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Prévention

L'acné : pas qu'un problème d'ado

L’acné est une maladie inflammatoire de la peau qui touche la plupart des adolescents, de manière plus ou moins sévère. Mais elle concerne aussi de nombreux adultes, le plus souvent en raison d’un déséquilibre hormonal. 

Publié le: 28 janvier 2026

Mis à jour le: 28 janvier 2026

Par: Julie Luong

6 min

une femme touche ses boutons

Photo: (c)AdobeStock // Le stress a un impact sur la production hormonale et peut donc favoriser l’acné.

1) Qu’est-ce que l’acné ?

L'acné est une maladie de peau très fréquente, qui touche jusqu’à 80 % des adolescents. Elle est causée par une inflammation des follicules pilosébacés. Chaque follicule pilosébacé est constitué d'un poil auquel est accolée une glande sébacée qui sécrète le sébum. Normalement très fluide, le sébum est une substance huileuse qui sert à protéger la peau. Dans l’acné, sous l’effet des androgènes (hormone sexuelle mâle), le sébum est sécrété en excès et devient plus épais, créant une obstruction des pores. Une bactérie habituellement présente sur la peau, le Propionibacterium acnes, commence alors à se multiplier de manière anormale, ce qui entraîne l'apparition de lésions d'acné. Ces lésions se concentrent au niveau du visage mais peuvent parfois apparaître aussi sur le torse et le dos. L'acné évolue le plus souvent par poussées et pendant plusieurs années avant de disparaître spontanément. "À l’adolescence, l’acné est un phénomène physiologique normal, explique Florence Libon, dermatologue au CHU de Liège. On considère qu’elle est pathologique si elle est sévère, persistante, avec un aspect cicatriciel mais aussi en fonction du ressenti du patient car l’acné a souvent des répercussions psychologiques." 

2) Pourquoi l’acné touche-t-elle certains adultes ? 

Contrairement à une idée reçue, l’acné concerne aussi un nombre important d’adultes et en particulier de femmes, le plus souvent pour des raisons hormonales. Elle est souvent liée à une production abondante d’androgènes, qui peut aussi entraîner d’autres symptômes comme une pilosité abondante ou des troubles du cycle menstruel. "L’acné est parfois associée au syndrome des ovaires polykystiques, précise Florence Libon. Dans tous les cas, si la cause est hormonale, elle doit être recherchée en collaboration avec un gynécologue et/ou un endocrinologue. Si l’on ne la prend pas en compte, le traitement est voué à l’échec." Certaines femmes peuvent aussi avoir des manifestations d’acné transitoire avant leurs règles, dans le cadre du syndrome prémenstruel. "Le début de grossesse est aussi un moment favorable pour l’acné. Idem lors d’un changement de contraception", poursuit la spécialiste. À l’inverse, certaines pilules contraceptives ont tendance à réduire l’acné : si une contraception est souhaitée, elle peut donc parfois faire aussi office de traitement. 

3) Quels sont les traitements ?

Les traitements locaux

- Les rétinoïdes à usage local (trétinoïne, adapalène et tazarotène) sont des dérivés de la vitamine A qui permettent de prévenir la formation de comédons (points noirs ou blancs). 

-Les antibactériens à usage local (clindamycine et érythromycine) permettent de diminuer le nombre de lésions inflammatoires (boutons). Ils sont généralement associés à du peroxyde de benzoyle ou à un rétinoïde à usage local, dans le but d’augmenter l’efficacité du traitement mais aussi de limiter le risque de résistance bactérienne. 

- Le peroxyde de benzoyle est un antibactérien et un anti-inflammatoire préconisé dans les formes d’acné légères à modérées. 

Les traitements par voie orale (réservés au cas sévères)

- Les antibiotiques comme la tétracycline

L’isotrétinoïne (roaccutane) est indiquée dans les formes sévères d’acné avec nodules et dans d’autres formes d’acné qui ne répondent pas aux traitements classiques. Ce dérivé de la vitamine A donne de bons résultats mais présente de nombreux effets secondaires, comme une sécheresse importante des lèvres et de la peau. Elle peut aussi provoquer des dégâts au foie, ce qui nécessite des contrôles sanguins réguliers. "Surtout, il faut absolument éviter une grossesse pendant le traitement car ce médicament est tératogène (ndlr : risques de malformations pour le fœtus)", insiste Florence Libon. 

À noter : presque tous ces médicaments sont à utiliser avec précaution durant l’été à cause de leur nature photosensibilisante. Pour éviter les allergies, les taches ou les brûlures cutanées, l’application de crème solaire voire l’arrêt du traitement sont recommandés. Consultez votre médecin.  

4) Peut-on enlever les cicatrices d’acné ?

L’acné peut laisser des cicatrices, surtout quand elle a été sévère, durable et/ou lorsque les lésions d'acné ont été régulièrement manipulées. Ces cicatrices peuvent prendre l’aspect de creux dans la peau (cicatrice atrophique en "pics à glace") ou, à l’inverse, de reliefs (cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes). De multiples techniques existent pour atténuer voire faire disparaître les cicatrices d’acné : peeling, lasers, microneedling (micro-injections)... À noter que ces traitements à visée esthétique ne sont pas toujours remboursés.