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Jeûner, une pause santé ?

Entreprendre un jeûne est tentant lorsque l’on lit la masse d’informations disponibles sur ses supposés bienfaits. Mais qu’en est-il réellement ? Quels sont les différents types de jeûne ? Sont-ils sans danger sur votre santé ? Tentons d’y voir plus clair.

Jeûner c’est se priver de nourriture de manière volontaire, avec ou sans absorption de liquide. Cette pratique ancestrale, à vocation spirituelle ou thérapeutique, était déjà recommandée par Hippocrate dans la Grèce antique.

Aujourd’hui, le jeûne semble aussi devenir un phénomène de mode : prendre soin de soi, guérir, maigrir, se détoxifier , lutter contre l’abondance… diverses motivations incitent les personnes à tenter l’expérience. Les ressources sur le sujet abondent : livres, sites internet… Mais ces informations sont-elles fiables ? Comment s’y retrouver ?

Les différents types de jeûne

Ils se distinguent soit par le temps passé à jeûner (jeûne intermittent ou jeûne continu), soit par le type de privation (jeûne hydrique ou jeûne sec).

Le jeûne intermittent est celui qui est le plus à la mode. Appelé aussi « fasting », il consiste en des périodes courtes mais constantes de jeûne de 16h alternant avec des périodes d’alimentation normale sur une période de 8h (le jeûne 16/8). Ce laps de temps peut être modulé : 18 ou 24h. Il s’agit par exemple de ne pas prendre son petit-déjeuner ou de sauter le dîner.

Dans le jeûne hydrique, on ne consomme aucun aliment solide mais on boit beaucoup d’eau ou des tisanes, des jus de légumes ou de fruits. Il s’agit plutôt d’une diète car l’apport en calories est diminué, mais celui de nutriments tels que les vitamines et sels minéraux est encore présent.

Le jeûne sec, quant à lui, bannit tout type d’aliment sec ou liquide.

Que se passe-t-il dans notre corps lorsque nous jeûnons ?

En cas de jeûne continu, après les 36 premières heures de jeûne, les réserves de glucose (source d’énergie pour notre corps) contenues dans le foie et les muscles s’épuisent. Notre corps puise alors dans les graisses l’énergie dont il a besoin. Ces réserves d’acides gras seront alors transformées dans le foie en corps cétoniques.

Ces substances produites lors de la dégradation des graisses dans l'organisme sont normalement éliminées par les reins dans les urines. Mais s'ils sont produits en excès, ils peuvent devenir toxiques et être à l’origine de symptômes tels que maux de tête plus ou moins violents, nausées… on appelle cela aussi crise d’acidose. Enfin, lorsque le jeûne se prolonge au-delà de plusieurs jours, le métabolisme ralentit et c’est dans les muscles qu’il ira puiser sa source d’énergie. Le risque de perte de masse musculaire est alors bien présent.

Les bienfaits, les risques pour la santé

Beaucoup vantent les mérites du jeûne et ses bienfaits sur la santé : prolongation de la longévité et action sur les maladies liées au vieillissement, prévention de certaines maladies, perte de poids, renforcement du système immunitaire, amélioration des fonctions métaboliques (l’ensemble des réactions qui permettent le fonctionnement du corps)…

Mais les preuves scientifiques manquent encore cruellement.

Si le jeûne peut être considéré comme une pause « digestive » pour notre corps, tout dépend de la durée et de la manière de jeûner.

De manière générale, s’il n’est pas accompagné par un professionnel de la santé, les risques sur la santé existent bel et bien. Il peut provoquer des malaises, des étourdissements, des maux de tête violents. Au-delà d’un certain temps, il peut mener à des carences en fer (anémie), des inflammations, de la fonte musculaire, une déshydratation voire dans les cas les plus graves, des troubles du rythme cardiaque. Ces effets peuvent être plus ou moins graves en fonction de la personne et de son état de santé (âge, présence de maladie chronique, etc.).

Le jeûne sec peut s’avérer dangereux en fonction de sa durée car il y a un risque de déshydratation. Nous éliminons près de 2 litres d'eau chaque jour par la respiration, la transpiration, les urines. Cette perte doit être compensée car après 24 heures, le corps est déjà très déshydraté. Quand il fait chaud, cela va encore plus vite. Les troubles peuvent toucher la conscience et même mener au coma.

Le jeûne intermittent est le plus accessible mais seulement pour une personne en bonne santé.

Toute forme de jeûne est contre-indiquée chez certaines personnes : les femmes enceintes, les personnes âgées, les malades chroniques (diabète…).

Une chose est sûre, le jeûne n’est pas à prendre à la légère. Consultez votre médecin généraliste et n’oubliez pas qu’une alimentation variée et équilibrée reste la solution pour bien prendre soin de sa santé.