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Prévention

Apnées du sommeil : utiles, les montres connectées ?

Avec leurs capteurs de plus en plus sophistiqués, les montres connectées peuvent mettre sur la piste d’un risque d’apnées du sommeil, mais elles ne remplacent pas un diagnostic médical en bonne et due forme.

Publié le: 01 juin 2026

Mis à jour le: 01 juin 2026

Par: Clotilde de Gastines

5 min

une femme dort avec sa montre connectée au poignet

Photo: ©AdobeStock// Certaines montres connectées sont un point d'appel pour les apnées modérées et sévères, mais pas de dépistage ni de suivi

L’œil rivé sur sa montre connectée, dès le petit matin pour savoir si la nuit a été réparatrice. C’est un nouveau réflexe chez de nombreux utilisateurs de montres connectées qui indiquent la qualité du sommeil. Certaines proposent même de détecter les risques d’apnées du sommeil - encore largement sous-diagnostiqués.

Les avancées technologiques récentes permettent à certaines montres connectées d’analyser les phases d’éveil et d’endormissement grâce à un accéléromètre et un gyroscope, qui évaluent les mouvements, un capteur optique pour la fréquence cardiaque et un autre pour la température du corps. Ces estimations sont toutefois à prendre avec des pincettes, car si une montre repère l’immobilité, elle ne sait pas si la personne dort vraiment, ce qui laisse une marge d’erreur importante. "Je vois arriver en consultation des patients inquiets", décrit la neurologue Faustine Lebout, spécialiste du sommeil à l’hôpital Erasme, qui rappelle que "l’architecture du sommeil est très variable d’un individu à l’autre et que sa qualité est influencée par toutes sortes d'événements".

Le syndrome d’apnées du sommeil se caractérise par une brève interruption de la respiration — au moins pendant 10 secondes — et de façon répétée. Au-delà de 5 événements par heure, il est qualifié de léger, au dessus de 30, de sévère. Il s’accompagne de ronflements et d’une fatigue diurne importante. 
 

Quand faut-il s’inquiéter ?

Pour mettre sur la piste des apnées du sommeil, les fabricants de montres connectées (Apple, Fitbit, Garmin, Samsung…) ont dû se conformer à la réglementation européenne sur l’utilisation de données de santé. Selon les modèles, des capteurs enregistrent la fréquence cardiaque, parfois l’électro-encéphalogramme ponctuel et la saturation en oxygène. L’analyse des données pendant plusieurs nuits peut conduire à un message d’alerte sur un risque d’apnées modérées à sévères. Mais les résultats peuvent être inexacts si l'utilisateur souffre de troubles cardiaques, pulmonaires ou neurologiques.

D’autres applications et appareils spécifiques permettent aussi d'identifier le risque d’apnées du sommeil même légères. Ainsi, Withings propose de placer sous son matelas le capteur "Sleep Analyzer" pour mesurer pendant un mois la fréquence respiratoire et cardiaque, les mouvements du corps et les signaux acoustiques typiques des ronflements et des arrêts respiratoires. Les données de suivi peuvent être utiles au médecin. Il existe aussi des brassards, bracelets ou bagues connectées capables de mesurer la saturation du sang en oxygène ainsi que le nombre de fois où celle-ci diminue pendant la nuit.

"Quand un dispositif connecté indique régulièrement que votre sommeil a été de mauvaise qualité et que vous ressentez une fatigue extrême tout au long de la journée, il est recommandé de consulter son médecin traitant, indique la Dr Faustine Lebout. Il pourra alors vous orienter vers un médecin spécialiste (neurologue, psychiatre, pneumologue ou ORL) ou prescrire un examen, car seules les méthodes de mesure testées et autorisées permettent de savoir si on souffre d’apnées du sommeil."

Actuellement, le dépistage s'effectue par le biais d’une polysomnographie, un examen complet réalisé lors d'une nuit passée à l'hôpital pour détecter et identifier les troubles du sommeil. Cette prestation est indispensable pour, en cas de diagnostic d’apnées sévères, bénéficier de soins remboursés par l’assurance obligatoire. Mais à partir du 1er janvier 2027, le dépistage se fera par polygraphie simple à domicile, ce qui permettra de désengorger les services hospitaliers. (lire ci-contre)

Quel traitement ?

Une fois que la sévérité est identifiée, les traitements varient : 
•    pour les formes légères (5 à 15 hypopnées par heures) un traitement positionnel grâce à une coussin dans le dos, ce qui est souvent suffisant. 
•    pour les apnées modérées (15 à 30 hypopnées par heure) : là aussi un coussin de positionnement, parfois une orthèse pour les personnes dont le menton est trop en arrière. 
•    pour les formes les plus graves (au delà de 30) : les patients ont recours à une machine qui va souffler un filet d'air de manière continue pour maintenir l’ouverture des voies respiratoires (CPAP). Il existe différents modèle de masques et les paramètres de la machine sont optimisés pour chaque patient (humidificateur, etc). Les données d'utilisation sont enregistrées ce qui permet de retracer précisément l'utilisation par le patient. Les montres d’activité et de fréquence cardiaque peuvent aussi s’intégrer dans un dispositif de télésurveillance, mais l’usage est encore expérimental et fait a priori doublon avec le système du CPAP.