Médecine

Appendicite : traiter rapidement et de manière adaptée

 Causes, symptômes, traitements : on fait le point sur l’appendicite et les idées reçues qui l’entourent. 

Publié le: 27 août 2026

Mis à jour le: 01 septembre 2026

Par: Florence Marot

3 min

une femme tient le bas de ventre de douleur

Photo : ©AdobeStock

Une douleur vive autour du nombril qui migre vers le bas à droite du ventre : c’est souvent le signe d’une inflammation de l’appendice. Mais les symptômes ne sont pas toujours si évidents. À quoi sert ce petit organe qui peut causer bien des soucis ? Pourquoi s’enflamme-t-il ? Peut-on éviter l’opération ? Réponses avec Julien Lemaire, chirurgien digestif au CHU UCL Namur. 

Un rôle dans l'immunité

L’appendice mesure à peine quelques centimètres. Il est situé au niveau de la jonction entre l’intestin grêle et le côlon. "C’est un organe lymphoïde (NDLR: chargé de produire et d’activer les globules blancs responsables de la défense de l’organisme). Il a longtemps été considéré comme un vestige de l’évolution sans véritable rôle chez les humains. Cependant, les recherches ont montré qu’il a une fonction immunologique : il abriterait un réservoir de bonnes bactéries qui contribuent au microbiote intestinal et à sa reconstitution, notamment après une gastro-entérite ou un traitement antibiotique",  explique le Dr Lemaire. 

Toutefois, on ablation pose peu de problème. "Il existe d’autres organes lymphoïdes dans le système digestif. Son rôle est donc considéré comme marginal. Les personnes à qui l'on retire l'appendice vivent tout à fait normalement", rappelle-t-il. 

Quelles sont les causes de l'appendicite ?

Lorsque l’appendice se bouche, il peut s’enflammer et entraîner une prolifération de bactéries : c’est l’appendicite. Contrairement à une idée répandue, les pépins, les ongles, les chewing-gums ou d’autres aliments avalés par inadvertance n’y sont pour rien. "La plupart du temps, l'inflammation est liée à une obstruction de l'appendice par un amas de matières fécales durcies, qu’on appelle stercolithe, ou par un gonflement du tissu lymphoïde lors d’une infection virale", souligne le chirurgien.  

Chez les jeunes enfants, les oxyures (petits vers intestinaux) peuvent aussi jouer un rôle. "Mais ce n’est pas parce qu’on est porteur d’oxyures qu’on va nécessairement développer une appendicite", précise-t-il.  

L’appendicite touche surtout les adolescents et les jeunes adultes, avec un pic entre 10 et 30 ans. À cet âge, le système immunitaire est très actif. "Les tissus lymphoïdes qui participent aux défenses de l’organisme peuvent gonfler en réaction à une infection virale, boucher l’appendice et déclencher une inflammation. Avec les années, ces tissus régressent progressivement, ce qui rend les appendicites moins fréquentes même si elles peuvent survenir à tout âge", ajoute le Dr Lemaire. 

Peut-on éviter l’opération ? 

En cas de crise, le symptôme le plus connu est une douleur autour du nombril qui s’intensifie et se déplace en bas à droite de l'abdomen. Cette présentation n'est cependant pas systématique. "La douleur dépend de la position de l'appendice. Parfois, elle peut être plus centrale, se situer derrière le côlon ou être beaucoup plus discrète et indolente, notamment chez les personnes plus âgées", nuance le chirurgien. 

Si la douleur persiste et s’accompagne d’un inconfort digestif, d’une fièvre modérée (ou pas), de nausées ou de vomissements, il ne faut pas attendre. "Il est impératif de consulter pour éviter des complications comme une perforation ou une péritonite, qui peuvent survenir au-delà de 24h", avertit-il. 

Une fois le diagnostic posé, l’ablation en urgence reste le traitement de référence. "Des études ont montré qu’une appendicite non compliquée peut être traitée par des antibiotiques. Cela étant, entre 25 et 45 % des patients vont récidiver dans les 5 ans et finir par être opérés", conclut le chirurgien.