Grossesse : des indemnités en cas d'écartement du travail
Lorsqu’une travailleuse enceinte ou allaitante est écartée temporairement de son travail pour des raisons de sécurité, elle peut bénéficier d’indemnités versées par sa mutualité.
Publié le: 13 juillet 2026
Par: Joëlle Delvaux
3 min
Photo: “© AdobeStock //
La travailleuse salariée a droit à une indemnisation de la sécurité sociale (assurance indemnités) dans quatre situations :
- Situation 1 : Elle perd l'entièreté de son salaire car elle doit arrêter toute activité salariée (écartement total)
- Situation 2 : Elle perd une partie de son salaire en raison de l'aménagement du temps de travail ou du changement de poste (écartement partiel).
- Situation 3 : Elle perd l'entièreté de son salaire car elle doit arrêter son activité salariée, mais elle commence une nouvelle activité chez un autre employeur (écartement partiel).
- Situation 4 : Elle perd une partie de son salaire car elle doit arrêter une de ses activités salariées (écartement partiel).
Pour être indemnisée, la première condition à remplir est d'être en ordre de stage c'est-à-dire comptabiliser 120 jours de travail à temps plein ou assimilé, ou 400 heures à temps partiel, sur une période de 6 mois précédant l'écartement.
Bon à savoir : Les contractuelles du secteur public ont les mêmes droits que les salariées, sauf en cas de maladie professionnelle, où la charge revient au pouvoir public. Les enseignantes nommées et les statutaires du secteur public conservent, quant à elles, l’intégralité de leur salaire, sans passer par la mutualité.
À combien s'élèvent les indemnités ?
| Type d’écartement | Raison d’écartement | Montant d’indemnités (en vigueur depuis le 1er avril 2026) | Maximum |
Écartement total Situation 1 | Grossesse (prénatal) | 78,237 % du salaire journalier brut | 146,14 €/jour |
| Allaitement (postnatal) | 60 % du salaire journalier brut | 112,08 €/jour | |
Écartement partiel Situations 2 et 3 | Grossesse et allaitement (pré et postnatal)
| 60 % de la différence entre l’ancien et le nouveau salaire brut | 112,08 €/jour |
Écartement partiel Situation 4 | Grossesse et allaitement (pré et postnatal)
| 60 % du salaire brut lié à cet emploi | 112,08 €/jour |
Bon à savoir : La mutualité prélève un précompte professionnel (11,11 %) sur les indemnités.
Conseil : Vous exercez aussi une activité comme indépendante et souhaitez la conserver ? Demandez l'autorisation au médecin-conseil. S'il vous donne son accord, vous percevrez une indemnité réduite de 10 %.
Pour être indemnisée, la première condition à remplir est d'être en ordre de stage.
Pendant combien de temps l'indemnisation est-elle accordée ?
• Écartement prénatal : l'indemnisation prend fin au plus tard 8 jours avant la date présumée d’accouchement (congé prénatal obligatoire).
• Écartement postnatal : l'indemnisation se termine à la date déterminée par le médecin du travail, selon le type de risque que représente le poste pour la travailleuse (max. 5 mois à partir de la date de l’accouchement).
Conseil : Théoriquement, le repos de maternité peut débuter 6 semaines avant la date présumée de l'accouchement. Mais vous avez tout intérêt à reporter les 5 semaines de repos prénatal facultatif après la naissance de votre enfant pour bénéficier d'un repos postnatal plus long.
Quelles démarches faut-il faire ?
Pour demander un écartement, la travailleuse doit transmettre à sa mutualité :
- Une copie du formulaire d’évaluation de la santé, complété par le médecin du travail.
- Une attestation d’écartement du travail, complétée par l'employeur.
- Pour l’écartement prénatal uniquement : un certificat médical du médecin traitant ou du gynécologue mentionnant la date présumée d’accouchement et si une grossesse multiple est en jeu.
Le mieux est d'utiliser le formulaire en ligne dans son espace sécurisé Ma MC sur mc.be ou dans l'app Ma MC.