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Éditos

Active Ageing : bien vieillir, un projet collectif de société

Face aux enjeux du vieillissement démographique, l’Active Ageing propose une approche globale où la prévention, les soins et la solidarité sont les piliers d’une vieillesse digne et inclusive. 

Publié le: 13 avril 2026

Mis à jour le: 13 avril 2026

Par: Elise Derroitte

3 min

Activité intergénérationnelle

Photo (c) Adobe: Maille après maille, le lien se tisse — vieillir activement, ensemble

Nos sociétés vieillissent. En Belgique, d’ici à 2070, près d’une personne sur quatre aura plus de 67 ans. Cette évolution démographique majeure n’est pas qu’un défi budgétaire ou statistique : elle transforme en profondeur nos équilibres sociaux, économiques et politiques. Elle nous impose, surtout, une réflexion collective, transversale et critique sur la manière dont nous voulons vieillir, et faire société. 

Bien vieillir n’est pas un privilège. C’est un droit. Et ce droit se construit, collectivement, tout au long de la vie. 

Comment permettre à chacune et chacun de bien vieillir, réellement, et pas seulement plus longtemps  ? Comment repenser nos solidarités, notre système de santé, nos villes, nos parcours de vie pour faire du vieillissement une expérience digne, choisie et inclusive ?

Depuis plus de vingt ans, le concept d’Active Ageing, développé par le sociologue Alan Walker, occupe une place centrale dans les politiques liées au vieillissement. Cette approche (à laquelle la MC consacre une journée d’étude ce 29 mai) a permis de changer de regard : ne plus voir l’âge comme un problème, mais comme un potentiel. Mais elle comporte toutefois sa part d’ambiguïté : réduite à des indicateurs de performance ou d’emploi, elle peut se muer en injonction individuelle à “rester actif”, au risque d’en perdre sa portée émancipatrice. 

Vieillir activement ne signifie pas rester productif à tout prix. C’est aussi pouvoir ralentir, se reposer, s’engager autrement, entretenir des relations, participer à la vie collective sous des formes diverses. C’est continuer à choisir, à contribuer, à prendre soin, sans être mis à l’écart. 

Surtout, la capacité à vieillir activement ne relève pas du seul effort individuel. Elle dépend profondément des conditions sociales, économiques, territoriales et culturelles : accès à des soins de qualité, cadre de vie adapté, inclusion urbaine, lutte contre les discriminations, reconnaissance des aidants proches. Les inégalités ne surgissent pas à l’âge de la retraite : elles s’accumulent tout au long de la vie, dans le travail, le logement, la santé. 

Penser l’Active Ageing, c’est donc relier le bien vieillir au bien vivre. C’est adopter une approche globale qui articule prévention, accessibilité des soins, renforcement de la première ligne, lutte contre l’isolement, inclusion numérique et participation sociale. Cette vision prend tout son sens lorsque l’on aborde la fin de vie : vieillir activement, c’est aussi pouvoir être accompagné dignement jusqu’au bout, dans le respect de ses choix et de ses besoins. 

À l’heure où les budgets publics sont sous pression, le risque est grand de réduire le vieillissement à une question de coûts. L’Active Ageing nous rappelle l’essentiel : investir dans la santé, renforcer les solidarités et permettre à chaque personne de trouver sa place.