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Aller à deux chez le médecin ? C'est votre droit !


Crainte d'apprendre une mauvaise nouvelle concernant votre santé ? Inquiétude de ne pas comprendre toutes les informations données par le médecin ? Envie d'être soutenu par un proche ? Parfois, la visite chez le médecin suscite des appréhensions. Les patients ne savent pas toujours qu’ils ont le droit d’être accompagnés d’une personne de confiance. Une démarche assez simple qui offre de nombreux avantages, souligne Élisabeth Degryse, secrétaire nationale de la Mutualité Chrétienne (MC).

Le 18 avril est la Journée européenne des droits du patient. Pour la MC et Altéo, mouvement social des personnes malades, valides et handicapées, c’est l’occasion de mettre en lumière un droit souvent méconnu : la désignation, par le patient, d'une personne de confiance qui pourra l'assister et l'aider à exercer ses droits. Et si le patient n’est plus en capacité de prendre lui-même des décisions, son représentant sera là pour agir à sa place, dans son intérêt et le respect de ses volontés.

Suite à un appel à témoins lancé en décembre dernier par la MC, Altéo et Samana (la consœur flamande d'Altéo), une centaine de personnes ont fait part de leurs expériences en tant que personne de confiance ou de représentant du patient. Tous les récits concernant la personne de confiance témoignent des nombreux avantages à se faire accompagner d'un proche chez le médecin ou lors d'examens médicaux : à deux, on entend mieux et on comprend mieux que tout seul, on pose toutes les questions nécessaires, on se sent plus rassuré et on bénéficie d'une aide et d'un soutien précieux. Tout cela contribue à un meilleur suivi de la maladie et une application correcte du traitement.
La plupart du temps, ce rôle de personne de confiance est assuré par le conjoint ou un enfant majeur. Dans certains cas, c’est un parent, un frère, une sœur ou une connaissance du patient qui intervient.

Avec / À la place de

Le rôle de la personne de confiance n'est pas à confondre avec celui assuré par le représentant du patient. La personne de confiance peut uniquement assister et conseiller le patient, alors que le représentant décide et agit à sa place lorsque celui-ci n'est plus en capacité de le faire, par exemple en raison d'un coma ou d'une démence avancée.

La nomination d'un représentant fait l'objet d'une législation plus exigeante. En effet, la loi impose un ordre de priorité juridique à respecter : conjoint ou partenaire cohabitant, enfant majeur, parent, frère ou sœur majeurs. Sauf si un administrateur a été désigné par un juge de paix. « Cela semble peut-être très abstrait, mais on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve, précise Élisabeth Degryse. C’est pourquoi il est important de bien réfléchir à l’avance et d’en parler à ses proches, pour exprimer clairement ses volontés.
Si l'ordre légal vous convient, vous n’avez rien à faire. Dans le cas contraire, il est possible de désigner son représentant en complétant et signant le formulaire ad hoc ».

Par ailleurs, la MC et Altéo plaident pour une simplification du mode d’enregistrement du représentant. L'enregistrement devrait être centralisé et accessible via les réseaux de santé utilisés par les prestataires de soins.

La désignation d’une personne de confiance est plus simple et se fait le plus souvent de manière informelle. Il n’est pas nécessaire de signer un document écrit, bien que cela soit possible, voire utile pour que les engagements respectifs de la personne accompagnée et de l'accompagnant soient bien clairs.
Malgré la souplesse de ce régime, certaines personnes isolées ne peuvent pas compter sur une personne de confiance dans leur entourage. « Ces patients doivent pourtant pouvoir exercer leur droit », estime Élisabeth Degryse. La MC et Altéo suggèrent que les organisations à finalité sociale proches du secteur des soins de santé reçoivent des moyens des autorités pour former des collaborateurs ou des volontaires et les coacher sur le rôle de personne de confiance. Ceux-ci pourront par la suite assister ces patients qui ne peuvent malheureusement pas faire appel à leur réseau social.

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