Activités physiques

Check-up : la bière après l'effort est-elle vraiment bénéfique ?

La bière est parfois vantée pour ses bienfaits nutritionnels après l’effort. Mais même sans alcool, ce n’est pas une boisson miracle. Au contraire.

Publié le: 26 août 2025

Mis à jour le: 26 août 2025

Par: Florence Marot

3 min

des amis boivent une bière

Photo : (c)AdobeStock // La bière, un coup de pouce pour la récupération ?

Après un match de foot, de hockey ou une sortie cycliste, qui résiste à une bière fraîche ? Pour beaucoup, c'est un rituel social. Certains y voient même un coup de pouce pour la récupération, à condition de rester modéré. Pourtant, cette croyance populaire est largement exagérée. "
S’il est vrai que la bière contient quelques atouts nutritionnels – comme des polyphénols, des vitamines B, des glucides, du potassium et du magnésium notamment – ces apports, utiles à la récupération, restent bien trop faibles pour avoir un effet bénéfique réel"souligne Serge Pieters, diététicien spécialisé en nutrition sportive et professeur à la Haute École Léonard de Vinci.  

Des effets néfastes dès deux verres

Malgré son image conviviale, la bière est même déconseillée après le sport, principalement en raison de l’alcool. Puissant diurétique, il accentue la déshydratation. "On transpire beaucoup pendant le sport et cette perte hydrique doit absolument être compensée par de l’eau, rappelle le diététicien. On estime qu’il faut boire environ 1,5 litre pour 1 kg perdu après l’effort.
Plusieurs études – menées majoritairement chez des hommes – indiquent également que "deux verres d’alcool suffisent à perturber la reconstitution des réserves de glycogène après l'activité physique. Conséquence : le lendemain on a l’impression de ne plus avoir d’énergie"ajoute-t-il. Chez les femmes, il convient de diminuer encore cette quantité, puisque leur capacité à dégrader l’alcool est plus faible. 
Autre effet délétère : l’alcool nuit à la récupération musculaire. Il freine les mécanismes de réparation des fibres lésées par l’effort et perturbe le sommeil, essentiel pour une bonne récupération. 

Gare aux promesses marketing

En plein essor, les bières sans alcool constituent-elles une alternative crédible ? Plusieurs grandes marques cherchent en tout cas à les positionner comme telles sur le marché, en proposant des versions enrichies en vitamines ou protéines. 
Serge Pieters met en garde : "Les bières sans alcool sont certes une meilleure alternative, mais elles ne sont pas des boissons de récupération." Leur composition varie fortement, et certaines contiennent encore beaucoup de sucre et d’additifs. 
Pour aider notre corps à se régénérer après un effort, le diététicien recommande des boissons qui apportent à la fois de l’eau, des glucides, des protéines et des électrolytes (sodium, potassium, magnésium et calcium). Par exemple : du lait chocolaté à la banane que l’on peut préparer chez soi avec du lait entier (400 ml), du cacao en poudre (1 cs), le moins sucré possible, miel liquide (1 cs), 1 banane ou quelques fruits rouges, plus éventuellement du Skyr ou du fromage blanc (100 gr) pour augmenter l’apport en protéines. Et si l’envie d’une bière est trop forte, "mieux vaut se réhydrater d’abord avec de l’eau et alterner les boissons, afin de ne pas compromettre la récupération", conclut-il.