Réagir face au cyberharcèlement
Insultes, rumeurs, diffusion de photos sans consentement, usurpation d’identité… Le harcèlement en ligne n'est jamais anodin. Il s'agit d'un délit punissable.
Publié le: 10 septembre 2026
Par: Olivier Beaujean, asbl Droits Quotidiens
3 min
Photo: © AdobeStock//La victime n’est jamais responsable du harcèlement en ligne.
Le cyberharcèlement se caractérise par des actes agressifs, intentionnels et répétés commis au moyen d’outils numériques : réseaux sociaux, messageries, forums, plateformes de jeux ou courriels. Il peut prendre de nombreuses formes :
- insultes, moqueries ou menaces répétées,
- propagation de rumeurs,
- diffusion de photos ou vidéos sans consentement,
- usurpation d’identité,
- divulgation d’informations privées,
- publication de contenus humiliants ou dégradants,
- harcèlement collectif (raid numérique).
L'objectif du ou des auteurs est d’humilier, intimider, exclure ou nuire à une personne en particulier. En ligne, le harcèlement poursuit la victime sans répit. Le partage rapide et permanent des contenus en amplifie les effets. L’anonymat offert par Internet renforce le sentiment d’impunité des auteurs.
La victime n’est jamais responsable de ce harcèlement dont les conséquences peuvent être graves : anxiété, isolement, perte de confiance en soi, dépression, troubles du sommeil, difficultés professionnelles ou scolaires... Les jeunes sont particulièrement vulnérables et exposés. Selon la Commission européenne, près d’un jeune sur six âgé de 11 à 15 ans a déjà été victime de cyberharcèlement et un sur huit reconnaît avoir harcelé quelqu’un en ligne.
Un délit punissable
Le cyberharcèlement n’est pas une simple "mauvaise blague". Le nouveau code pénal belge, qui entre en vigueur ce 1er septembre, sanctionne le harcèlement, y compris lorsqu’il est commis en ligne. Selon les circonstances, les faits peuvent également constituer d’autres infractions : diffamation, injures, usurpation d’identité, diffusion non consentie d’images à caractère sexuel ou incitation à la haine.
Les peines vont de l’amende à l’emprisonnement. Elles peuvent être aggravées lorsque les faits sont motivés par la haine ou la discrimination liée notamment au genre, à l’origine, à l’orientation sexuelle ou au handicap.
Comment réagir ?
Premier réflexe si vous êtes victime : ne pas rester seul. Parlez-en à une personne de confiance, un proche, un enseignant, un médecin ou un professionnel de l’aide. Ensuite, une série d’actions peuvent être menées :
- Ne pas répondre aux messages agressifs.
- Bloquer l’auteur.
- Conserver toutes les preuves : captures d’écran, messages, photos, vidéos.
- Signaler les contenus aux plateformes.
- Renforcer la sécurité des comptes en modifiant les mots de passe.
Il est possible de faire supprimer par la plateforme concernée une photo ou une vidéo diffusée sans autorisation, en invoquant la violation du droit à l'image, de la vie privée ou des conditions d'utilisation.
Pour limiter les risques de harcèlement en ligne, il est recommandé de paramétrer soigneusement la confidentialité de ses comptes et de limiter la diffusion d'informations personnelles. Mieux vaut être prudent avant de publier des photos, vidéos ou commentaires susceptibles d'être partagés ou détournés.
Premier réflexe si vous êtes victime : ne pas rester seul.
Signaler et se protéger
Lorsque les faits persistent ou sont graves, il est conseillé de déposer plainte auprès de la police.
Une série d’organisations peuvent apporter un soutien :
- Écoute Enfants (n°103 gratuit) aide les jeunes à parler de leur situation et à trouver les bonnes personnes ou services pour les aider.
- Télé-Accueil (n° 107) offre une écoute bienveillante.
- La Fondation Child Focus (n° 116 000 gratuit) agit dans le domaine de l'exploitation sexuelle des mineurs. Elle aide les victimes et informe sur la sécurité en ligne.
- Le site victimes.be de la FWB répertorie notamment les services d'aide psychologique, sociale ou juridique.
- SafeOnWeb fournit des conseils sur la manière de réagir face au cyberharcèlement.
- Cybersquad est un forum créé par et pour les jeunes sur l’internet et les réseaux sociaux.
- Unia donne la possibilité, en cas de discrimination, de faire un signalement.