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Construction, rénovation, emménagement

Vous construisez une maison ? Vous rénovez un bâtiment ? Vous déménagez prochainement dans un nouvel appartement ? Alors ces informations vont vous être utiles car les pollutions se faufilent un peu partout et souvent discrètement au sein d’un logement. Apprenez à les reconnaître.

Matériaux de construction & travaux d’embellissement

Les composés organiques volatils (COV)

Les matériaux de construction comme le ciment, le plastique, les matériaux de couverture, les revêtements de sols, d'isolation, les colles et peintures, le contreplaqué ou encore les textiles libèrent des composés organiques volatils (COV). Ceux-ci regroupent en réalité tout un ensemble de substances polluantes qui ont comme particularité de s’évaporer rapidement à température ambiante. Très volatils, ces composés se déplacent plus ou moins loin de leur lieu d’émission. Un exemple connu est le formaldéhyde susceptible de s'échapper des panneaux de particules et autres dérivés du bois.

Quels sont les risques pour la santé ?

L'exposition aux composés organiques volatils pendant quelques heures ou quelques mois, selon le type de polluant, peut entraîner des problèmes respiratoires mais aussi maux de têtes, nausées, vertiges et fatigue.

En cas d'exposition régulière et prolongée, à des concentrations élevées de ces vapeurs, le cerveau risque d'encourir des dommages à long terme. Ces substances peuvent également causer le cancer du poumon, du nez ou de la gorge.

L’amiante

L’amiante est un matériau de construction issu de minéraux à texture fibreuse. Autrefois massivement utilisée pour ses nombreuses propriétés (isolante, résistante au feu et à la traction, faible coût…), elle a depuis la fin des années 70 été abandonnée puis interdite en raison de sa dangerosité pour la santé, qui ne se manifeste que 10 à 40 ans après l’inhalation des fibres. Certains matériaux de construction contiennent encore de l'amiante, dont des fibres peuvent se libérer lors de la dégradation.

Quels sont les risques pour la santé ?

Les fibres émises par l’amiante pénètrent dans les alvéoles pulmonaires lorsqu’on inspire, elles risquent de causer une réaction inflammatoire, qui risque à son tour d’empêcher un bon échange d'oxygène, avec à la clé essoufflement, douleur dans la poitrine et toux sèche. L'amiante peut, d'autre part, causer le cancer de la plèvre, la membrane qui entoure les poumons. Depuis 1998, les nouveaux matériaux de construction ne peuvent plus contenir d'amiante.

Comment construire ou rénover une ma maison sans mettre ma santé en péril ?

  • Aérez bien votre habitation si vous effectuez des travaux de transformation, de peintures ou lorsque vous installez des nouveaux meubles.
  • Ne détruisez jamais vous-même les matériaux d'amiante friables ayant été utilisés dans votre habitation, mais confiez-les à des professionnels. En cas de doutes sur l’origine d’un matériau, ce site vous aidera à reconnaitre l’amiante : https://www.solutionspourlamiante.be/. L’évacuation des déchets d’amiante varie selon que vous habitez la région wallonne ou bruxelloise, vous trouverez plus d’information à ce sujet via les pages suivantes : http://environnement.wallonie.be/publi/education/brochure_amiante.pdf pour la Wallonie et https://environnement.brussels/thematiques/batiment/la-gestion-de-mon-batiment/amiante/les-dechets-damiante si vous êtes domiciliés à Bruxelles.
  • Les matériaux contenant des fibres de verre synthétiques doivent, eux aussi, être gardés intacts. Si vous vous chargez malgré tout de leur élimination, portez un masque, des lunettes et des vêtements de protection.
  • Utilisez si possible des peintures naturelles (identifiables au label nature plus) ou des peintures non synthétiques à base de matières premières respectueuses de l'environnement. Elles causent beaucoup moins de nuisances olfactives. Les résidus sont biodégradables et répondent aux critères internationaux les plus sévères en matière d'environnement et de santé.

Humidité et moisissures

Infiltration d’eau du toit, de la cave ou d’une terrasse, activités quotidiennes et appareils électroniques qui génèrent de la condensation... ou simplement région humide, les sources d’humidité dans un logement sont nombreuses et les risques pour la santé aussi !

Quels sont les risques pour la santé ?

Une maison sans humidité n’existe pas ; en effet, beaucoup de nos activités quotidiennes en créent : cuisiner, se doucher et même respirer ! Le taux idéal d’humidité va varier avec les saisons, il sera entre 30 et 80% pendant l’été et plutôt entre 30 et 55% l’hiver. Mal maitrisée, cette humidité va favoriser le développement de moisissures. On peut reconnaître la moisissure aux tâches qui se créent mais aussi à l’odeur ambiante (plutôt une odeur de terre) et la présence de gondolements ou écaillements des murs et plafonds.

