Charte d'utilisation de l'IA

L’Intelligence artificielle bouleverse en profondeur notre métier de journaliste : nouveaux outils, usages, enjeux éthiques et démocratiques. La rédaction d’En Marche encadre son utilisation au travers de sept engagements pour répondre aux obligations de l'IA Act - le règlement européen qui entre en vigueur ce 2 août 2026.

une femme utilise l'IA au bureau

    L’IA ne peut se substituer au travail d’enquête, d’analyse critique et de vérification des journalistes. Elle peut générer des erreurs, des affirmations fausses, voire dangereuses, notamment lorsqu’elle s’appuie sur des données incomplètes, biaisées ou mal interprétées.  

    Choix éclairé des experts, distinction entre faits et opinions, recoupement des sources... chaque article d’En Marche est rédigé par des professionnels de l’information, dans le respect de la démarche journalistique et du Code de déontologie.

    L’IA ne se substitue jamais au travail du journaliste pour écrire un article, y compris pour les formats brefs. 

      La puissance de calcul de l’IA permet d’explorer rapidement de grands volumes d’information et de repérer des sources pertinentes (rapports, études, analyses).  Elle ne garantit toutefois ni l’exhaustivité, ni l’actualité, ni la diversité des sources.  

      L’IA ne perçoit ni les intentions des auteurs, ni les nuances, ni les contextes implicites : ses résumés peuvent comporter des erreurs ou des contresens.  

      Elle ne garantit pas non plus la diversité des sources, ce qui peut renforcer des biais (stéréotypes, discriminations, inégalités, etc.). Ces effets ne sont pas anodins : invisibiliser certains groupes, renforcer des normes dominantes ou perpétuer des discriminations systémiques. Les journalistes sont en première ligne pour déjouer ces biais : leur vigilance est une responsabilité démocratique. 

      Toute information obtenue avec l’aide de l’IA est systématiquement vérifiée à sa source, complétée par le travail du journaliste, et croisée avec d'autres sources pour en garantir la fiabilité et la diversité.

        Dans un monde où les images, les textes et les voix peuvent être générés artificiellement, le journalisme doit plus que jamais rester un repère fiable, capable de certifier le vrai. Cette exigence de transparence est essentielle pour maintenir la confiance, et affirmer notre rôle dans la lutte contre la désinformation.   

        La rédaction tient à jour, et rend publique via cette charte, la liste des usages qu'elle fait de l'IA. 

        L’usage de l’IA est exclu pour : 

        • Créer des photos ou les retoucher au point qu'elle ne représente plus fidèlement le réel. Toute exception doit être clairement justifiée (ex. : couverture sur le dossier IA) et explicitement mentionnée.  
        • Générer des voix dans des podcasts  
        • Générer des images dans des vidéos

         

        L’usage des IA génératives (ChatGPT, Copilot, Claude, Notebook, Pinpoint, Consensus, etc.) est autorisé pour aider à : 

        • Retranscrire des interviews  
        • Corriger l’orthographe  
        • Suggérer des reformulations de style  
        • Analyser des volumes importants de données 
        • Brainstormer sur des angles d’article  
        • Préparer une interview 
        • Décliner des articles publiés dans le magazine papier vers des formats web (story, post, storyboard de vidéo)  

         

        L'IA n'est jamais utilisée pour créer des photos, du son ou des vidéos, mais peut soutenir certaines tâches (rédaction, brainstorming, exploration), toujours sous le contrôle final du journaliste. 

          Le langage conversationnel de l’IA peut donner l’illusion d’une intention, d’une sensibilité, voire d’une véritable personnalité. Cette apparence peut conduire - y compris des professionnels de l’information - à lui accorder une confiance déplacée. Ce risque est accentué par un biais de complaisance : l’IA, par la conception même de ses algorithmes, tend à adopter un ton flatteur, voire obséquieux, susceptible d'endormir l’esprit critique - même lorsque des consignes lui ont été donnée pour éviter toute forme de personnalisation ou d’anthropomorphisme. 

          Les journalistes gardent à l'esprit que l'IA ne donne pas de sens aux mots comme nous, et se méfient de son ton assuré ou flatteur. Ils règlent les paramètres de l’IA en ce sens.

            Par nature, l'IA a besoin de données pour fonctionner efficacement. Les journalistes ont conscience que toute information saisie dans un outil d'IA — le style d'un auteur, la voix d'une interview, une photo — pourrait être stockée et réutilisée par le système, sans contrôle sur la façon dont elle pourrait un jour ressortir. 

             Ils privilégient les outils internes de la MC (Copilot), conformément à la politique de confidentialité de l'entreprise, et redoublent de vigilance lorsqu'un autre outil est utilisé pour répondre à un besoin spécifique de leur métier (qualité rédactionnelle par exemple).  

            Les témoignages, les interviews sensibles, les informations confidentielles, ne sont jamais confiés à une IA.

              L'intelligence artificielle est une technologie particulièrement gourmande en ressources informatiques et énergétiques dont l’usage doit être ciblé et justifié : une requête moyenne (environ 1000 mots) adressée à GPT-5 consomme l’équivalent d’une ampoule LED de 10W allumée pendant 2 heures et la génération d’une image l’équivalent de 20 ampoules de 10W allumées pendant 1 heure ! (Source : "How Hungry is AI?", Université de Rhode Island, 2025)

              Les journalistes limitent strictement leur usage des applications d'IA aux situations où elles apportent une réelle valeur ajoutée à leur travail. 

                L’intelligence artificielle évolue rapidement et nous impose une vigilance constante pour garantir une utilisation éthique, responsable et centrée sur l’humain.  

                Les journalistes cultivent leur curiosité, se forment, partagent leurs expériences et leurs questionnements pour améliorer les usages individuels et collectifs de la rédaction. 

                La charte est adaptée collectivement et régulièrement. Une fois par an, elle fait l’objet d’une révision pour intégrer les nouveaux questionnements.