8 conseils pour accompagner son enfant face aux écrans

TV, tablette, smartphone, ordinateur ou console de jeux vidéos… les écrans font partie de notre vie. Et chez vous, comment se passe la cohabitation enfants-écrans ? Découvrez des infos, trucs et astuces à mettre en pratique au quotidien !

La place des écrans dans la famille : 8 repères pour trouver l'équilibre

Télévision, tablette, smartphone, ordinateur, console… les écrans font partie du quotidien des familles. Ils peuvent divertir, soutenir certains apprentissages, créer du lien ou faciliter certaines démarches. 

Mais lorsqu’ils prennent trop de place, sont utilisés à des moments peu adaptés ou donnent accès à des contenus qui ne correspondent pas à l’âge de l’enfant, ils peuvent alors devenir problématiques. 

L’enjeu n’est donc pas seulement de limiter le temps d’écran. Il s’agit surtout d’accompagner progressivement l’enfant vers des usages adaptés à son âge, à ses besoins et à son développement. Voici huit repères pour avancer pas à pas, sans culpabiliser.

Comment adapter les écrans à l'âge de son enfant ?

Au cours de ses premières années, l’enfant découvre le monde grâce à son corps, à ses cinq sens et à ses interactions avec les autres. Il a besoin de bouger, de manipuler des objets, de jouer, d’explorer et d’échanger avec les enfants et les adultes qui l’entourent. Chez les plus jeunes, les écrans peuvent rapidement prendre la place de ces expériences essentielles. 

Pour accompagner progressivement les usages, vous pouvez notamment vous appuyer sur les balises 3-6-9-12+ proposées par Serge Tisseron. Elles donnent des points de repère en fonction des grandes étapes du développement de l’enfant. 

En savoir plus sur les balises 3-6-9-12+

    Un programme présenté comme éducatif ne remplace pas le jeu, les échanges avec un adulte ou l’exploration du monde réel. Ces programmes ne sont pas sans conséquence car en étant parfois trop rapides, ils rendent les enfants passifs et peuvent occasionner des retards dans les apprentissages. 

    Si un jeune enfant regarde occasionnellement un contenu, la présence d’un adulte fait toute la différence : elle permet de commenter ce qui se passe, de répondre aux questions et de faire le lien avec la vie quotidienne. 

    Même s’il ne la regarde pas directement, l’enfant reste sensible aux images et aux sons qui l’entourent. Une télévision allumée en permanence détourne son attention de son jeu, de son livre ou de la conversation en cours. 

    Lorsque personne ne la regarde, mieux vaut donc l’éteindre. L’environnement devient plus calme et l’enfant peut passer plus facilement à une autre activité. 

    Comment trouver un équilibre entre écrans et temps de jeu

    "Je m’ennuie… Je peux prendre la tablette ?" 
    "Je ne sais pas quoi faire…" 

    Faire semblant, construire, explorer, imiter, inventer des histoires… Le jeu est essentiel au développement de l’enfant, à ses apprentissages et à son bien-être. 

      Pendant le jeu, l’enfant peut raconter ce qu’il a vécu, mettre des mots sur ce qu’il ressent ou aborder un sujet dont il parlerait moins facilement dans une conversation classique.

      Jouer ensemble offre également une belle occasion de renforcer le lien. Pas besoin pour autant d’être disponible à chaque instant ni d’adorer tous les jeux ! Quelques minutes de présence attentive peuvent déjà compter. L’enfant doit aussi pouvoir jouer seul, inventer et chercher progressivement comment s’occuper. 

      En jouant, il apprend notamment à : imaginer et créer, attendre son tour, respecter des règles, coopérer avec les autres, exprimer ses émotions, gérer une frustration, chercher une solution face à un problème... 

      Ces compétences l’aideront dans de nombreuses situations de la vie quotidienne, y compris plus tard dans ses usages numériques. 

      Quelles règles fixer pour gérer les écrans à la maison ?

      Établir des règles peut sembler relativement simple. Les mettre en pratique au quotidien, c’est parfois une autre histoire… 

      "Je veux manger devant la télévision !" 
      "Mon copain, lui, il a le droit de regarder un film le soir." 

      Pas de panique : il n’existe pas un cadre parfait qui serait identique pour toutes les familles. L’objectif est de définir quelques repères simples et compréhensibles, puis de les ajuster à mesure que l’enfant grandit. Un cadre bien compris est généralement plus facile à respecter qu’une règle qui semble tomber du ciel.

