Santé

Ballonnements : pourquoi mon ventre gonfle ?

Ventre qui gonfle après les repas, pantalon qu’il faut déboutonner en cours de journée... Les ballonnements peuvent provoquer un inconfort important au quotidien. Si les causes sont souvent alimentaires, le stress et les hormones jouent aussi un rôle non négligeable. 

Publié le: 28 septembre 2026

Mis à jour le: 28 septembre 2026

Par: Julie Luong

5 min

une femme se tient le bas-ventre

Photo: ©AdobeStock// Les ballonnements occasionnels ont souvent une origine alimentaire.

Une plainte très fréquente

"Les ballonnements comptent parmi les plaintes les plus fréquentes en consultation", constate André Van Gossum, gastroentérologue à l’hôpital Erasme. Dans 7 cas sur 10, les personnes qui en souffrent sont des femmes. "Souvent, cette sensation de ventre gonflé s’accompagne de gaz (flatulences) et de gargouillements. Mais pas toujours : chez les femmes plutôt jeunes, on rencontre aussi souvent une plainte de distension abdominale, sans ces symptômes, explique le spécialiste. Au cours de la journée, le tour de taille peut alors augmenter de plusieurs centimètres, ce qui peut s’avérer très gênant." 

Une intolérance au lactose ?

Les ballonnements occasionnels ont souvent une origine alimentaire : des repas trop riches, avalés trop vite, ou un excès d’aliments connus pour donner des gaz, comme le chou ou les pois chiches. 
Par ailleurs, en Belgique, environ 30 % de la population adulte ne produit pas de lactase, l’enzyme chargé de scinder le lactose (glucide présent dans le lait). Ces personnes développent alors fréquemment une intolérance au lactose qui se manifeste par de la diarrhée, des crampes mais aussi des ballonnements — le plus souvent 1h30 à 2 heures après avoir consommé un produit laitier (lait, glace, crème, fromage à pâte molle...). Au lieu d’être correctement digéré, le lactose se transforme en gaz (hydrogène) dans l’intestin grêle, sous l’action des bactéries coliques. 
"Aujourd’hui, un simple test respiratoire permet de savoir si l’on est intolérant au lactose", précise André Van Gossum. Bonne nouvelle néanmoins : même en cas d’intolérance, certains produits laitiers, comme les yaourts et les fromages à pâte dure, restent généralement bien tolérés. "Par ailleurs, tout est question de dosage. C’est souvent quand ils sont consommés en quantités importantes que les aliments à base de lait provoquent des symptômes." 
Mieux vaut donc chercher le juste équilibre entre confort digestif et équilibre alimentaire, plutôt que d'exclure totalement les produits laitiers. "Ce sont une source importante de protéines et de calcium qui ont toute leur place dans une alimentation équilibrée", rappelle André Van Gossum.

Gluten et régime Fodmap

Environ 1 personne sur 100 est intolérante au gluten (voir encadré). Mais sans aller jusqu'à l'intolérance, "certaines personnes constatent qu’elles sont moins ballonnées quand elles ne consomment pas de gluten", explique André Van Gossum. Ce liant très courant se retrouve dans certaines céréales et dans leurs dérivés — pains, pâtes, pizzas, quiches, etc. — mais aussi dans de nombreux produits industriels comme les cubes de bouillon, les lardons, le surimi... En cas de ballonnements chroniques, éviter ces produits peut aider. "En cas de ballonnements accompagnés de flatulences, le régime Fodmap a aussi fait ses preuves", précise la gastroentérologue. Il consiste à réduire, voire  supprimer, les aliments riches en dérivés sucrés — fructose, oligosaccharides, disaccharides — que l'on retrouve dans certains fruits (pomme, poire, pêche, melon…), certains légumes (asperge, poireau, betterave, choux, artichaut, céleri…) ou certaines céréales (seigle, avoine, blé, orge). 
"Là encore, tout est question de quantité, souligne le spécialiste. Une personne qui mange trois pommes par jour et souffre de ballonnements aura peut-être intérêt à revoir ses habitudes, mais cela ne signifie pas qu’elle doive supprimer tous les aliments qui contiennent des Fodmap pour autant." Un accompagnement par un ou une diététicienne est recommandé pour adapter ce régime en douceur.

Le rôle du stress 

L'anxiété ou le stress peuvent aussi déclencher des ballonnements et d'autres symptômes digestifs associés.  Riche en neurones, l’intestin est en effet considéré comme notre "deuxième cerveau". "Il y a aujourd’hui de plus en plus de recherches qui montrent l’importance de l’axe cerveau-intestin-microbiote. Un changement de boulot, une séparation, un décès dans la famille... Toutes ces choses peuvent avoir une influence sur le fonctionnement intestinal", rappelle André Van Gossum. 
C’est pourquoi des pratiques comme la méditation ou le yoga peuvent aider à diminuer les ballonnements, tout comme la pratique régulière de l’exercice physique. "Les massages et la kinésithérapie sont aussi très utiles", précise le spécialiste. 

Le rôle des hormones

Les ballonnements sont également influencés par la vie hormonale et ont tendance à s'accentuer lors des menstruations. Par ailleurs, l’endométriose, maladie gynécologique qui touche une femme sur huit en Belgique, s'accompagnent fréquemment de symptômes digestifs, dont les ballonnements. On parle d’ailleurs d’"endo belly" — contraction de "endo", pour endométriose, et du mot anglais "belly" (ventre) — pour désigner la distension abdominale sévère et parfois douloureuse dont souffrent certaines femmes atteintes de cette maladie. En cas de ballonnements persistants, il est donc important d’envisager aussi une possible origine gynécologique.