AccueilInfos et actualitésCommuniqués de presseCommuniqués de presse (2019)

Coûts à l'hôpital : le gouffre se creuse


Une hospitalisation en chambre double ou commune coûte en moyenne six fois moins cher qu’en chambre individuelle. Pourtant, la facture peut parfois aussi y atteindre des sommets. Pour une réduction mammaire pratiquée en raison d’une gêne fonctionnelle, par exemple, la patiente débourse 2.763 euros dans l’hôpital A et seulement 103 euros dans l’hôpital B. La même intervention, le même type de chambre, mais 27 fois moins cher ! Tout dépend en fait des honoraires non remboursables.

Ce n’est hélas pas une surprise : pour la énième année, les suppléments d’honoraires ont augmenté dans les hôpitaux en 2018. C'est ce qui ressort de la 15e édition du baromètre hospitalier réalisé par la Mutualité chrétienne (MC). Pour une admission classique (avec nuitée), les suppléments d'honoraires ont à nouveau progressé de 4,7 %, en plus de l’indexation. En chambre individuelle, un patient paie de sa poche en moyenne 1.619 euros par admission. En chambre double ou commune, le montant moyen à sa charge est de 278 euros. Dans ce dernier type de chambre, les médecins ne peuvent pas facturer de suppléments d’honoraires. Les suppléments de chambre y sont aussi interdits.

Chambre à deux lits : gare aux mauvaises surprises

En moyenne, le patient paie en chambre double ou commune près de six fois moins qu’en chambre individuelle. Mais cette chambre n’offre pas de garantie absolue en matière de sécurité financière. Car la personne qui décide de partager la chambre avec d’autres patients risque quand même de recevoir une facture élevée pour certaines interventions. Dans certains hôpitaux, pour une même intervention, le coût à charge du patient est (presque) aussi élevé s'il séjourne en chambre double ou commune qu’en chambre individuelle.

C’est par exemple le cas pour une "réduction mammaire pratiquée en raison d’une gêne fonctionnelle". Pour cette intervention, certains hôpitaux facturent régulièrement des honoraires non remboursables qui sont parfois illégaux. Ces honoraires sont entièrement à la charge de la patiente. Certains hôpitaux pratiquent cette facturation uniquement lorsque l'admission a lieu en chambre double ou commune. De la sorte, le coût atteint celui d'une admission en chambre individuelle où aucune prestation non remboursable n'est portée en compte. D’autres hôpitaux suivent la voie inverse : ils ne facturent les honoraires non remboursables qu’en chambre particulière. De ce fait, le coût médian pour le patient dans ces hôpitaux est quelque 30 fois supérieur en chambre individuelle qu’en chambre double ou commune. Dans d’autres hôpitaux encore, les patientes ne paient jamais d’honoraires non remboursables pour cette intervention.

"Bien entendu, des situations individuelles peuvent requérir une approche différente, mais de telles variations de prix pour une même intervention ne sont pas justifiables, explique Jean Hermesse, vice-président de la MC. La seule conclusion réaliste est que les hôpitaux et/ou les médecins arrivent à trouver des méthodes créatives pour générer des revenus supplémentaires. Facturer aux patients des honoraires non remboursables par l'assurance obligatoire est l'une de ces méthodes. On constate aussi que des suppléments de confort, par exemple pour une télévision ou un frigo dans la chambre, continuent, eux aussi, à augmenter. De même que les suppléments d’honoraires et les suppléments de chambre".

Insécurité, même en cas de couverture par une assurance hospitalisation

Tous les frais que l'on vient de décrire sont à la charge du patient. Même une assurance hospitalisation n'offre pas automatiquement une garantie. Par exemple, toutes les assurances ne prennent pas en charge les honoraires non remboursables. "Nous entrons de plain-pied dans des soins de santé à deux vitesses. Dans les faits, la chambre individuelle est réservée à ceux qui en ont les moyens. Pourtant, elle ne devrait pas être considérée comme un luxe. Majoritairement, les patients expriment le souhait de séjourner seul à l'hôpital. Les établissements hospitaliers mettent de plus en plus en avant ce type de chambre. Et les études internationales montrent que le séjour en chambre particulière présente plus d'avantages que d'inconvénients. La chambre individuelle doit donc devenir la norme pour les admissions d’au moins une nuitée", insiste Jean Hermesse.

Interdire totalement les suppléments d'honoraires

Permettre à tous de séjourner en chambre particulière, cela n'est possible qu'à condition que les suppléments d’honoraires soient interdits. "Dans cette hypothèse, souscrire une assurance hospitalisation n'est plus nécessaire, observe Jean Hermesse. Nous plaidons dès lors pour qu'une partie importante des primes que versent les employeurs et les assurés dans le cadre des assurances hospitalisation facultatives soit réinjectée dans l’assurance soins de santé obligatoire, martèle-t-il. Cela permettra de mieux financer les hôpitaux, et les médecins pourront recevoir une rémunération correcte. La condition préalable à tout cela est d'avoir une vue transparente sur la manière dont les établissements hospitaliers et les médecins se répartissent les rentrées financières générées par les suppléments d'honoraires. Cette transparence n’existe toujours pas. Il faut aussi réglementer les autres frais portés en compte aux patients, tels que les honoraires non remboursables, pour que cela soit clair et transparent", conclut-il.

Pour plus d'informations ou pour recevoir les tableaux complets des coûts à l'hôpital par région, contactez Joëlle Delvaux, pôle presse de la MC, 0473/52.77.37 • presse@mc.be

Téléchargement


Voir aussi