Soins de santé
Un million de personnes en Belgique soutiennent au quotidien un proche en perte d’autonomie. Certaines se retrouvent aujourd’hui fragilisées par la réforme du chômage. La MC réaffirme l’urgence d’un statut solide pour celles et ceux qui rendent la dignité possible.
Publié le: 24 mars 2026
Par: Georges Gilkinet Directeur général de la MC
3 min
Photo: ©AdobeStock - "Dans les faits, ce sont le plus souvent les femmes qui sacrifient leur carrière pour s’occuper des autres"
Dans une société où l’on vit de plus en plus vieux, des initiatives collectives doivent être prises pour répondre aux besoins des aînés dans de multiples domaines : pension décente, accès aux soins et services d’aides, aux équipement collectifs et espaces publics, aux loisirs... Le mot d’ordre est simple : permettre à chacun et chacune de rester chez soi, autonome, le plus longtemps possible. Votre mutualité et ses partenaires y contribuent largement, avec les soignantes et les aidants des ASD, avec les ergothérapeutes de Solival ou grâce au service de télévigilance de Vitatel.
À côté des services organisés, d’autres acteurs jouent un rôle essentiel : les membres de la famille, les amis, parfois les voisins -celles et ceux qu’on appelle les aidants proches, qui consacrent leur temps et leur énergie à s’occuper d’un ou une aînée, ou aussi d’un ou une malade, d’une personne handicapée. Parmi eux, et surtout elles, beaucoup n'ont pas d’autre choix que de renoncer, temporairement ou de façon plus permanente, à une disponibilité sur le marché du travail… et aux revenus et relations sociales qu’un emploi procure.
Les aidants proches méritent notre reconnaissance, un statut et des droits spécifiques et solides. C’est de longue date une revendication de la MC.
Georges Gilkinet Directeur général de la MC
Dans les faits, ce sont le plus souvent les femmes qui sacrifient leur carrière pour s’occuper des autres, leurs enfants ou leurs parents (lire aussi "Elise Derroitte : la réforme des pensions expose les femmes à une triple peine").
Ces aidantes et aidants proches accomplissent pourtant un travail informel inestimable, qui mérite notre reconnaissance et surtout un statut spécifique, assorti de droits sociaux solides, y compris en matière de pension. C’est de longue date une revendication de la MC, qui figure en bonne place dans son mémorandum électoral et que nous mettons en œuvre via nos services aux membres.
Malheureusement, c’est à l’inverse que nous assistons aujourd’hui. La limitation dans le temps des allocations de chômage tout comme la réforme des pensions exposent durement de nombreux assurés sociaux, dont des aidants proches, à un risque accru de précarité. La MC, aux côtés de nombreuses associations, a alerté, depuis de nombreux mois, sur leurs conséquences aussi lourdes qu’injustes.
Las, il a fallu attendre les premiers témoignages d’aidants proches exclus du chômage pour que le gouvernement fédéral réagisse et concède, dans l’urgence, de sauvegarder partiellement et pour un an seulement le droit à des allocations — réduites — pour les aidants proches reconnus comme tels. Une bien maigre inflexion de la ligne gouvernementale, qui illustre en creux l’urgence d’apporter à ces personnes une reconnaissance réelle et durable.
La sécurité sociale est notre patrimoine collectif. Mais un patrimoine vivant, pas une pièce de musée qu'on contemple derrière une vitre. Un bien commun qui se défend, se réinvente. C'est pourquoi nous continuerons de porter un modèle social solide et redistributeur — et de nous battre pour y inscrire de nouveaux droits à la hauteur des défis actuels : celui de l’autonomie, et du soutien à celles et ceux qui y contribuent au quotidien.