Des suppléments d'honoraires subsistent en imagerie médicale
L'interdiction légale de facturer des suppléments d'honoraires pour les IRM et les scanners réalisés en semaine et en journée a porté ses fruits. En revanche, les suppléments facturés pour la radiologie (hors IRM et scanner) en ambulatoire ont fortement augmenté.
Publié le: 27 mars 2026
Par: JD
3 min
Photo: ©Adobestock//En Flandre, c’est près de 1 examen d'IRM sur 3 qui fait l’objet de suppléments d’honoraires, alors qu’en Wallonie, c’est moins de 1 examen sur 100.
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) et le scanner CT (CT-scan) sont deux techniques radiologiques exploratoires qui, étant donné l’équipement nécessaire, ne peuvent être effectuées qu’à l’hôpital. L'IRM utilise un champ magnétique et des ondes radio pour voir le cerveau. Le scanner CT, lui, utilise des rayons X pour voir le corps. Il s’agit d’examens coûteux, dont la majeure partie est financée par l’assurance obligatoire.
En soins ambulatoires, aucun supplément d’honoraires ne peut être facturé si le prestataire est conventionné. En revanche, si le radiologue n’est pas conventionné et facture des suppléments d’honoraires en plus des tarifs officiels, cela augmente alors la facture du patient.
Pour garantir l’accessibilité financière à ces examens, depuis décembre 2023, la loi interdit aux médecins non conventionnés de facturer des suppléments d’honoraires pour ces examens réalisés en semaine, entre 8h et 18h. La facturation reste autorisée en soirée et le weekend, à condition que le patient en fasse expressément la demande et qu’il ne s’agisse pas d’une situation d’urgence médicale.
Un résultat en demi-teinte
Cette interdiction légale a porté ses fruits, se réjouit l'Agence intermutualiste, en commentant le récent rapport qu'elle a consacré aux suppléments d’honoraires liés à l’imagerie médicale ambulatoire dans les hôpitaux.
En 2024, les pourcentages d'examens ayant donné lieu à des suppléments d'honoraires ont fortement diminué par rapport à 2021 (de 21 à 2 % pour les scanners et de 44 à 22 % pour les IRM). Le montant total des suppléments facturés aux patients est aussi en forte baisse. Il a diminué de 25 % (de 16 à 12 millions d’euros) pour les IRM et même de 87 % pour les scanners CT (de 8 à 1 million d’euros).
Mauvaise nouvelle en revanche : les suppléments d’honoraires facturés pour d’autres types d’imagerie médicale ambulatoire ont fortement augmenté, passant de 8 millions d’euros en 2021 à près de 20 millions d’euros en 2024. Pour cette raison, le montant total des suppléments d’honoraires facturés n’a pas diminué.
La Wallonie mieux lotie
Derrière ces chiffres se cachent de grandes différences entre les hôpitaux mais aussi entre les Régions.
Dans plus de la moitié des hôpitaux, aucun supplément d’honoraires n’est facturé pour les IRM et les scanners CT. À l’inverse, plus de 50 % de tous les suppléments d’honoraires pour ces examens sont facturés par 10 hôpitaux. En général, il s’agit des mêmes hôpitaux où des suppléments sont également facturés pour d’autres techniques d’imagerie.
Dans un hôpital sur six, tous les radiologues sont entièrement conventionnés, ce qui garantit la sécurité tarifaire au patient pour ces examens. Seuls ces hôpitaux garantissent une sécurité tarifaire au patient pour ces examens. Inversement, dans plus d’un hôpital sur quatre, aucun radiologue n’est conventionné et il n'y a donc de sécurité tarifaire pour les examens réalisés entre 18h et 8h, le week-end ou les jours fériés. La majorité de ces hôpitaux se trouvent en Flandre et à Bruxelles. En Flandre, c’est près de 1 examen d'IRM sur 3 qui fait l’objet de suppléments d’honoraires, alors qu’en Wallonie, c’est moins de 1 examen sur 100.