Jeunes

S'occuper d'un mineur étranger non accompagné (Mena)

L'accueil et l'accompagnement des mineurs étrangers non accompagnés repose sur la collaboration de nombreux acteurs. Parmi eux : les tuteurs, familles d'accueil et parrains. 

Publié le: 10 septembre 2026

Mis à jour le: 30 septembre 2026

Par: Florence Nickell, asbl Droits Quotidiens

3 min

une jeune fille d'origine africaine assise pensive dans un bureau

Photo: © AdobeStock//Les jeunes arrivés seuls en Belgique ont fuit la guerre, une persécution, la misère, des violences intrafamiliales ou des situations d'exploitation économique ou sexuelle.

Chaque année, entre 2.000 et 3.000 enfants et jeunes de moins de 18 ans arrivent sans leurs parents ou représentants légaux en Belgique. Originaires d’Afghanistan, de Guinée, du Maroc, de la RDC ou d'ailleurs, ces "mineurs étrangers non accompagnés" (Mena) ont quitté leur foyer et leur pays pour fuir la guerre, une persécution, la misère, des violences intrafamiliales ou des situations d'exploitation économique ou sexuelle.

Identifier le Mena 

Pour être pris en charge, le Mena doit avoir été signalé au service des Tutelles du SPF Justice par une autorité (police, commune, CPAS…), un avocat ou un particulier. Le service des Tutelles vérifie son identité, son âge et lui désigne un tuteur. Si le Mena a introduit une demande de protection internationale comme demandeur d’asile, c'est le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) qui évalue son âge. En cas de doute à ce propos, le service des Tutelles (ou le CGRA, pour les Mena demandeurs d'asile) peut réaliser un examen médical (triple test osseux).

Un tuteur pour le représenter

La mission principale du tuteur est d’accompagner le mineur dans toutes les démarches administratives et judiciaires qu’il ne peut pas accomplir seul. Le tuteur doit être présent lors des auditions organisées par le service des Tutelles, le CGRA, l'Office des étrangers… Il doit également gérer ses biens et veiller à ce qu'il ait un avocat, soit hébergé et scolarisé, reçoive un soutien psychologique et des soins médicaux.

Pour devenir tuteur, il faut envoyer sa candidature au service des Tutelles, accompagnée d’une lettre de motivation, d’un CV, d’un extrait de casier judiciaire et de tout document attestant des compétences relatives à la problématique (droit des étrangers, droit de la jeunesse, psychologie…). Une fois agréé, le tuteur est tenu de suivre des formations. 

Pour réaliser sa mission, le tuteur est indemnisé à hauteur de 795,03 euros par an (par Mena) et remboursé de certains frais (déplacements, envoi de courrier recommandé…). 

Une famille d’accueil pour l’héberger 

En principe, l‘enfant ou l’adolescent est hébergé dans un centre d’accueil. Selon les problématiques qu’il rencontre, l'hébergement dans une famille d’accueil - spécifiquement formée à l’accueil des Mena - peut être envisagé. En Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), c’est l’asbl Mentor Jeunes qui assure la mise en lien avec les familles d’accueil et l'accompagnement.

Toute personne intéressée (seule, en couple, avec ou sans enfant…) peut se proposer comme famille d’accueil. Après une séance d'information, des entretiens sont organisés pour mesurer la motivation des candidats et coconstruire le projet d’accueil. La durée du placement - se terminant aux 18 ans du jeune - est généralement de 2 à 3 ans. 

Un parrain ou une marraine pour le soutenir

Le rôle du parrain ou de la marraine est d'apporter un soutien affectif au Mena. À travers des moments partagés, il l'aide à sortir de l'isolement, à découvrir la société belge et à développer son réseau de confiance, sans toutefois l'héberger.

Toute personne peut se porter candidate au parrainage. Chaque projet est préparé et accompagné par une association spécialisée. En FWB, ce dispositif est organisé par Mentor Jeunes à Bruxelles, Mentor-Escale à Namur et Live in Color à Liège.