Emploi

Quelles allocations de chômage en cas de licenciement ?

La réforme de l'assurance chômage sur la base du travail est pleinement entrée en vigueur le 1er mars. Dorénavant, tout salarié qui perd son emploi et a droit au chômage complet percevra des allocations durant 1 à 2 ans maximum, sauf dérogations. 

Publié le: 20 mars 2026

Mis à jour le: 20 mars 2026

Par: Joëlle Delvaux

4 min

Un homme pensif assis derrière un ordinateur

Photo: © AdobeStock//Dorénavant, le salarié doit prouver 312 jours de travail au cours des 3 années précédant pour avoir droit au chômage.

La limitation des allocations de chômage à 24 mois, décidée et mise en œuvre par le gouvernement Arizona, a déjà fait couler beaucoup d'encre tant cette réforme soulève de questions à la fois politiques, sociales et sociétales. Au total, près de 184.500 personnes devraient être exclues du chômage complet d'ici le 1er juillet 2027, selon les derniers chiffres du SPF Emploi.

À quelles conditions le salarié peut-il accéder au chômage ? 

Dorénavant, le salarié doit prouver 312 jours de travail ou assimilés (un an) au cours des 3 années précédant sa demande pour avoir droit à des allocations de chômage pendant un an. Sont assimilées au travail, par exemple, les journées indemnisées par la mutualité (incapacité de travail, maternité…), le chômage temporaire, les jours de congé pour soins d'accueil…

Ce droit d'un an est prolongé selon le passé professionnel : un mois supplémentaire d'allocations tous les 104 jours (4 mois) travaillés ou assimilés. Certaines périodes assimilées au travail, déjà utilisées ne sont pas prises en compte. Exemple : les jours qui ouvrent le droit au chômage.

En tout, la durée du chômage est limitée à 2 ans (ce qui correspond à environ 5 ans de travail).

La limitation dans le temps s'applique-t-elle à tous les chômeurs ? 

Non. Certaines catégories de chômeurs ne sont pas impactées par la réforme et peuvent continuer à percevoir leurs allocations de chômage : 

  • Les chômeurs âgés de 55 ans ou plus qui justifient d'un nombre suffisant d'années de travail salarié (ou assimilé). Le passé professionnel requis était de 30 ans en 2025. Il est de 31 ans pour ceux qui introduisent une demande d'allocations en 2026. Cette exigence est relevée d’un an chaque année pour atteindre 35 ans en 2030. Dans le "passé professionnel", on comptabilise les journées indemnisées par la mutualité mais pas celles du chômage (sauf temporaire) ni les périodes d’interruption de carrière. Les périodes d'occupation à temps partiel sont assimilées à du temps plein uniquement si le temps partiel est involontaire. 
  • Les artistes qui bénéficient d’une allocation du travail des arts ou allocation spécifique.
  • Les bénéficiaires du chômage avec complément d’entreprise (RCC, ex-prépension). 
  • Les travailleurs en situation de handicap occupés dans une entreprise de travail adapté, avec maintien du droit aux allocations.
  • Les travailleurs des ports, débardeurs et pêcheurs de mer en chômage complet.
  • Les travailleurs à temps partiel avec maintien des droits conservent leurs allocations de garantie de revenus tant qu'ils travaillent au moins 19 heures par semaine. 

Quels chômeurs bénéficient d'un maintien temporaire de leurs allocations ?

• Les chômeurs qui suivent une formation dans un métier en pénurie, débutée avant 2026continuent de percevoir leurs allocations jusqu’à la fin de leur formation. Depuis janvier 2026, seuls ceux qui entament une formation d’infirmier ou d’aide-soignant conservent leurs allocations durant la formation (avec des conditions et limites).

• Certaines catégories d'aidants proches peuvent bénéficier du gel de leur exclusion du chômage pendant 12 mois maximum. Des conditions strictes encadrent cette mesure, décidée dans l'urgence fin février par le gouvernement fédéral. Les chômeurs dispensés de recherche d'emploi en qualité d'aidant proche perçoivent une allocation forfaitaire mensuelle de 761,02 euros (en lieu et place de l'allocation de chômage complet).  

À combien s'élèvent les allocations de chômage ? 

Pour les travailleurs qui deviennent chômeurs à partir de mars 2026, les allocations sont plus élevées durant les 3 premiers mois, puis elles diminuent fortement jusqu'à la fin de la première année. À partir du 13e mois, les montants sont forfaitaires et varient selon la situation familiale.

De 1 à 3 mois : 65 % de la rémunération (auparavant 60 %). Allocation maximale mensuelle : 2.772,90 € bruts. 
De 4 à 12 mois : 60 % de la rémunération. Allocation maximale mensuelle : 2.406 € bruts (4-6 mois) puis 1.957,80 € bruts (7-12 mois). 
De 13 à 24 mois : forfait mensuel. 
- Chef de de famille : 1.809,80 € bruts 
- Isolé : 1.466,40 € bruts
- Cohabitant : 761,02 € bruts (L'indemnité est augmentée dans 2 situations : prouver un passé professionnel suffisant et/ou cohabiter avec un chômeur). 

Bon à savoir : Les chômeurs indemnisés avant mars 2026 restent dans l'ancien système d'allocations de chômage, avec ses plafonds et sa dégressivité.