel que soit leur parcours. »

Et c’est plus que jamais nécessaire comme l'explique Jean Hermesse : « De nombreux indicateurs de nos soins de santé sont passés au rouge. Plus de 400.000 personnes sont aujourd’hui en incapacité de travail de longue durée. C’est le nombre le plus élevé jamais atteint. Et ce, alors que la médecine a également atteint un très haut niveau. L'approche classique de la santé montre ainsi ses limites. Si nous voulons améliorer la santé des Belges, il faut prendre en compte toutes les dimensions de la santé de l’individu et mettre davantage l'accent sur la prévention des maladies et la promotion de la santé. »

Lors du symposium organisé ce vendredi 1er juin par la MC, des centaines de professionnels actifs, dans et en dehors du secteur des soins de santé ont découvert le concept de Santé Positive. À cette occasion, un large appel a été lancé aux organisations et personnes désireuses de s'associer au mouvement de Santé Positive afin de le faire connaître et le rendre accessible au plus grand nombre. Des contacts ont d'ores et déjà été pris avec des partenaires potentiels comme la Société scientifique de médecine générale. En Flandre, l’organisation de médecins Domus Medica, Natuurpunt, l’organisation de loisirs Pasar et Hasselt Zorgstad ont déjà confirmé leur désir de rejoindre « Santé Positive Belgique ». « Avec ce mouvement, nous voulons définir les contours des soins de santé de demain », martèle Jean Hermesse. "Santé Positive Belgique" fournira des outils, mènera des études, rassemblera des organisations et formulera des propositions pour ancrer cette nouvelle vision large de la santé dans notre société et nos soins de santé.

« Enfin, il est nécessaire de veiller aux aspects de santé dans toutes les politiques pour viser à améliorer la qualité de vie et permettre une vie aussi longue que possible en bonne santé. Cela concerne la protection sociale, la mobilité, l'aménagement du territoire, l'alimentation, etc. », conclut Jean Hermesse.

Pour plus d'informations : Elodie Debrumetz, responsable presse MC, 0497 23 6767

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