Prévention

Téléphones portables : des ondes sous contrôle

Invisibles mais omniprésentes, les ondes électromagnétiques émises par nos téléphones portables sont-elles néfastes pour la santé ?   

Publié le: 16 décembre 2025

Mis à jour le: 16 décembre 2025

Par: Soraya Soussi

3 min

Un homme appelle via son téléphone portable en souriant

Photo : ©AdobeStock // Il n'existe aucun effet cancérigène avéré sur le court terme.

Il y a quelques années, une vidéo virale montrait des grains de maïs se transformer en pop-corn au contact de téléphones mobiles. Surprenant et drôle pour les uns, inquiétant pour les autres. Il s'agissait en fait d'un montage pour une publicité, mais la "fake news" a fait son chemin : nos portables pourraient provoquer cancers, migraines ou encore rendre infertile à cause de la chaleur des ondes qu'ils émettent.   

Depuis l'apparition des gsm en 1994, la science s'est emparée de la question. Certaines études ont conclu qu'ils avaient des effets nocifs. D'autres — commandées par les producteurs ou opérateurs mobiles — les ont contredites. D'autres encore les ont nuancées. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classé les ondes radiofréquences comme "cancérogènes possibles" (groupe 2B), au même titre que le café ou les légumes marinés. Cette classification signifie que le risque est non prouvé, mais faute d'études sur le long terme, il n’est pas non plus exclu. Depuis, les termes "cancer" et "téléphone mobile" sont liés dans l’imaginaire collectif.   

Ami ou ennemi ? 

Pour savoir si les téléphones provoquent le cancer, il faut comprendre comment fonctionnent les ondes électromagnétiques. Les téléphones portables émettent des ondes radiofréquences, qui créent de la chaleur lorsqu'elles pénètrent le corps. Cet effet thermique, à des niveaux très élevés peut produire un échauffement des tissus, conduire à une hyperthermie ou provoquer de la douleur et des dommages localisés, développer une tumeur ou altérer l'ADN. Mais Benjamin Vatovez, responsable de la cellule "champs magnétiques" de l'Institut scientifique de service public en Wallonie, se veut rassurant : "Les ondes produites par nos téléphones sont soumises à des normes européennes qui ne peuvent dépasser un certain seuil." Ce niveau de puissance nécessaire pour provoquer un échauffement dangereux ne peut donc pas être atteint. 

En Europe, la limite réglementaire pour le DAS (débit d’absorption spécifique) — qui sert à évaluer l’exposition aux ondes et vérifier que les appareils respectent les normes de sécurité — est fixée à 2 W/kg pour la tête et le tronc, 4 W/kg pour les membres et 0,08 W/kg pour le corps entier.  En Belgique, en plus de suivre les recommandations européennes, les autorités obligent les points de vente de téléphones à afficher les valeurs DAS, avec explications. Il est également interdit de vendre des téléphones portables ou faire de la publicité à destination des enfants de moins de 7 ans, sous peine d’amendes sévères. 

Les données épidémiologiques actuelles indiquent que les taux de cancers du cerveau n’ont pas augmenté malgré l’explosion du nombre d’utilisateurs, comme le confirme encore un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire en France (Anses) qui vient d’être publié. Le consensus scientifique est donc clair : il n'existe aucun effet cancérigène avéré sur le court terme. En revanche, pour éviter les problèmes de sédentarité et de sommeil, rien de tel qu’un usage raisonné et modéré de son téléphone.