Soins de santé
Bien en vue dans les supermarchés, les produits enrichis en protéines promettent énergie, muscle et santé. Mais que valent-ils vraiment ?
Publié le: 05 mars 2026
Par: Florence Marot
3 min
Photo: ©AdobeStock// Avant d’acheter des produits hyper-protéinés – souvent coûteux – mieux vaut demander conseil à un professionnel de santé.
Leur mention "extra protéines" séduit d’un simple coup d’œil. Boissons végétales, yaourts, fromages, pâtes, barres de céréales… La gamme de produits enrichis en protéines ne cesse de s’étendre, portée par un marketing bien rodé. Entre ceux qui se présentent comme l’"option idéale pour démarrer la journée" et ceux qui assurent vous accompagner "lorsque vous donnez le meilleur de vous-mêmes", leurs slogans surfent sur un mode de vie actif, associant protéines et performance. Pourtant, pour la majorité de la population, ils sont loin d’être indispensables.
Les protéines sont essentielles au fonctionnement de notre corps : elles contribuent à la construction musculaire, au renouvellement des cellules et au maintien du système immunitaire. "Pour un adulte en bonne santé, la dose quotidienne recommandée est de 0,83 gramme par kilo de poids corporel", explique Chantal Wey, diététicienne à la Clinique CHC MontLégia. Une personne de 75 kg a ainsi besoin d’environ 62 grammes par jour. "Cet apport augmente légèrement à 1 g/kg pour les personnes de plus de 60 ans et à 1,2 g/kg pour les adolescents, les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les sportifs pratiquant un sport d’endurance. Dans la grande majorité des cas, une alimentation variée suffit à couvrir ces besoins", souligne la diététicienne.
Alors pourquoi en consommer davantage ? "Le problème, c’est surtout de laisser penser que ces produits seraient nécessaires pour atteindre les apports recommandés, alors qu’une alimentation équilibrée y répond déjà", poursuit-elle. Le recours à des apports complémentaires ne se justifie que dans certaines situations, comme en cas de dénutrition, de graves brûlures, de chirurgie bariatrique, d’anorexie ou de pratique d’un sport de haut niveau. Pour les adeptes de musculation, l’apport est également légèrement plus élevé, entre 1,6 et 2 g/kg de poids corporel. Mais augmenter les protéines ne suffit pas à développer les muscles sans entraînement régulier et récupération.
Avant d’acheter des produits hyper-protéinés – souvent coûteux – mieux vaut donc demander conseil à un professionnel de santé. "Bien souvent, les gens se tournent vers ces produits sans pouvoir expliquer pourquoi, si ce n’est qu’ils s’imaginent qu’ils sont bons pour la santé", observe la diététicienne. Or ce n’est pas forcément le cas : certains contiennent davantage de sucres et d’additifs. À l’inverse, il existe une multitude de sources naturelles de protéines dans notre alimentation – qui ne portent aucune mention marketing. On en trouve principalement dans le poisson, la volaille, la viande, les œufs, les fromages, le lait, les desserts lactés, mais aussi les lentilles, les pois chiches, le quinoa ou encore les oléagineux.
"Les personnes soucieuses de leur apport en protéines ont tendance à ne tenir compte que des aliments les plus connus pour en contenir. Or il y en a aussi, en moindre quantité, dans le pain, les légumes ou les pommes de terre. Un gramme par-ci, un gramme par-là, on finit vite par couvrir nos besoins", conclut Chantal Wey.
Au petit déjeuner: deux tranches de pain accompagnées de fromage frais et d’un fruit. À midi: deux autres tranches de pain, une tranche de jambon et un dessert lacté. Le soir: un repas composé d’environ 150 g de viande ou de poisson, 200 g de légumes et 200 g de pommes de terre.