Santé

Compléments alimentaires au collagène : des alliés anti-âge ?

Le collagène en poudre ou en gélule est souvent présenté comme un produit miracle sur les réseaux. Son efficacité reste cependant à démontrer.

Publié le: 21 octobre 2026

Mis à jour le: 21 octobre 2026

Par: Florence Marot

3 min

un pot de collagène

Photo: ©AdobeStock//Se supplémenter en collagène permettrait-il de ralentir le vieillissement ? La science reste prudente.

"Pour une peau plus ferme et hydratée, des cheveux plus résistants, moins de douleurs articulaires : prenez du collagène". Ce type de propos foisonne sur les réseaux sociaux, où de nombreux influenceurs se mettent en scène diluant une poudre dans leur café ou smoothie avec la promesse d’une jeunesse prolongée. À les croire, les compléments alimentaires au collagène renforceraient cheveux et ongles, raffermiraient la peau, freineraient l’apparition des rides et préviendraient les douleurs articulaires. Mais derrière ce marketing bien huilé, que dit réellement la science ?

Une protéine qui se raréfie avec l’âge

Le collagène est une protéine naturellement présente dans l’organisme. "Il constitue la charpente des tissus conjonctifs de la peau, des os et des cartilages", explique Pierre Vabres, dermatologue à l’hôpital Erasme. Il en existe de plusieurs types, différents selon les tissus. Les types I et III sont notamment présents dans la peau et les tendons, tandis que le type II se retrouve surtout dans le cartilage. Avec l’âge, sa production et son renouvellement diminuent, ce qui participe, entre autres facteurs, au vieillissement des tissus. Se supplémenter en collagène permettrait-il de ralentir ce processus ? La science reste prudente.

Selon les besoins du corps

Un problème se pose d’emblée : une fois avalé, le collagène n’est pas absorbé tel quel par l’organisme. Comme l’explique l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le collagène va être décomposé en petits morceaux (des acides aminés et des peptides), qui seront à leur tour utilisés pour produire soit du collagène, soit d’autres protéines en fonction des besoins du corps. Mais rien ne garantit qu'ils seront redirigés vers la peau, les cheveux ou les articulations. Des recherches en laboratoire (in vitro) suggèrent néanmoins une nuance : la présence de peptides de collagène pourrait stimuler certaines cellules et les pousser à relancer leur propre production. Reste à savoir si ce mécanisme peut réellement produire les effets escomptés chez l’humain.

Des résultats mitigés

À ce jour, aucun consensus scientifique ne permet d’affirmer qu’une supplémentation en collagène agit sur la peau. Une méta-analyse publiée en 2025 dans The American Journal of Medicine a passé au crible 23 études sur le sujet. Verdict : les essais cliniques indépendants et de haute qualité ne démontraient pas de bénéfice significatif sur l’élasticité et l’hydratation de la peau ainsi que sur les rides, contrairement aux travaux financés par des entreprises pharmaceutiques. 
Et pour les articulations ? Le constat est lui aussi mitigé. Selon l’Inserm, malgré des résultats parfois prometteurs, l’ensemble des preuves scientifiques reste actuellement insuffisant pour tirer des conclusions robustes. De son côté, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ne se prononce pas sur l’efficacité générale des compléments alimentaires au collagène, mais émet des avis sur base d’allégations précises que lui soumettent des entreprises. Et jusqu’ici, "aucune preuve scientifique évaluée par l’EFSA ne vient étayer d’éventuels effets bénéfiques sur l’élasticité de la peau ou la fonction articulaire", précise l’organisme. En attendant des données plus solides, la prudence reste donc de mise.