La moisissure peut créer des allergies se manifestant par de la toux, de l’asthme, des essoufflements, des démangeaisons au niveau des yeux et/ou du nez avec un écoulement… Certaines espèces de moisissures peuvent même être très dangereuses, en particulier pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Enfin, sachez qu’un environnement trop humide est fortement apprécié par les acariens qui s’y reproduisent bien.

Comment éviter un excès d’humidité dans la maison ?

  • Chauffez suffisamment votre lieu de vie.
  • Surveillez et évitez autant que possible les dégâts des eaux. Les réparer au plus vite si vous en rencontrez un.
  • Activez la hotte quand vous faites bouillir de l’eau et placez un couvercle sur la casserole.
  • Actives les aérateurs pendant la douche.
  • Aérez chaque jour toute la maison, et encore plus après avoir une douche ou un bain, ou quand vous faites sécher du linge.
  • Mettez vos déchets organiques à l'extérieur et éliminez très régulièrement tous les déchets alimentaires de la cuisine.

Si des moisissures sont déjà présentes dans votre habitation, quelques conseils :

  • Éliminez les moisissures à l'aide d'un nettoyant universel. Rincez la surface traitée à l'eau. En cas de moisissures persistantes, vous pouvez désinfecter avec une solution chlorée (diluée à 1/10) comme l'eau de Javel ; n'utilisez pas d'ammoniac. N'exagérez cependant pas avec l'eau de Javel car elle est également polluante ! Faites preuve de prudence car il s'agit d'un produit dangereux pour les voies respiratoires, les yeux et les vêtements. Diluez l’eau de javel dans de l’eau froide plutôt que de l’eau chaude. Cette dernière favorise en effet le développement de vapeurs potentiellement toxiques. Faites ensuite bien sécher la surface.
  • Seules les personnes en bonne santé peuvent éliminer les moisissures. Les personnes souffrant de problèmes respiratoires et les femmes enceintes ne peuvent pas le faire pour des raisons de santé. En cas de doute, consultez votre médecin.
  • Ne placez pas d’objets devant les endroits humides pour essayer de dissimuler des taches éventuelles. Si vous souhaitez placer un meuble à cet endroit, il faut l’éloigner du mur pour permettre à l’air de circuler et de réchauffer les surfaces. Placez-le de préférence à une dizaine de centimètres du mur.
  • S’il s’agit d’un problème localisé, vous pouvez temporairement utiliser un absorbeur d’humidité ou un déshumidificateur. Quelque soit le modèle choisi, veillez à bien suivre les précautions d’utilisation et à vider le réservoir régulièrement.
  • Enfin, sachez qu’un problème de moisissures est souvent lié à un problème structurel de l'habitation. Consultez dans ce cas un architecte, un entrepreneur ou un spécialiste. L'augmentation de l'humidité au sol, les ponts thermiques ( qui sont « des points de la construction où la barrière isolante est rompue pour des raisons de mise en œuvre défectueuse ou de manque de rigueur dans la conception de l’ouvrage ») ou la pénétration de l'humidité sont les principaux coupables.

Implantation de votre domicile et radon

Le terrain sur lequel l’habitation est construite peut être la source d’émissions de radon. Inodore et incolore, le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle. Il est le résultat de la décomposition de l’uranium, qui est présent, en quantité variable, dans les sols et roches de nos contrées. Il est en effet plus présent en Wallonie, à cause du sous-sol pierreux, qu’en Flandre, où une quantité trop élevée de radon à l'intérieur des habitations est plutôt rare.

Si le radon se dissipe rapidement à l’air libre, et ne représente dès lors aucun danger, il peut pénétrer dans le bâtiment par le sol. On pourra alors enregistrer à l'intérieur de fortes concentrations qui sont, elles, nocives.

Quels sont les risques pour la santé ?

Les particules de radon présentes en concentrations élevées à l'intérieur sont inspirées et aggravent le risque de développer un cancer du poumon. Ce risque augmente encore si vous fumez car les effets nocifs du tabac et du radon se renforcent.

En Belgique, le radon est la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs, et la deuxième chez les fumeurs.

Que faire ?

  • En zone à risque, contrôlez l'air intérieur pour détecter la présence éventuelle de radon. Pour  l’évaluer correctement, il est recommandé de tester votre habitation pendant trois mois au moins, à la saison froide (octobre-avril).
  • Demandez l'avis d'un professionnel en cas de présence excessive de radon.
  • Cessez de fumer à l'intérieur.