Emploi
La réforme des allocations de chômage et d'insertion décidée par le gouvernement fédéral va exclure de nombreuses personnes de l'assurance chômage. Avec des conséquences sur d'autres droits sociaux. Questions-réponses.
Publié le: 11 décembre 2025
Par: Joëlle Delvaux
6 min
Photo: © AdobeStock/ À partir du 1er mars 2026, sauf exceptions, le droit aux allocations de chômage complet sera limité à 24 mois maximum
À partir du 1er mars 2026, le droit aux allocations de chômage complet sera limité à 24 mois maximum : 12 mois de base auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 12 mois supplémentaires (un mois de plus par année de passé professionnel). La limitation dans le temps ne s’appliquera pas à quelques catégories de demandeurs d'emploi : travailleurs des arts, chômeurs de plus de 55 ans ayant un passé professionnel de 30 ans, chômeurs en RCC (ex-prépension)...
Par ailleurs, le droit aux allocations d’insertion (accordé sur la base des études) sera limité à 1 an maximum.
Les conditions d'accès aux deux types d'allocations seront modifiées. Et les montants des allocations de chômage seront adaptés selon la période d’indemnisation. Cette réfome a été coulée dans la Loi-Programme du 18 juillet 2025 (publiée au Monieur belge du 29 juillet 2025).
Des mesures transitoires existent pour les chômeurs déjà indemnisés. La fin du droit aux allocations de chômage et d'insertion s'effectue en plusieurs vagues successives, à partir de ce mois de janvier, en fonction de la situation concrète du demandeur d’emploi.
Votre premier interlocuteur est votre organisme de paiement des allocations de chômage (syndicat ou Capac). Adressez-vous à votre syndicat pour obtenir du soutien, un accompagnement personnalisé et des conseils pour votre carrière.
Les instances suivantes peuvent aussi vous aider :
• Le service régional de l'emploi : En tant que demandeur d’emploi, vous êtes inscrit auprès de l'organisme régional de l'emploi de votre région (le Forem en Wallonie, Actiris à Bruxelles, le VDAB en Flandre, ADG en Communauté germanophone). Cet organisme peut vous aider à faire le point sur votre parcours professionnel et à trouver un emploi ou une formation. Vous y bénéficiez d’un accompagnement personnalisé.
•Le CPAS fournit de l'aide dans de nombreux domaines : aide alimentaire, aide pour les frais médicaux ou énergétiques, médiation de dettes, allocation de chauffage…
Si vous n’avez pas de perspective d’emploi ni de revenu de remplacement, renseignez-vous sur votre droit éventuel au revenu d’intégration sociale (RIS). Le RIS constitue le dernier filet de protection des personnes dont les ressources sont inférieures au montant légal du RIS (cohabitant : 876,13 €/mois - isolé : 1.314,20 €/mois – avec charge de famille : 1.776,07 €/mois).
Il intervient si aucune autre aide (légale, sociale, familiale) n’est disponible. Plusieurs conditions sont à remplir : résidence, âge, nationalité, ressources du ménage, projet d'intégration sociale… Le rendez-vous est à prendre auprès du CPAS de sa résidence habituelle et effective. Attention : vous ne pouvez faire la demande de RIS qu’à partir de la date de fin de votre allocation de chômage. En fonction de votre situation familiale et financière, le CPAS vous demandera divers documents.
Pour savoir si vous avez droit maintenant à des remboursements de soins, la mutualité regarde si vous étiez en règle de cotisations sociales dans le passé.
Bon à savoir : Pour le salarié, les cotisations sociales sont prélevées du salaire par l'employeur. L'indépendant paie ses cotisations lui-même à sa caisse d'assurances sociales. Les allocations de chômage, les indemnités d'incapacité de travail et les allocations d'aide sociale donnent aussi droit à la couverture en soins de santé.
Si vous avez reçu des allocations de chômage (ou travaillé) toute l’année 2025, vous gardez le droit au remboursement des soins de santé jusqu’au 31 décembre 2027.
