Emploi

Déplacements de travail : que doit rembourser l’employeur ?

C'est la rentrée, les routes et les trains se remplissent de voyageurs reprenant le chemin du travail. Mais qui doit payer pour ces trajets ? Tout dépend du moyen de transport.

Publié le: 30 juillet 2026

Mis à jour le: 24 août 2026

Par: Florence Cols, asbl Droits quotidiens

4 min

Un monsieur au volant de sa voiture

Photo: © AdobeStock//L’employeur n'est pas obligé de rembourser les frais du travailleur qui se rend sur son lieu de travail avec son propre véhicule. Sauf si une convention collective de travail l'y contraint.

Il existe des règles de remboursement minimales pour tous les salariés occupés en Belgique. Certains secteurs d’activité et certaines entreprises peuvent prévoir des conditions plus avantageuses via leurs conventions collectives de travail (CCT). Voici le minimum auquel un salarié a droit. 

En transports en commun

L’employeur est obligé de rembourser les déplacements domicile-travail en transport en commun. Peu importe la distance. Mais il ne doit pas nécessairement rembourser la totalité.

• Le travailleur vient en train

Deux possibilités : 
- L'employeur conclut une convention de tiers payant avec la SNCB. Il doit alors payer au moins 80 % du prix de l’abonnement. L’État finance le reste. Le travailleur ne doit rien payer.
- L'employeur rembourse une partie de l’abonnement sous la forme d’un montant forfaitaire, en fonction du nombre de kilomètres parcourus.

L’intervention de l’employeur est la même si le travailleur a un abonnement combiné SNCB + TEC ou SNCB + STIB ou SNCB + De Lijn.

• Le travailleur vient en bus, tram ou métro

L'employeur doit rembourser 71,80 % du prix du ticket ou de l’abonnement, avec un maximum de 45 € par mois. Il peut rembourser plus, mais doit alors payer des cotisations ONSS et des impôts sur le supplément. Donc en pratique, ce plafond n’est pas dépassé.
Si le travailleur combine plusieurs transports en commun et doit acheter des tickets séparément, on calcule l’intervention de l’employeur séparément pour chaque titre de transport, puis on additionne le tout.
Si le travailleur prend un abonnement unique (exemple SNCB + STIB) : alors on applique les mêmes règles que pour le train.

À vélo

L'employeur doit payer une indemnité vélo de 0,30 €/km (montant indexé au 1er janvier 2026) au travailleur qui vient régulièrement au travail à vélo (classique ou électrique). Le montant peut être plus élevé si une CCT sectorielle ou d'entreprise le prévoit pour encourager la mobilité douce. Ce mode de déplacement est très avantageux financièrement. Il permet de recevoir jusqu'à 3.690 € d'indemnités par an (max. 0,37 €/km), exonérés d'impôt ! 
Il n’y a pas de règle pour les déplacements en trottinette, ni pour les déplacements à pied. L’employeur peut les rembourser, mais il n’a pas d’avantage pour les cotisations sociales ni pour les impôts. Ces montants sont taxés comme une rémunération.

En voiture

L’employeur n’est pas obligé de rembourser les frais de déplacement du travailleur qui se déplace de son domicile à son lieu de travail avec son propre véhicule (contrairement à celui qui vient en transport public ou à vélo), sauf si une CCT sectorielle l'y oblige. L'employeur peut aussi décider d'intervenir via une convention d'entreprise, le contrat de travail ou le règlement de travail. 

Si le travailleur a une voiture de société, c’est le contrat de travail ou la "car policy" annexée au règlement de travail qui définit les règles.

Et si le travailleur fait du télétravail ?

En cas de télétravail, l’employeur peut demander au travailleur d’adapter son abonnement de transports en commun au nombre de jours où il vient sur le lieu du travail. Il existe des formules flexibles, comme l’abonnement mi-temps pour le train, la carte multivoyages pour le bus TEC, ou le Brupass 10 voyages pour la STIB.