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Éditos

Equilibre des pouvoirs, le rôle clé des corps intermédiaires

Face aux discours qui discréditent celles et ceux qui questionnent l’action publique, rappelons l’importance des contre‑pouvoirs. Mutualités, syndicats, associations... Toutes et tous contribuent à construire une vision collective fondée sur l’équilibre et le débat. 

Publié le: 23 février 2026

Mis à jour le: 23 février 2026

Par: Elise Derroitte, Vice-présidente MC

3 min

Mégaphone

Photo : Mutualités, syndicats, associations.. les contre‑pouvoirs améliorent la qualité du débat public ©AdobeStock

Dans un contexte politique sous tension, certains discours cherchent aujourd’hui à présenter les contre‑pouvoirs comme des obstacles. Comme s’il allait de soi que, une fois élu, un gouvernement devait être la seule voix légitime du collectif, affranchi de tout contrôle. Cette vision, pourtant portée par quelques acteurs seulement, ne reflète en rien la réalité démocratique.  

L’exécutif doit accepter d’être questionné, interpellé, parfois bousculé. C’est cette exigence qui garantit son ancrage dans le réel et sa capacité à agir pour toutes et tous.

Parce qu’ils contrôlent, débattent et rendent visibles les angles morts, les contre‑pouvoirs améliorent la qualité du débat public. Ils permettent que des voix minoritaires soient entendues, évitant que l’exercice du pouvoir ne bascule dans l’arbitraire ou dans la tentation autoritaire. Leur rôle n’est pas d’entraver la décision publique, mais d’en renforcer la justesse, la légitimité et la portée.

Le rôle irremplaçable des corps intermédiaires

Parmi ces contre‑pouvoirs, les corps intermédiaires occupent une place à part. Ils constituent un lien concret entre les institutions et les réalités du terrain. Parce qu’ils organisent, accompagnent, écoutent et représentent une diversité de situations, ils transforment des préoccupations individuelles en enjeux collectifs. Cette médiation est indispensable : elle évite que des décisions rapides, idéologiques ou déconnectées du quotidien ne l’emportent au détriment des publics les plus vulnérables.

Les mutualités, les syndicats, les associations, mais aussi les services de première ligne, connaissent de près les besoins, les vulnérabilités et les inquiétudes d’une grande partie de la société. Ils veillent à ce que des réalités parfois invisibles soient traduites en propositions concrètes et audibles.

En rappelant que l’intérêt général ne se résume jamais à la somme d’intérêts individuels, ils contribuent à construire une vision collective fondée sur l’équilibre, le débat et l’attention portée aux personnes les moins entendues.

Soutenir les corps intermédiaires, c’est affirmer une démocratie solide, vivante et respectueuse des diversités. Construire du collectif ne se décrète pas : cela demande du temps et suppose aussi de se déplacer, de sortir des bureaux et d’aller à la rencontre des patients, des travailleurs, des familles et de toutes celles et ceux dont les réalités forgent le sens de l’action publique. Une démocratie attentive se nourrit de cette présence sur le terrain, de ces allers‑retours constants entre les lieux de décision et les lieux de vie. C’est ainsi que les voix divergentes ne sont pas étouffées, mais reconnues comme une richesse essentielle au débat collectif.