Soins de santé
Les effets collatéraux de la réforme du chômage sur les parents d’enfants en situation de handicap relancent le débat sur la nécessité d’offrir aux aidants proches un statut à la hauteur de leur rôle social. Le gouvernement s'est réuni en kern le 6 février.
Publié le: 28 janvier 2026
Par: Sandrine Warsztacki
4 min
Dimitri, Julie, Yana, Yves, Carole… Les témoignages dans la presse de ces parents d’enfants en situation de handicap sévère, frappés de plein fouet par la réforme du chômage, ont suscité l’émotion et relancé le débat sur la reconnaissance des aidants proches.
Jusqu’à présent, les contrôles réguliers de l’Onem permettaient une appréciation individualisée des droits au chômage, tenant compte des situations familiales. La réforme portée par le ministre fédéral de l’Emploi, David Clarinval, rompt avec cette logique en instaurant une limitation générale et linéaire de la durée d’indemnisation du chômage, sans prise en compte des contextes particuliers.
Selon Sciensano, 12,2 % des Belges de plus de 15 ans prodiguent au moins une fois par semaine de l’aide ou des soins à un proche. Bien qu’un statut existe depuis 2014, il demeure peu attractif : procédure lourde, droits limités à un congé de trois mois ou à une réduction de carrière à mi-temps pendant six mois, assortis d’une allocation équivalente aux autres congés thématiques. Or, le rôle des aidants proches est loin d’être marginal. Ils assurent un soutien essentiel aux personnes en perte d’autonomie : aide dans les gestes quotidiens, soins intimes, coordination des intervenants médicaux et sociaux
Dans un contexte de vieillissement de la population et de pression croissante sur les services de soins, la demande de soins informels ne cesse d’augmenter. De nombreuses études montrent que les aidants proches présentent plus fréquemment un bien-être diminué, une santé fragilisée et un risque accru de solitude et de difficultés financières.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’accord de coalition fédéral 2025-2029 reconnaît explicitement que "les aidants proches jouent un rôle très important et qu’il faut mieux les soutenir en renforçant leur statut et leurs droits ".
Pour la MC, la réforme du chômage souligne l’urgence de mettre en place un véritable plan interfédéral. Au niveau fédéral, cela doit se traduire par un soutien financier renforcé, des droits sociaux et fiscaux adaptés, ainsi qu’une réforme du statut de cohabitant, qui entrave encore trop souvent les solidarités familiales. Aux niveaux régionaux, il s’agit de développer davantage de solutions de répit, de renforcer les services d’aides et de soins à domicile, de téléassistance et de garde adaptée…
Par ailleurs, une soixantaine d’organisations, dont la MC, ont signé une pétition pour demander le gel de l’exclusion du chômage pour les parents d’enfants en situation de handicap assumant des charges de soins lourdes. À signer sur change.org.
Sur le plan politique, quelques avancées se sont dessinées ces derniers jours. Une proposition de loi CD&V – Les Engagés visant à rendre le congé aidants proches plus flexible pour les travailleurs ou travailleuses devrait être bientôt adoptée en Commission au Parlement. Le texte prévoit :
Pour les aidants proches au chômage, le gouvernement Arizona réuni en Kern ce vendredi 6 février a reconnu la nécessité d’apporter une réponse rapide. Deux mesures au moins ont été mises sur la table :
Cependant, ces pistes restent à préciser et ne s’accompagnent à ce stade d’aucun engagement ferme. Les organisations de terrain appellent le gouvernement à agir sans tarder : l’Asbl Aidants‑Proches réclame un gel immédiat des exclusions, tandis que la Ligue des familles insiste pour que tous les aidants soient couverts par la solution à venir. "La situation est urgente", rappelle-t-elle. Certains aidants proches ont déjà perdu leurs allocations depuis le 1er janvier, et les jours sont comptés avant la prochaine vague d’exclusions prévue le 1er mars.
Vous êtes aidant proche, où trouver de l'aide ?
Les aidants proches peuvent obtenir une reconnaissance auprès de leur mutualité, sous certaines conditions.
60% des aidants proches ne font appel à aucun service de soutien. Outre le recours à des services d'aide à domicile, plusieurs possibilités s’offrent à l'aidant pour s’offrir du répit.
La MC organise régulièrement des ateliers et/ou groupes de parole destinés aux aidants proches.