Si vous reprenez un travail salarié, une activité d'indépendant ou si vous recevez des indemnités d'incapacité de travail, votre statut ne changera pas dans votre dossier de mutualité. Vous ne devez rien faire : vos droits seront maintenus sans démarche supplémentaire.
Si vous ne percevez aucun revenu ou qu'aucune nouvelle situation ne vous permet de maintenir le droit au remboursement de soins après 2027, la mutualité examinera les possibilités de vous inscrire sous un autre statut (personne à charge, "résident"). Elle vous contactera si nécessaire.
Bénéficier de l'intervention majorée (statut BIM) permet de payer moins cher les soins de santé et de recevoir certains avantages.
• Ce n'est pas parce que vous perdez vos allocations de chômage que vous perdez votre statut BIM. Si votre situation nécessite une réévaluation, votre mutualité prendra contact avec vous.
• Si vos revenus et ceux de votre ménage sont faibles, peut-être avez-vous droit au statut BIM. Faites vous-même une simulation sur mc.be/calcul-bim. Vous pouvez introduire une demande auprès de la mutualité en prenant rendez-vous avec un conseiller mutualiste. Une enquête sur les revenus au moyen d'une déclaration sur l’honneur sera nécessaire.
Vous continuez à recevoir des indemnités de la mutualité tant que votre incapacité est reconnue par le médecin-conseil. Si la reconnaissance de votre incapacité prend fin, prenez contact avec votre organisme de paiement des allocations de chômage (syndicat ou Capac).
Vous pouvez bénéficier d’indemnités d’incapacité de travail si vous êtes reconnu incapable de travailler par le médecin-conseil et que vous répondez à certaines conditions médicales et administratives.
Si vous n’avez pas droit à des indemnités, contactez votre syndicat, la Capac et/ou le CPAS de votre lieu de résidence effective.
Informez toujours votre mutualité de tout changement (revenus, composition de votre ménage). Ces changements peuvent avoir un impact sur le montant de vos indemnités. Contactez la MC en remplissant un formulaire ou en téléphonant au 081 81 28 28 du lundi au vendredi de 8h30 à 18h (jeudi : 8h30-12h30) et le samedi de 9h à 12h.
Vous recevez des indemnités de maternité jusqu'à la fin de votre repos de maternité. Quand cette période se termine, nous vous conseillons de contacter votre syndicat ou la Capac.
Vous pouvez recevoir des indemnités de maternité si vous répondez à certaines conditions. Si vous n’avez pas droit à des indemnités de maternité, contactez votre syndicat, la Capac et/ou le CPAS de votre lieu de résidence effective.
La perte de vos allocations de chômage diminue vos ressources. Si vous bénéficiez d'allocations de remplacement de revenus et/ou d'intégration de la part de la DGPH, le calcul de ces allocations pourrait être revu. Si vous n'en bénéficiez pas, votre droit à ces allocations pourrait être réexaminé. Contactez toujours la DGPH pour l'avertir de tout changement. Le service social de la MC peut vous accompagner dans vos démarches.
Si les ressources de votre ménage diminuent, votre dossier et le calcul de l’allocation de la personne en situation de handicap pourraient être revus. Avertissez la DGPH de tout changement. Le service social de la MC peut vous accompagner dans vos démarches.
Si vous êtes confronté à une perte d’autonomie, envisagez d’introduire une demande de reconnaissance de handicap auprès de la Direction générale Personnes handicapées (DGPH - SPF Affaires sociales). Parlez-en d'abord avec votre médecin généraliste. Cette reconnaissance est établie sur la base d’une perte importante de capacité de gain par rapport à ce qu'une personne en bonne santé peut gagner sur le marché du travail ordinaire. Il est tenu compte aussi des difficultés rencontrées dans l’exécution d’activités quotidiennes. Le service social de la MC peut vous conseiller et vous accompagner dans cette démarche.