Emploi
Il faut s’y reprendre en moyenne à 7 fois pour arrêter définitivement de fumer ou de vapoter. Se faire aider augmente les chances de réussite.
Publié le: 22 avril 2026
Par: Clotilde de Gastines
3 min
Photo: ©AdobeStock//En Belgique francophone, le recours au tabacologue reste faible avec seulement 11.450 séances comptabilisées en 2025 (hors chiffres TabacStop)
Un tabacologue agréé. C’est un professionnel de santé (médecin, infirmière, psychologue, sage-femme, pharmacien ou kiné) qui possède un certificat officiel de tabacologue, ce qui donne accès au remboursement de tout ou partie du coût des consultations. Le Fares répertorie les 134 tabacologues agréés en Belgique francophone (repertoire.fares.be).
Dans le cadre d’un arrêt du tabac, 8 séances de consultation individuelle sont partiellement remboursées tous les deux ans. Il est aussi possible de participer à des séances de groupe organisées au sein des Centres d’aide aux fumeurs ou de bénéficier de consultations gratuites via la ligne téléphonique Tabacstop (0800 111 00).
La première séance, d’une durée de 45 à 60 minutes, permet au tabacologue de réaliser une anamnèse : mode de consommation (tabac à rouler, cigarette classique, vape, cigarette électronique, snuss et cannabis), historique depuis l’initiation, arrêts précédents, et surtout souhaits de la personne. Plus les motivations sont variées (grossesse, santé, coût, habitudes), plus les chances d’aboutir au sevrage sont élevées, d’autant que 30 % de la dépendance est physique, et 70 % est émotionnelle, sociale et comportementale.
Les 7 séances suivantes durent 30 à 45 minutes chacune. En moyenne, un patient suit 5 séances.
L’intervention financière dépend du domicile du patient car l’aide au sevrage tabagique est gérée par les entités fédérées depuis la 6e réforme de l’État en 2019, sous le nom d’assurance obligatoire régionale (AOR) — Iriscare à Bruxelles, l’AVIQ en Wallonie, Departement Zorg en Flandre et Ostbelgien en communauté germanophone.
En Wallonie et à Bruxelles, le tabacologue qui reçoit en cabinet peut fixer librement ses tarifs. Une séance coûte entre 50 et 70 €. Il remet une facture au patient à transmettre à la mutualité pour être remboursé de l’AOR : 30 € la première séance, 20 € pour chacune des 7 séances suivantes. Pour les femmes enceintes, toutes les séances sont remboursées 30 €.
Dans les Centres d’aide aux fumeurs des hôpitaux (il en existe 36 en Belgique francophone), la séance est partiellement ou totalement prise en charge par l’AOR. En asbl, les modalités varient. Certaines proposent des consultations gratuites ou à tarif réduit grâce à des subsides.
En Flandre, le patient débourse maximum 7,50 € pour 15 minutes de consultation individuelle (1 € pour les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM)). Le reste de l’honoraire (9,25 € ou 15,75 € pour les BIM) est directement versé au tabacologue par l’AOR.
Patchs, gommes, pastilles, sprays, médicaments sur prescription... Si les substituts ont un coût, ce budget reste moins lourd que l’achat de tabac. Une boîte de patchs pour 15 jours coûte 60 €. Il existe des aides spécifiques pour les bénéficiaires de l’intervention majorée et de CPAS (par exemple pour 6 semaines de substituts nicotiniques), mais cela dépend des programmes régionaux.
Le Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP) consacre un chapitre (10.2) à ces médicaments et substituts en fournissant indications, prix et avis utiles sur leur efficacité.