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Maladies chroniques

Le tremblement essentiel, une maladie invalidante

Le tremblement essentiel touche environ une personne sur 200. Très invalidant, il peut rendre difficiles des gestes aussi simples que taper sur un clavier ou boire une tasse de café.

Publié le: 05 mars 2026

Mis à jour le: 05 mars 2026

Par: Julie Luong

3 min

un homme tient un verre d'eau en main

Photo: ©AdobeStock// lorsque l’on est atteint d’un tremblement essentiel, les gestes de la vie quotidienne peuvent rapidement devenir un parcours d’obstacles.

Se laver les dents, boutonner une veste, lacer ses chaussures, mettre une clé dans une serrure, envoyer un SMS : lorsque l’on est atteint d’un tremblement essentiel, les gestes de la vie quotidienne peuvent rapidement devenir un parcours d’obstacles. Les tremblements se déclenchent soit à la posture (tenir une tasse, un stylo), soit à l’action (boire un verre d’eau, verser du café), contrairement aux tremblements observés dans la maladie de Parkinson, qui surviennent au repos. "Par ailleurs, on ne retrouve pas les autres manifestations de la maladie de Parkinson comme la lenteur (akinésie), la rigidité ou les troubles de l’équilibre", précise Michel Gonce, neurologue au CHU de Liège et spécialiste des mouvements anormaux. Avec le temps, le tremblement essentiel peut aussi affecter les cordes vocales et donner une voix chevrotante.

Lentement évolutif

Si les causes de cette maladie neurologique restent inconnues (d’où le qualificatif d’"essentiel"), on sait qu’elle est associée à un dysfonctionnement des circuits cérébraux impliquant le cervelet, les structures profondes du cerveau et le cortex qui commandent les muscles. Le tremblement essentiel présente par ailleurs une composante génétique : il n’est pas rare de retrouver des antécédents dans la famille. Plus fréquent chez l’adulte, en particulier avec l’avancée en âge, le tremblement essentiel peut néanmoins apparaître dès l’enfance. "Comme c’est une maladie lentement évolutive, plus elle se déclenche tôt, plus il y a de risques qu’elle devienne invalidante", explique Michel Gonce.

Stimulation cérébrale profonde

Le tremblement essentiel peut être amélioré par la prise de propranolol (un bêtabloquant), même si ce produit présente de nombreuses contre-indications comme l’asthme ou l’hypotension artérielle. La primidone, un ancien antiépileptique, est aussi parfois utilisée. Enfin, il est possible d’avoir recours aux benzodiazépines, mais avec prudence, au regard du risque de dépendance qu’ils induisent. "Quand les médicaments sont inefficaces et que la maladie entraîne un handicap important, on a recours à la stimulation cérébrale profonde, poursuit l’expert. Le principe est d’envoyer un courant de faible intensité sur une zone bien précise du cerveau." Cette intervention suppose l’ouverture de la boîte crânienne (sous anesthésie générale) afin d’implanter des électrodes au niveau du thalamus (noyau situé à la base du cerveau). Celles-ci sont reliées à un boîtier de stimulation implanté sous la peau dans la région de la poitrine ou de l'abdomen. Sur le même principe, d’autres techniques comme la radiochirurgie stéréotaxique par Gamma Knife ou la radiofréquence permettent de détruire, par le rayonnement ou la chaleur, la zone impliquée dans les tremblements.