Soins de santé
Face au défi posé par l'augmentation du nombre de personnes en incapacité de travail, posons les bonnes questions si l'on veut apporter les bonnes réponses !
Publié le: 29 mai 2026
Par: Georges Gilkinet, directeur général de la MC
3 min
La tendance est constante depuis plusieurs années : le nombre de nos concitoyennes et de nos concitoyens en situation d’incapacité de travail de longue durée augmente, et avec lui le budget consacré à leur indemnisation dans le cadre de la sécurité sociale.
Cela ne devrait pas être une source d’étonnement. Les carrières s'allongent au fil des réformes de notre système de pension, tandis que les possibilités de lever le pied en fin de parcours se réduisent comme peau de chagrin. Dans trop de secteurs, les conditions de travail se dégradent — notamment dans la santé et le non-marchand — et la pression sur les travailleurs ne cesse de croître. Les heures supplémentaires et le travail de nuit sont fiscalement encouragés, avec des conséquences lourdes sur la santé au travail, en particulier pour les bas salaires et les femmes.
Face aux mauvais chiffres de l’incapacité de travail et au poids qu’ils font peser sur les entreprises et les finances publiques, la première question à poser est simple : qu'est-ce qui nous a menés là, et comment inverser la tendance ?
Mais plutôt que de s'interroger sur les causes, certains font le choix — tellement facile — de tirer sur les mutualités, qui ont, parmi leurs multiples missions, celle de contrôler et d’accompagner ces personnes.
Comme si le problème se situait là. Comme si les mutualités étaient responsables de cette situation qu’elles s’attachent pourtant à gérer au mieux en soutenant les travailleurs dans leur maladie, en les accompagnant dans leur retour au travail lorsqu'ils en sont capables et lorsque des entreprises acceptent de leur faire à nouveau confiance (ce qui est loin d’être acquis, comme le montre une de nos récentes études !). Bref, en appliquant loyalement et le plus efficacement possible les dispositions légales prévues en la matière.
Face aux mauvais chiffres de l’incapacité de travail, la première question à poser est simple : qu'est-ce qui nous a menés là, et comment inverser la tendance ?
Georges Gilkinet
Certes, nos interventions peuvent toujours être améliorées. Et c'est précisément ce à quoi nous nous attachons au quotidien, pour encore mieux venir en aide aux travailleurs malades, notamment celles et ceux qui sont souffrent de pathologies moins visibles, comme les souffrances psychologiques et les douleurs musculosquelettiques, qui représentent plus de la moitié des incapacités de travail. Nous continuerons dans le respect nos obligations légales, mais aussi en proposant de nouvelles réformes de nature à améliorer le système.
De même, nous défendrons pied à pied le modèle mutualiste dans les prochains débats avec les membres du Gouvernement fédéral, parce qu’il est le plus efficace et le plus juste. Parce que derrière la critique contre les mutualités, c'est notre modèle social tout entier qui est remis en cause : la solidarité avec les plus fragiles, la participation des citoyennes et des citoyens aux décisions qui les concernent, et le rôle des corps intermédiaires — comme les mutualités — non seulement dans la mise en œuvre des politiques publiques mais également de leur conception. Parce que nous restons convaincus qu’il existe encore de nombreux droits à conquérir et des services à développer pour que chacune et chacun puisse accéder à des soins de santé de qualité et vivre dignement.