        1. Quand ? 
          À quels moments les écrans sont-ils autorisés ou évités ? 
        2. Où ? 
          Quels espaces restent sans écran ? 
        3. Quoi ? 
          Quels contenus et activités correspondent à l’âge de l’enfant ? Intéressez-vous aux programmes, jeux, vidéos et applications qu’il utilise. Les classifications par âge peuvent vous guider. 
        4. Combien ? 
          Quelle durée convient aujourd’hui ? Comment rendre le temps visible et accompagner les pauses ? Au-delà d’un chiffre précis, observez la place que les écrans occupent dans l’ensemble de la journée. L’enfant a-t-il encore suffisamment de temps pour dormir, bouger, jouer, apprendre, voir ses amis et passer du temps en famille ? 

        Commencez par comprendre ce qui s’est passé : 

        • La règle était-elle suffisamment claire ? 
        • Était-elle adaptée à l’âge de l’enfant ? 

        Faite ensuite un rappel de la règle et une explication plus précise de ce qui n’a pas été respecté par l’enfant. 

        Privilégiez une conséquence en lien avec la situation et évitez de faire systématiquement de la privation d’écran une punition pour n’importe quel comportement. Cela donne encore plus de valeur aux écrans et n’aide pas l’enfant à apprendre à gérer progressivement ses usages.

        Mon enfant refuse d'arrêter les écrans : que faire ?

        "Encore cinq minutes !" 
        "Je ne peux pas arrêter maintenant, ma partie n’est pas finie !" 

        Arrêter une activité plaisante peut être difficile, même pour un adulte. Pour un enfant absorbé par une histoire ou une partie, l’interruption peut être particulièrement frustrante. La capacité à gérer seul son temps et à s’arrêter se construit progressivement. Elle dépend de l’âge, de la maturité, de l’activité et du contexte. L’enfant a donc encore souvent besoin de l’aide d’un adulte. 

          • Convenir de la durée avant de commencer ; 
          • Utiliser un minuteur pour rendre le temps visible ; 
          • Prévenir l’enfant quelques minutes avant la fin ; 
          • Stopper juste après un moment ou une scène importante ; 
          • Reconnaître sa frustration ; 
          • Proposer une activité de transition. 

          Vous pouvez par exemple dire : "Je sais que tu aimerais continuer. Il reste cinq minutes, puis on arrête comme prévu. Ensuite, tu pourras choisir entre…" 

          Accompagner l’arrêt ne signifie pas céder. Il s’agit d’aider l’enfant à traverser sa frustration et à passer progressivement à autre chose. 

          Pourquoi faut-il s'intéresser aux contenus, pas seulement au temps d'écran ?

          Tous les temps d’écran ne se ressemblent pas. Regarder automatiquement une succession de vidéos, créer un dessin, appeler un proche, chercher une information ou jouer avec un parent ne mobilise pas l’enfant de la même manière. 

          Posez-lui régulièrement des questions simples : 

          • Qu’est-ce que tu aimes regarder ou faire ? 
          • Qu’est-ce qui te plaît dans ce jeu ? 
          • Avec qui joues-tu ? 
          • Y a-t-il quelque chose que tu n’as pas compris ? 
          • Un contenu t’a-t-il déjà fait peur ou mis mal à l’aise ? 

          Ces conversations permettent de mieux connaître sa vie numérique et de créer un climat dans lequel il pourra demander de l’aide en cas de besoin. 

            Il peut arriver qu’un enfant tombe sur une image, une vidéo ou une scène qui le choque, lui fait peur ou l’interroge. Même si ce contenu semble banal à un adulte, l’enfant ne dispose pas toujours des mêmes repères pour le comprendre. 

            Chez les jeunes enfants, la différence entre fiction et réalité se construit progressivement. Leur imagination peut aussi prolonger ou transformer ce qu’ils ont vu. 

            Lorsque cela arrive, invitez l’enfant à raconter : 

            • Qu’est-ce que tu as vu ? 
            • Qu’est-ce que tu as compris ? 
            • Qu’est-ce que cela t’a fait ? 
            • Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’inquiète ? 

            Apportez ensuite des explications adaptées à son âge, sans minimiser sa réaction. Vous l’aiderez à mettre des mots sur ses émotions, à prendre de la distance et à demander de l’aide lorsqu’un contenu le dérange. 

            L'âge du premier smartphone

            Votre enfant grandit et la question du premier smartphone commence à se poser ? Cette nouvelle étape mérite un accompagnement particulier : l’écran devient personnel, toujours accessible et plus difficile à encadrer. 

            Découvrez notre article Premier smartphone de mon enfant, avec des repères pour en parler en famille, construire un cadre et aider votre enfant à développer de bons réflexes.   

            Quel est l'impact des écrans sur la concentration ?

