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Réadmissions après un séjour en maternité : une croissance avérée

Il y a 7 ans, la réduction d’un demi-jour de la durée de séjour en maternité – projet porté par la ministre de la Santé de l’époque - entrait en vigueur. Depuis, beaucoup a été dit et écrit sur les possibles risques encourus par les mamans et les bébés. Sur base de l’analyse des données de ses membres ces 10 dernières années, la Mutualité chrétienne a constaté une augmentation significative des réadmissions des bébés entre la période 2010-2014 et la période 2015-2019, et dans une moindre mesure, des mamans. Ce constat soulève des questions : quels facteurs peuvent être associés à un plus grand risque de réadmission? De prime abord, il apparaît que le statut social pourrait être un des facteurs déterminants.

En ce qui concerne les mamans, le taux de réadmission reste faible : de 2010 à 2014, il est de l’ordre de 1,1% ; de 2015 à 2019, il augmente un peu à 1,3%. Par contre, pour les bébés, les taux de réadmission sont plus élevés et augmentent significativement : on passe de 4,8% (période 2010- 2014) à 5,9% (période 2015-2019).
L’analyse porte sur 430.000 mamans et leurs bébés, membres de la MC. Elle mesure l’évolution des réadmissions entre 2010 et 2019, tant des mamans que des bébés, dans les 30 jours maximum après la sortie de maternité.
« Notre étude dresse un constat indéniable, déclare Elisabeth Degryse, Vice-Présidente de la Mutualité chrétienne, il y a bien eu une augmentation des réadmissions des mamans et des bébés dans notre pays, entre la période « avant » et la période « après » la réduction du séjour en maternité. » La durée réduite du séjour en maternité n’est toutefois qu’un des facteurs parmi d’autres qui pourraient avoir une influence sur ce constat.

Des inégalités sociales dès la naissance

L’étude montre aussi qu’il n’y a pas d’égalité des chances en matière de naissance : les mamans BIM (bénéficiaires de l’intervention majorée) ont un risque de réadmission plus élevé que les non BIM (1,7% contre 1,2%). Chez les bébés, l’écart est encore plus grand : le risque de réadmission des bébés BIM est évalué à 7,7% alors qu’il s’élève à 5,7% pour les bébés non BIM.
« De là à affirmer que le statut social ‘se transmet par le cordon ombilical’, il y a un pas, mais force est de constater que démarrer dans la vie avec une hospitalisation d’avance par rapport à d’autres bébés n’est pas idéal », remarque Elisabeth Degryse.
L’analyse des données de la MC et de la littérature scientifique concernant les facteurs influençant la réadmission des mamans et des bébés a livré des résultats plutôt logiques : les grossesses considérées comme à risque3 et le recours à une césarienne sont corrélés à un plus grand taux de réadmission.
« Or, on sait que les groupes plus vulnérables au niveau socio-économique présentent souvent une santé plus fragile ou ont un accès parfois moins aisé aux soins. Les indices sont suffisamment forts pour nous alarmer une fois de plus sur les risques encourus par les populations socioéconomiquement plus vulnérables. Il ne faut pas qu’une situation de départ socialement précaire ou compliquée puisse avoir un aussi grand impact et possiblement délétère dès les premiers jours de venue au monde. La MC tient à attirer spécifiquement l’attention des prestataires de soins sur l’importance de la prise en compte d’indicateurs sociaux dans la décision de retour des mamans et bébés à la maison » ajoute Elisabeth Degryse.
S’il n’est pas encore possible de tirer des conclusions définitives sur les facteurs influençant la réadmission (et les influences mutuelles entre ces facteurs), la MC ne remet toutefois pas en cause les séjours courts en maternité. Dans de nombreux cas, les mamans apprécient de rentrer plus rapidement à la maison et ceci restera sans conséquence. Les données semblent toutefois démontrer un taux de réadmission non négligeable et supérieur en cas de « court » séjour (max 2 jours par voie basse, max 3 jours par césarienne) par rapport à une durée de séjour ‘moyenne’ (3-4 jours voie basse, 4-5 jours par césarienne). Autant de points d’attention qui poussent dès lors la MC à poursuivre son travail d’analyse pour identifier les facteurs prépondérants liés à la réadmission.

Pour plus d'informations

Manuel Di Pietrantonio, collaborateur relations presse 0471 55 55 94

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