Contraception après l'accouchement : comment choisir ?
Après la naissance, le retour à la sexualité soulève une question essentielle : comment éviter une grossesse trop rapprochée ? Découvrez les méthodes contraceptives adaptées au post-partum, avec ou sans allaitement.
- Une grossesse peut survenir rapidement après un accouchement, même sans retour de règles.
- Plusieurs options compatibles avec la lactation existent (pilule progestative, implant, stérilet…).
- Le choix se fait selon les besoins, l’état de santé et le projet familial.
Pourquoi penser à la contraception après la naissance ?
L’objectif est d’anticiper le retour de fertilité : il peut survenir dès 21 jours à 25 jours après la naissance. Une ovulation peut même précéder les premières règles (communément appelée "retour de couches ") !
Une contraception postnatale va permettre d’empêcher la survenue d’une nouvelle grossesse soit en agissant sur les hormones, soit en barrant l'accès des spermatozoïdes vers l’utérus (préservatif, diaphragme,…).
En principe, avant même la sortie de maternité, le gynécologue prescrit à la maman une pilule contraceptive à base de progestérone en attendant de planifier une contraception durable.
La contraception : une question de santé et de liberté
Plusieurs raisons rendent indispensables un accompagnement et un accès rapide à la contraception pour tous les jeunes parents lorsqu’ils et elles reprennent une activité sexuelle :
- choisir librement quand et comment envisager une prochaine grossesse, et prévenir ainsi une grossesse non désirée ;
- optimiser l'espacement entre deux grossesses diminue certains risques : prématurité, fatigue, carences… ;
- créer un lien avec le bébé : la dyade mère-enfant qui évolue en triade (parents-enfant);
- améliorer la santé maternelle et infantile.
Reprendre une activité sexuelle après l'accouchement
"De façon générale, les rapports sexuels avec pénétration vaginale sont déconseillés pendant au moins les 4 à 6 semaines qui suivent l’accouchement en particulier en cas de césarienne, d’épisiotomie ou de complications", rappellent les conseillers gynécologues et sage-femmes de l’Office de la Naissance et de l’Enfance.
Attendre au moins un mois : pourquoi ?
Attendre au moins un mois avant de reprendre une activité sexuelle est recommandé pour réduire le risque d’infection pendant la cicatrisation du col, de l’utérus et, le cas échéant, du périnée, et pour préserver les sutures éventuelles.
La contraception en post-partum
Certaines femmes reprennent le mode de contraception qu’elles avaient avant la grossesse ; d’autres en profitent pour envisager un autre type de contraception. C’est un sujet dont la future maman et le couple peut discuter avec la sage-femme, le gynécologue ou le généraliste.
Au cours de ces échanges, l’information, le conseil, le soutien et la prise en compte des potentiels obstacles seront essentiels pour éclairer la décision de la jeune maman, du couple et leurs choix tout au long du post-partum.
Les moyens de contraception recommandés après l'accouchement
- Progestatifs seuls (minipilule, implant, stérilet hormonal, injection)
Ils peuvent être débutés dès 3 semaines après l’accouchement, et ont l’avantage de ne pas altérer la lactation chez la femme qui choisit d’allaiter.
- Méthodes barrières
Les préservatifs masculin et féminins sont utilisables immédiatement, ils sont compatibles avec l’allaitement et protègent aussi des infections sexuellement transmissibles (IST).
- Stérilet
Le stériel ou dispositif intra-utérin (DIU) peut être posé dès 6 semaines après accouchement, ou plus tard selon le type d’accouchement. Il offre une contraception de longue durée (3 à 5 ans), réversible et sans hormone.
Comment choisir son contraceptif ?
L’idéal est d’en discuter en prénatal, avant la sortie de la maternité ou lors de la visite postnatale avec la sage-femme ou le médecin. Ce rendez-vous permet d’évaluer le retour du cycle, la cicatrisation, l’allaitement et le confort personnel.
Le choix va dépendre :
- de l’envie ou de la possibilité d’allaiter ou non de la jeune maman,
- du délai entre l’accouchement et la reprise d’une activité sexuelle au sein du couple,
- des antécédents médicaux de la jeune maman,
- de ses préférences personnelles et/ou de celles du couple,
- de leurs habitudes de vie.
Lier allaitement et contraception avec prudence
L’allaitement va influencer le choix de la méthode contraceptive, car les contraceptifs combinés (pilule oestro-progestative, patch, anneau vaginal) sont généralement déconseillés à la femme allaitante pendant les 6 premiers mois de l’enfant car ils peuvent réduire la production de lait, surtout en début d’allaitement.
Les méthodes naturelles : efficacité et limites
Les méthodes naturelles ou aménorrhée de lactation (MAMA) sont "à considérer avec prudence, car leur efficacité dépend de conditions strictes" rappelle l’ONE. Elles peuvent offrir une protection transitoire, temporaire et partielle, si et seulement si :
- L’allaitement est exclusif : tétées fréquentes le jour (minimum toutes les 4h) et la nuit (toutes les 6h),
- Aménorrhée (aucun retour de règles),
- Le bébé a moins de 6 mois.
Dans ces conditions strictes, l’efficacité est élevée (à près de 98 % en bon usage), mais chute dès qu’un critère n’est plus rempli. En effet, la fiabilité de cette méthode diminue dès que le rythme des tétées change, qu’un complément alimentaire est introduit ou que le bébé grandit. C’est pourquoi, "même en cas d’allaitement exclusif ", l’ONE recommande "de discuter et choisir une contraception adaptée, car l’efficacité de la méthode d’aménorrhée de lactation dépend de conditions strictes et n’est valable que jusqu’aux 6 mois du bébé".
A noter : l’allaitement peut provoquer des sécheresses vaginales, une sensibilité accrue des mamelons, des fuites de lait.
Et si je n’allaite pas ?
Sans allaitement, le retour de la fertilité est plus rapide. Toutes les méthodes contraceptives deviennent alors envisageables, selon les antécédents médicaux et les préférences personnelles.
La contraception d’urgence
Elle reste possible après un accouchement et pendant l’allaitement :
- Pilule d’urgence au lévonorgestrel : compatible avec l’allaitement (pas besoin d’interrompre les tétées).
- Pilule au ulipristal acétate : non recommandée si vous allaitez.
- Pose d’un stérilet au cuivre dans les 5 jours suivant un rapport à risque : méthode la plus efficace, également compatible avec l’allaitement.