            "Face à un écran, mon enfant est absorbé et semble parfaitement concentré. Devant ses devoirs, c’est une autre affaire !" 

            Devant une vidéo ou un jeu, les images, les sons, les récompenses et les changements rapides sollicitent constamment l’attention. L’enfant peut sembler très concentré parce que son attention est fortement captée. 

            Faire ses devoirs, lire ou écouter une consigne demande un autre effort : l’enfant doit diriger volontairement son attention et la maintenir, même lorsque l’activité est moins stimulante. Cette capacité se développe progressivement avec l’âge. 

            Pendant les devoirs, pensez à éloigner les écrans qui ne sont pas nécessaires et à limiter les notifications. Un environnement calme, des consignes découpées en petites étapes et des pauses adaptées à l’enfant peuvent également l’aider. 

            Le matin avant l’école, un moment sans écran permet de se préparer, de déjeuner et d’échanger sans être directement happé par les contenus. 

              Accompagner son enfant dans ses usages numériques, c’est aussi l’aider à développer des compétences utiles pour grandir : 

              • Exprimer ce qu’il ressent face à une image ou une vidéo ; 
              • Demander de l’aide si quelque chose le dérange ; 
              • Apprendre à s’arrêter ; 
              • Développer son esprit critique face à des contenus ou face à l’IA ; 
              • Respecter les autres, en ligne comme dans la vie réelle. 

              Ces compétences se construisent au quotidien, grâce au dialogue, à l’exemple des adultes, aux expériences de l’enfant et à un cadre sécurisant. 

              Comment trouver l'équilibre en famille face aux écrans ?

              Vous n’avez pas besoin d’être spécialiste des applications ou des jeux vidéo pour accompagner votre enfant. Votre rôle est avant tout de poser un cadre, de vous intéresser à ce qu’il fait et de rester disponible pour en parler. 

              Les enfants observent aussi nos habitudes. Consulter son téléphone pendant un repas, répondre à un message au milieu d’une conversation ou allumer automatiquement un écran pendant chaque moment libre peut avoir un impact. 

              Sans rechercher la perfection, vous pouvez instaurer des moments sans écran valables pour toute la famille. Lorsque la règle concerne tout le monde, elle paraît généralement plus cohérente et plus juste. 

                "Une soirée sans écran ? Mais on va faire quoi ?" 
                "Même les parents rangent leur téléphone ?" 

                Les écrans peuvent parfois dépanner, notamment lorsque la météo est maussade, que tout le monde est fatigué. Cela arrive dans toutes les familles. Mais ils ne doivent pas devenir la seule réponse à l’ennui. 

                Pourquoi ne pas tester un défi réaliste en famille : une heure, une soirée ou une demi-journée sans écran ? 

                Attention : il s’agit bien d’un défi collectif, pas d’une punition réservée aux enfants. Télévision, tablette, téléphone, ordinateur, console… tout le monde joue le jeu ! 

                Demandez à chaque membre de la famille de proposer une idée d’activité et déposez-les dans une boîte. Il ne reste plus qu’à tirer au sort. 

                L’ennui n’est pas un échec parental. En laissant parfois à l’enfant le temps de chercher ce qu’il pourrait faire, vous lui donnez l’occasion d’utiliser son imagination, de développer sa créativité et de gagner en autonomie. 

                Quand faut-il s'inquiéter de l'usage des écrans ?

                Votre enfant réclame souvent un écran, a du mal à interrompre une partie ou se fâche au moment d’arrêter ? Cela ne signifie pas nécessairement qu’il est accro. Les activités numériques sont souvent très stimulantes et certaines sont conçues pour donner envie de continuer. Même en tant qu’adulte il n’est pas toujours simple de stopper ces moments. 

                Votre enfant peut toutefois avoir besoin d’aide si les écrans prennent progressivement le dessus sur le reste de son quotidien. 

                  • Les écrans deviennent son activité principale ou son seul centre d’intérêt. 
                  • Ils empiètent régulièrement sur son sommeil, le jeu, les devoirs et ou les moments en famille. 
                  • Certains apprentissages prennent du retard. 
                  • L’enfant délaisse des activités qu’il appréciait auparavant. 
                  • Les conflits autour des écrans deviennent très fréquents. 
                  • Il a de plus en plus de mal à s’arrêter. 
                  • Il s’isole davantage. 
                  • Certains contenus semblent le perturber durablement. 

                  Un signe isolé ne suffit pas à conclure qu’il existe un problème. Observez plutôt l’évolution de la situation et les conséquences sur l’ensemble de la vie de l’enfant. 

                  Si vous êtes inquiet ou si la situation devient difficile à gérer, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel de santé : médecin généraliste, pédiatre, neuropsychologue...

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