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On ne finance pas les hôpitaux avec des factures de milliers d'euros aux patients


En 2017, 37 000 patients ont payé plus de 3 000 € de suppléments d'honoraires lors d’une hospitalisation en chambre individuelle. Sur la facture totale, ce poste a même dépassé 10 000 € pour près de 3 000 patients. Une étude de l’Agence intermutualiste (AIM) indique que les suppléments d'honoraires dans les hôpitaux se sont à nouveau envolés.
« Nous évoluons de plus en plus vers des soins de santé à deux vitesses, martèle Jean Hermesse, Secrétaire général de la MC. Nous devons mettre fin aux suppléments d'honoraires ».

L’Agence intermutualiste communique aujourd'hui les résultats de son étude relative aux suppléments d'honoraires dans les hôpitaux. Elle a passé à la loupe toutes les factures hospitalières des membres des sept mutualités du pays. Principale constatation : le volume des suppléments d'honoraires continue d'augmenter. Le risque que le patient soit confronté à une facture très élevée se renforce nettement.

Entre 2015 et 2017, le volume total des suppléments d'honoraires est passé de 531 à 563 millions d'euros. La croissance annuelle moyenne de ces suppléments est ainsi deux fois et demi supérieure à celle des honoraires officiels (respectivement 3 % et 1,2 %). Le nombre de patients qui paient plus de 5 000 € de suppléments d'honoraires par admission a progressé de 40 % par rapport à 2014.

« Aucun problème, les assurances hospitalisation remboursent tout », clament certaines voix rassurantes. « C'est oublier que tout le monde ne possède pas d’assurance hospitalisation, que celles-ci n’offrent pas une couverture illimitée et que les primes pour ces assurances hospitalisation peuvent atteindre des montants élevés, réplique Jean Hermesse. De plus, la hausse constante des suppléments d'honoraires rend les assurances hospitalisation de plus en plus chères ».

Des assurances facultatives à l'assurance obligatoire

« D'un côté, il y a les patients qui peuvent s'offrir une assurance et se permettre un séjour en chambre individuelle et de l'autre, il y a ceux qui n'ont pas le choix de la chambre car ils sont moins bien couverts. poursuit Jean Hermesse. Ceci laisse la porte ouverte à une évolution vers des soins de santé à deux vitesses. En tant que mutualité santé, nous refusons de suivre ce cap. Tout le monde a droit à des soins abordables, accessibles et de qualité, peu importe le type de chambre ». C’est pourquoi la MC plaide pour la suppression complète des suppléments d'honoraires.

« Séjourner en chambre individuelle doit devenir la norme à l'hôpital. Ce ne sera toutefois possible que si les suppléments d'honoraires disparaissent. Cette proposition n’est absolument pas utopique. Sans suppléments, les assurances hospitalisation deviendraient superflues. Les sommes ainsi libérées par les assurés et les employeurs pourraient être réinjectées dans l’assurance soins de santé obligatoire. Refinancer correctement et de manière transparente tant les structures hospitalières que les actes médicaux est le but recherché ».
La MC tend la main au secteur hospitalier pour trouver des solutions. « Pour parvenir à un financement correct, la transparence est nécessaire. Comment hôpitaux et médecins se répartissent-ils les sommes provenant des suppléments d'honoraires ? Qu’advient-il de ces moyens financiers ? Infliger aux patients des factures de milliers d'euros n’est pas la façon adéquate de trouver des sources de revenus. Mettons-y un terme, dans l’intérêt du patient ».

Pour plus d'informations

Joëlle Delvaux, pôle presse de la MC, 0473 52 77 37