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Intimité et sexualité

Avec "Sexe au musée" : parler intimité en maison de repos

À Namur, le projet "Sexe au musée, quand l’art libère la parole en maison de repos" utilise des œuvres pour ouvrir le dialogue autour de la sexualité

Publié le: 15 janvier 2026

Mis à jour le: 15 janvier 2026

Par: Sandrine Cosentino

2 min

Atelier artisitique à la résidence St Thomas

Photographe: Nicolas Baumer // Une résidente participe à un atelier de collage à la résidence St Thomas

"Aborder la sexualité n’est jamais simple. Chez les seniors, encore moins. Et dans un lieu collectif, le sujet reste largement tabou", confie Nicolas Baumer, coordinateur de l’initiative à la Province de Namur. Initié par le GéroNam (groupe de réflexion sur le vieillissement) de la Province et soutenu par la Fondation Roi Baudouin, cette démarche rassemble musées, artistes, enseignants, philosophes et soignants autour d’un objectif commun. 

Quand l’art devient médiateur 

Les oeuvres du musée Félicien Rops et du musée provincial de Arts anciens du Namurois — TreM.a ont servi de point de départ aux discussions proposées à la résidence Saint-Thomas à Lustin. "Les peintures en lien avec la vie affective, sélectionnées par Stéphanie Dogot, médiatrice culturelle des musées, nous ont permis de parler de sensualité, d’affection, de souvenirs… et même du fait de frapper à la porte avant d’entrer dans une chambre", illustre Béatrice Watté, médiatrice culturelle.

Fanny Debatty, plasticienne, a animé deux ateliers de collage, fréquentés par une dizaine de résidents de Saint-Thomas. Les collages reprennent des phrases entendues lors des animations philosophiques précédentes : la musique éveille les sens, le désir peut encore exister, danser prolonge la vie, la sexualité ne prend pas sa retraite. 

"Certaines personnes ont exprimé des émotions qu’elles n’auraient jamais dites autrement", assure Nathalie Floymont, référente pour la démence à Saint-Thomas. "L’art ouvre des champs cognitifs, émotionnels, relationnels. Il permet de se dévoiler, de se reconnecter à soi et aux autres", souligne Amélie Fiasse, ergothérapeute et enseignante dans le bachelier en psychomotricité à la Haute École de la Province de Namur. 

Évolutif et reproductible 

Après une première expérience réussie à Lustin, l’initiative s'est déployée à La Résidence des Ducs à Florennes depuis septembre 2025 et s'implantera dans un troisième lieu de vie début 2026. Un guide de bonnes pratiques est en cours de rédaction pour inspirer d’autres établissements. "Ce projet ne transforme pas radicalement les pratiques, reconnaît Nicolas Baumer, mais il apporte des moments de plaisir, de partage et de réflexion. C’est déjà beaucoup."

Plus d'infos : [email protected]