La santé, un droit universel à construire partout
Alors qu’en Europe les droits sociaux sont fragilisés, plusieurs pays africains dont la République démocratique du Congo engagent une réforme majeure pour étendre l’accès aux soins. Une avancée historique, qui ne portera ses fruits qu’en s’appuyant sur les solidarités déjà à l’œuvre.
Publié le: 19 octobre 2026
Par: Elise Derroitte
3 min
Photo: ©AdobeStock // L'accès aux soins est un droit universel
Allocations familiales, chômage, pensions, soins de santé : en Belgique, les protections collectives sont mises sous pression. En République démocratique du Congo, l’État veut au contraire faire de l’accès à la santé un droit effectif, sans que la maladie ne plonge les familles dans la pauvreté.
La couverture santé universelle organise cette ambition autour de l’assurance maladie obligatoire pour celles et ceux qui peuvent contribuer, et de l’assistance pour les autres. Elle doit permettre de mutualiser les ressources, financer des soins de base et protéger les plus vulnérables. Dans un pays où l’économie, confrontée à des enjeux immenses, est majoritairement informelle, passer du principe à la réalité représente un défi politique et opérationnel considérable.
La santé pour tous ne se décrète pas. Elle se construit avec celles et ceux qu’elle doit protéger.
Elise Derroitte, Vice-Présidente de la MC
Pourquoi la MC s’y intéresse-t-elle ? Parce que l’accès aux soins n’est pas un privilège, mais un droit universel. Depuis de nombreuses années, nous soutenons, avec nos partenaires congolais, des initiatives qui rendent ce droit concret. Notre rôle n’est pas d’exporter un modèle, mais d’accompagner des solutions construites localement, à partir des besoins de la population.
Une couverture universelle ne se résume pas à des lois, à des cotisations ou à une caisse nationale. Sur un territoire aussi vaste, elle a besoin de relais de proximité, capables d’informer, de mobiliser, d’accompagner et de faire remonter les réalités vécues.
Faire converger les forces
C’est ce que tentent de faire, depuis des décennies, les mutuelles de santé congolaises. Face à des protections insuffisantes, elles œuvrent à organiser la solidarité dans les communautés, faciliter l’accès aux soins, soutenir la prévention, dialoguer avec les structures de soins.
La réforme représente donc une avancée fondamentale. Mais sa réussite dépendra de sa mise en œuvre : collecter des contributions à la fois suffisantes pour mutualiser ce droit et adaptées aux revenus très bas et inégaux des citoyens, intégrer les travailleurs de l’économie informelle, garantir la qualité des soins, assurer la transparence de la gestion et gagner l’adhésion de la population.
Dans ce nouveau cadre, les mutuelles devront évoluer. Leur connaissance des territoires, leur expertise de la qualité des soins, leur capacité à atteindre les groupes éloignés et la confiance construite auprès des communautés en font des partenaires irremplaçables.
Pour la MC, l’enjeu dépasse l’avenir des mutuelles : chaque personne doit pouvoir accéder à des soins de qualité sans s’appauvrir. La couverture santé universelle ouvre une possibilité historique pour la RDC. Pour en faire un progrès réel, il faudra faire converger institutions publiques, prestataires, mouvements sociaux et citoyens.