Emploi
Bruit excessif, végétation envahissante, nuisances répétées… Les tensions entre voisins peuvent rapidement devenir invivables. Lorsque le dialogue ne permet pas de trouver une solution, des recours existent.
Publié le: 12 mai 2026
Par: Juliette Collard, ASBL Droits Quotidiens
4 min
Photo: © AdobeStock//Les relations de voisinage reposent sur un principe essentiel : l’équilibre entre les droits de chacun.
Les relations de voisinage reposent sur un principe essentiel : l’équilibre entre les droits de chacun. Certains désagréments sont inévitables (bruits de la vie quotidienne, odeurs ponctuelles…). Mais lorsque les nuisances deviennent excessives ou répétées, le code civil parle alors de trouble anormal de voisinage. C’est le cas par exemple du bruit démesuré et fréquent (musique, travaux…), des plantations mal taillées qui obstruent la vue ou la lumière, ou encore des odeurs persistantes. A cet égard, il est conseillé de garder des traces des nuisances en cas de litige.
Prendre le temps de discuter, calmement et avec respect, aide souvent à désamorcer un conflit. Beaucoup de tensions trouvent leur origine dans un malentendu ou un manque de communication. Si un accord est trouvé, mieux vaut le formaliser par écrit pour éviter tout différend futur.
En revanche, si le voisin à l’origine du trouble ne réagit pas, lui envoyer un courrier ou un mail lui demandant d’y mettre fin dans un délai raisonnable est une étape indispensable. C’est ce qu’on appelle une mise en demeure. Faire appel à la police n'est pas toujours le meilleur réflexe. En principe, elle intervient uniquement si le voisin commet une infraction : tapage nocturne, coups et blessures, harcèlement…
Les relations de voisinage s’inscrivent dans la durée. Il est donc préférable de privilégier une solution amiable. La médiation permet de chercher ensemble une solution, avec l’aide d’un tiers neutre. Le médiateur ne tranche pas le conflit et n’impose pas de décision. Il favorise le dialogue et les échanges constructifs. La médiation est :
• volontaire : chacun doit être d'accord d’y participer et peut y mettre fin à tout moment.
• confidentielle : ce qui est dit en médiation ne peut être utilisé dans une procédure en justice.
Si un accord est trouvé, il peut être homologué par le juge de paix pour avoir une valeur contraignante. Cela veut dire que si un des voisins ne respecte pas l’accord, l'autre pourra le contraindre à l'exécuter, par exemple, en faisant appel à un huissier de justice.
Où trouver un médiateur agréé ?
Bon à savoir : De plus en plus d’assurances protection juridique (via l'assurance habitation par exemple) prennent en charge les frais de médiation.
En cas de conflit de voisinage, il est également possible de s’adresser au juge de paix du canton :
• pour une conciliation
La conciliation est entièrement gratuite. Le principe est similaire à la médiation : une personne neutre (le juge) essaye de créer le dialogue entre les voisins pour trouver une solution amiable. Si un accord est conclu, le juge de paix dresse un procès-verbal de conciliation qui a la même valeur qu’un jugement.
• pour une procédure en justice (un procès)
Si aucun dialogue n’est possible, le voisin dérangé peut demander au juge de paix :
- d'interdire le trouble ou obliger le voisin à prendre des mesures pour le réduire,
- de condamner le voisin responsable à lui payer une indemnité et/ou lui rembourser les frais des travaux ou aménagements réalisés pour limiter le trouble (élaguer un arbre par ex.).
Le juge évalue toujours la situation pour rétablir l’équilibre entre les voisins. Il tient compte notamment de l’intensité, de la fréquence, de la durée du trouble, du contexte, etc. Mais il ne peut pas imposer une mesure qui créerait un nouveau déséquilibre ou empêcherait d’utiliser normalement le bien.